Cinq ans ! Cinq longues années qui auront vu défiler les trouvailles et autres coups de coeur de Mister Pat et d’une bande (à géométrie variable) de chroniqueurs taillables et corvéables à merci.
Cinq ans de chroniques et toujours rien sur l’excellent disque de Sandrose ? Il est vraiment temps d’y remédier.
Disons-le d’emblée, le groupe Sandrose n’est pas un inconnu pour un visiteur du blog qui a coutume de se balader sur la Toile. Après tout, le disque de Sandrose n’est-il pas considéré par beaucoup comme l’un des plus grands classiques du rock progressif symphonique ?
A l’origine de Sandrose il y a Jean-Pierre Alarcen. Suite au naufrage du Système Crapoutchik, Jean-Pierre Alarcen accompagne avec ses camarades d’infortune la comédie musicale Hair et fait du studio.
Cette carrière au service des autres ne le satisfaisant pas, il décide en 1971 de former un groupe pour jouer la musique qu’il aime : « Personnellement, je me sentais assez proche de groupes ou musiciens tels que King Crimson, John Mc Laughin et la musique classique symphonique ».
Se souvenant de son expérience épanouissante avec le groupe Eden rose qu’il avait accompagné en 1969 en studio puis pour quelques concerts, Alarcen recontacte Henri Garella (claviériste et ex-Gardians), Michel Jullien (batteur) et Christian Clairefond (bassiste et ex-Gardians également). Aux anciens d’Eden Rose se joint la chanteuse Rose Podwojny repérée par Alarcen sur une maquette de William Sheller.
En avril 1972, parution de l’unique 33T de Sandrose avec sa belle pochette illustrée avec un tableau de Gustave Klimt.
Pour définir la musique de Sandrose, le plus simple est de relire ce qu’en disait Jean-Pierre Alarcen au magazine Harmonie à l’occasion de la réédition par le label Muséa de cet album mythique : « Je voulais mélanger le son des cordes et de la guitare, obtenir le mariage, l’osmose entre le rock et la musique classique. Le mellotron était l’instrument de prédilection pour donner cette coloration, obtenir ce mariage des cordes et de la guitare... ».
Par la suite, dans ses albums solos, Alarcen poursuivra dans cette voie où la dimension symphonique de sa musique ira en s’amplifiant
Ainsi dans cet album parsemé de fortes consonances symphoniques, l’orgue Hammond et le mellotron sont très présents aux côtés de la guitare superbement inventive d’Alarcen.
C’est le cas dans l’instrumental « Underground session (Chorea) », magistrale pièce musicale de onze minutes aux dynamiques jazz où le guitariste et l’organiste se relaient pour nous entraîner loin bien loin… Et, lorsque tout semble s’apaiser, c’est pour mieux repartir sur des bases plus rock et continuer à surprendre l’auditeur.
Notons que « Underground session » fera l’objet d’une relecture jazzy pour grand orchestre sur l’album « Giants » de Janko Nilovic en 1974 (avec notamment aux guitares Jean-Pierre Alarcen et Gérard Kawzynski).
« Metakar » aux relents jazzy est l’autre instrumental du disque.
Les autres titres permettent de découvrir la voix puissante et claire de Rose Podwojny (la future Rose Laurens) chantant en anglais. C’est le cas sur le slow à la Moody Blues « Never sayin’ good-bye ».
L’excellent « Old dom is dead » avec sa progression en crescendo est la version anglaise de « Mea culpa » publié sous le nom de Lenis Chorea par Claude Puterflam et Jean-Pierre Alarcen en 1970.
En allant faire une petite virée sur le blog « Memor’hits » de Séric vous pourrez découvrir « Old dom is dead » (ainsi que le titre rock psychédélique « Vision ») :
ICI
et pour la version française originale de Lenis Chorea, c'est ICI
Existent également deux versions hollandaises dénichées par Séric : ICI
«To take him away» est une magnifique ballade progressive de 7 minutes aux arrangements raffinés et sophistiqués, bref un modèle de subtilité.
A noter le splendide refrain de «Summer is yonder» avec son tapis de mellotron-flûte.
Sandrose ne donne que quelques rares concerts après la publication de l'album, concerts lors desquels Garella est remplacé par Georges Rodi. Puis fin 1972, le groupe se sépare en raison de divergences musicales et personnelles.
Après avoir été l'une des premières rééditions du label Muséa, l'album de Sandrose a été de nouveau réédité par ce label où il est toujours en vente : ICI
Il est également en écoute sur les plateformes et sur YT :
titre en écoute : les 5 premières minutes de « To take him away »
par Crapou








