J'en "émailais" il n'y a pas longtemps à Makhno : "faudrait bien que je fasse un article sur Rod Barthet." ...
Mais avec tout ce dont on voudrait parler, multiplié par 7 chroniqueurs, il faut faire des choix, le boss ne va pas publier un article par jour, voire plus, cela n'aurait aucun sens, vous n'auriez pas le temps de tout lire, encore moins d'écouter.
Et puis un évènement inattendu vient tout bousculer et remettre sur le dessus de la pile un artiste que vous aviez prévu pour plus tard. C'est exactement ce qu'il s'est passé avec l'annonce de ce concert dans un fil d'actu de l'Est Républicain pour célébrer les 30 ans de carrière de Rod Barthet, à domicile, dans le cadre du Festival Du Haut-Doubs à Pontarlier.
Je dois être honnête, je ne vais pas faire l'érudit que je ne suis pas, je ne savais pas il y a encore peu que Rod Barthet avait continué sous son vrai nom après l'aventure des 3 albums blues-rock de Rod & The Shotgun Blues dans les années 90.
Plus fort encore, Rod avait à cette époque franchi le cap du "petit" groupe local pour vivre de sa musique. Franchement je ne sais pas comment il fait car je n'ai jamais entendu parler de lui pendant cette vingtaine d'années qui a suivi et pourtant j'essaie de me tenir au courant de ce qui se passe dans le milieu autour du blues. Je ne dois pas lire les bons magazines ...
C'est donc en lisant les 3 tomes du pavé de Patrick Racle "Le Haut-Doubs Sur 3 Accords" (conseillé encore et toujours par l'ami Makhno) retraçant l'épopée rock de cette petite région sur 50 ans que j'ai tout appris sur Rod Barthet, qui fait d'ailleurs la couverture du tome 2. Plutôt que paraphraser ce qui a déjà été bien mieux écrit que je ne pourrais le faire je passe donc sur l'historique, tout est dans le pdf joint plus bas.
Nous voilà donc au Théâtre Bernard Blier de Pontarlier après une heure de route en ce samedi 26 novembre, accompagné de Canned Heat et Creedence Clearwater Revival sur la clé usb branchée au tableau de bord.
C'est le premier des 2 concerts prévus à l'occasion de ses 30 ans de carrière et il faut bien reconnaître qu'il n'y a pas foule. Premier arrivé, la salle restera assez clairsemée toute la soirée. Cela me permet cependant de photographier et admirer à loisir le beau matos sur scène, notamment cette Gretsch et cette Airline verte qui se cache derrière ...
Ne connaissant pas sa carrière solo je m'attendais quand même à un concert de blues rock avec avalanches de solo de guitare n'en finissant plus. Regardez le look très Stevie Ray Vaughan de Rod sur les albums du Shotgun Blues pour comprendre mes doutes ... Or ce sera tout l'inverse et je ne vais pas m'en plaindre, ayant eu ma dose de guitaristes bavards en gammes pentatoniques jusqu'à plus soif, bien que j'adorais SRV.
Le répertoire reste certes bluesy sur le fond mais sa palette musicale a considérablement évolué. S'il reste des titres bien rentre-dedans on flirte quand même plus souvent vers les ballades bluesy-folky voire "chanson" débarrassé du côté péjoratif du terme.
Rod collabore régulièrement avec le parolier Boris Bergman, ceci expliquant cela. Les références qui me viennent là tout de suite sont les artistes du label Fargo, Jesse Malin ou Kevim Salem par exemple, ou encore John Hiatt. Bref, un genre d'americana à la française.
On découvre surtout un musicien simple, qui ne donne pas dans l'esbroufe, loin de là, ne tirant pas les couvertures à lui, humble, limite effacé et timide. Il laisse même une grosse partie des solos au jeune guitariste à la Gibson SG l'accompagnant, Will de son prénom.
Le son du micro chant n'était pas formidable placé où j'étais (1ers rangs). Idem avec le clavier de Fred Maggi, assez peu perceptible, je suppose que cela "sonnait" mieux plus haut dans la salle. Il en est de même malheureusement pour l'orchestre à cordes qui accompagnait exceptionnellement le groupe à cette occasion dans la deuxième partie du concert. Je n'ai quasiment pas perçu le violoncelle et je le regrette tant j'adore cet instrument quand il n'est pas maltraité (c'est-à-dire par Apocalyptica !).
Clin d'oeil et fidélité absolue, il s'agit de l'orchestre de l'école de musique locale et il est emmené par le propre professeur de solfège de Rod quand il était ado.
Le répertoire proposé est essentiellement consacré aux 2 derniers albums : Ascendant Johnny Cash (2019) et A L'Ombre Des Sycomores à paraître en janvier 2023 mais dispo en avant première au concert.
Je l'ai évidemment acheté et honnêtement il est superbe, reflétant bien les diverses ambiances chanson bluesy entrevues lors du concert, orchestre à cordes compris. Si vous achetez encore de la musique je vous le conseille plus plus ! Merci aux téléchargeurs compulsifs d'aller piller ailleurs !!! Vous bossez gratuitement vous ?...
Le concert se termine par un petit boeuf pendant lequel un ancien compagnon de route, Pat Machenaud, prend les baguettes de Serge (enfin c'est le prénom que j'ai compris, sans le nom !) alors que Linael Cramont reste à la basse, et le propre fils de Rod (12 ans) qui vient tenir la rythmique sur un titre.
Fin endiablée sur What'd I Say, Rod se balade dans le public et le groupe improvise sur le bord de la scène (cf la vidéo jointe)
Pour en revenir au matos la Gretsch ne sera pas descendue de son présentoir mais la Airline aura eu la part belle : joli son mais désaccordage plutôt rapide !
Voilà, 23h30 environ, il est temps de refaire les 1h de route dans l'autre sens, dans un magnifique brouillard, en évitant les radars qui pullulent sur cette N57, les renards aussi.
Cette fois c'est au son de Daydé (album "Ballades") et de Doctor Rock And The Wild Bunch (du hard mainstream énergique bateau sans grand intérêt).
par 2ni The Cat
titre en écoute : Est-ce Que J'ai Fait Quelque Chose (du dernier album à paraître)







