Si on m'avait dit qu'un jour je ferais une rubrique sur Zara, je pense que, par désespoir, j'aurais pu me mettre à sniffer de l'urine de pangolin… pass'que, franchement, la mode, je m'en bats les ralaouettes puissance 1000 ! Mais rassure-toi, vénéré lecteur, le Zara dont nous parlons aujourd'hui n'a rien à voir avec le marchand de fringues pour pucelles anorexiques.
ZARA est un groupe de metal créé en 1981 à Sainte-Menehould dans la Marne. Ça commence par un trio constitué de Jean-Claude Lednecsky (basse), Michel Paindavoine (batterie) et Vincent Beauvois (guitare), avant de se muer en quintet, en 1984, avec le recrutement de Jérôme Flamain comme second guitariste et Patrice Moulin au micro.
Dès lors, le gang commence à se produire dans la région champenoise, rameutant de plus en plus de fans shootés à la nitroglycérine. En 1985, une première démo est produite et se voit même mise à l'honneur dans le légendaire magazine français Metal Attack.
Désormais épaulé par la Zara Squat, une équipe de fans qui gère le merchandising et l'organisation des concerts, Zara étend son influence partout dans l'hexagone, mais également en Allemagne, en Belgique et dans plusieurs pays de l'Est.
En 1986, fort de cette dynamique favorable, le groupe investit les studios du château de Matignicourt-Goncourt pour mettre en boîte une seconde démo.
L'enregistrement se fait dans des conditions de live : c'est direct, c'est brut, c'est rugueux, sans retouches. Les compositions sont riches, percutantes et alambiquées. On dirait que les protagonistes jouent leur vie à chaque riff. Le résultat est époustouflant.
La horde reprend alors la route, après un changement de personnel : Éric Jérôme et Stéphane Montané remplaçant les guitaristes démissionnaires. On les retrouve en première partie d'ADX, d'Epsylon, de FISC. Le 23 mars 1986, Zara est à l'affiche du festival de Vouziers. Hélas, la magie n'opère plus au sein du groupe qui se sépare la veille de l'événement.
Si tu es une pucelle anorexique, je te déconseille vigoureusement cet enregistrement qui risquerait de froisser ta tenue printemps-été de chez Zara. Par contre, si t'es un gros thrasheux poilu qui se torche au Jack Daniel's, n'hésite pas une seconde, frangin !
Keith Michards
En écoute : Coward



