Ulrich - 1979
1979 augure un nouvel état d’esprit de la coolitude, une sorte d’art nova en rupture avec la monotonie ambiante, une remise en question de la génération précédente.
Le basculement de l’originel vers une esthétique soignée et maîtrisée : musiques électroniques, bidouillages soignés, arrangements cliniques.
Effet de mode ou véritable émancipation, de nombreux musiciens s’acharneront à échapper à cette connotation standardisée. La new wave, comme la nouvelle vague du cinéma,est censée dans sa signification représenter un renouvellement musical, mais il s’agit d’un coup marketing, comme pour enterrer son prédécesseur, un contre-pied au punk qui vidéde sa substance initiale, s’est laissé récupérer.
Le clip devient désormais la marque de fabrique, un avatar commercial d’élégance. C’est cette empreinte d’inachevée que laisse la musique synthétique, on se construit avec ce qui nous manque le plus souvent,en s'opposant au conformisme, en se construisant son propre monde de contradictions.
Ulrich est cet artiste fugitif, dandy d'une nouvelle ère, bidouilleur compositeur, sa musique hybride côtoie la musique électronique et la pop, et le premier single "le roi du gasoil" dès sa sortie sera interdit d'antenne, trop critique à l'égard de l'industrie du pétrole.
La censure est toujours là, tapie dans l'ombre, qu'importe, cela lui confère un certain statut et tant pis pour la gloire.
L'album d'Ulrich restera hélas confidentiel, la promotion se limite à un cercle restreint de médias.
C'est avec le deuxième 45 tours "message pirate" sorti en 1980 que le virage new-wave est amorcé, succès d'estime qui met un terme à la carrière musicale d'Ulrich.
Titre en écoute : " Le roi du gas-oil"
AURAL ODDITIES





