Aller au contenu
Francerock70 — Le blog du rock français
Chroniques

Richard Vimal

francerock707 mars 2023

Dans la série « Retour sur ces magnifiques artistes scandaleusement négligés par les médias », j’ai le plaisir de vous présenter Richard Vimal, animal rare de la famille des autod…

Richard Vimal


Dans la série  « Retour sur ces magnifiques artistes scandaleusement négligés par les médias », j’ai le plaisir de vous présenter Richard Vimal,
animal rare de la famille des autodidactes qui parviendront à convaincre une maison de disque avant de sombrer dans l’oubli.


Ce toulousain publiera tout d’abord en 1973 un 45T typé chanson française dont la face A « Je vous salue leur France » me fait d’ailleurs beaucoup penser à Renaud… The bide...

 

2_vimal_45T

S’en suivra une « brillante » carrière dans le commerce de vin. Période qu’il mettra à profit pour acquérir un Roland SH-3 et faire joujou avec son synthétiseur flambant neuf.


Ayant décroché un nouveau contrat chez Polydor, Vimal enregistre fin 76 un album où le synthétiseur virevolte autour d’un son d’une guitare acoustique omniprésente.


Ce superbe album plutôt planant s’intitule « Transparences ».

 

3_vimal_front

Vimal (guitares, bottleneck, synthétiseurs et arrangements) est épaulé par Philippe Pagès (pianos, orgues, moog, arrangements et accessoirement futur Richard Clayderman). On note également la participation de Raymond Gimenes (guitare pour deux titres) et de Gérard Kawczynski (guitare pour un titre).

4_vimal_credits

Et ce ne sont pas les textes intimistes déclamés par une voix toujours dans la retenue qui vont casser l’ambiance de ce disque coolissime.


Ce n’est pas du folk, ce n’est pas de la pop, ce n’est pas de la musique électronique, ce n’est pas de la chanson française, mais malgré tout, c’est un peu tout ça en même temps.

5_vimal_back

 

Les arrangements, sobres, subtils et délicats, offrent un magnifique écrin aux chansons oniriques de Richard Vimal.


Celles-ci, au nombre de sept, sont quasiment murmurées pour que, à leur tour, les mots du musicien s’insèrent entre les nappes de synthé et les arpèges sans les abîmer.

 

6_vimal_insert


« Je t’ai cherchée jusqu’à présent
aux quatre coins du firmament
sur le dos d’une comète
je t’ai cherchée jusqu’à présent
parmi les morts et les vivants
qui surpeuplent cette planète... »

« Àme sœur »

« ...Joli papillon
fais bien attention
à la toile de l’araignée
joli papillon
fais bien attention
les hommes tendent leurs filets... »
« Métamorphose »

Je vous laisse découvrir le thème de « Tu es douce comme un fruit », thème auquel j’avais fait allusion dans ma chronique sur Christian Caron.


7_vimal_et_son_synthetiseur


Dès les premières notes du titre « Léa », la guitare, la voix, le phrasé, les mots se conjuguent de telle sorte que cette chanson m’évoque Philippe Farré, chanteur d’une grande sensibilité (et chroniqué récemment sur le blog par Aural Oddities).

Mais au fait, qui est cette Léa délicieusement perverse qui clôt la face A du vinyle ? A l’écoute du dernier mot du texte, on a la réponse et on se rend compte alors qu’on avait zappé de subtils indices (arrangements et texte).

L’insert reproduisant le texte des sept plages chantées est au premier abord quasiment illisible, Richard Vimal ayant une écriture disons…. particulière.
C’est à l’écoute du disque avec l’insert sous les yeux qu’on se sent compte que ce gribouillage apparemment plus proche des hiéroglyphes que de l’écriture cursive est en fait parfaitement lisible. Etonnant ! Si vous chopez le .rar je vous invite à faire l’expérience.

Disséminées ci et là, cinq plages instrumentales telles un soupir entre deux murmures, allègent le propos, apaisent encore un peu plus. Pas de doute elles préfigurent les deux albums instrumentaux qui suivront.


On remarque également que le thème de l’intro, « Transparence », réapparaît à deux reprises. Plutôt qu’une redondance musicale, on peut y voir un refrain instrumental, une volonté de ne pas s’égarer dans cette invitation au voyage, à la rêverie…

8_vimal_au_synthe

 


Happé par la musique électronique, tout comme un certain Olivier Bloch Lainé à la même époque, Richard Vimal abandonne totalement la chanson après ce premier LP sorti dans l’indifférence générale (autour de 800 exemplaires d’après le net) et c’est bien dommage . C’est frustrant pour quelqu’un qui avait fort apprécié ces pépites où Vimal avait posé sa voix sur ses compositions.

L’année suivante, toujours en compagnie de Philippe Pagès, Richard Vimal publie « Migrations », un album entièrement instrumental et plus électronique où il partage les parties guitare avec René Lebhar.

Deux ans plus tard (1980), parution de l’album « Aquarythmies » qui connaît un certain succès auprès des fans de musique électronique. Richard Vimal est alors comparé aux Jean-Michel Jarre et Vangelis époque des synthés analogiques.

Cet album est réédité par Fortuna Records dès 1987 sous le nom de « Aquarhythmies » (avec une faute d’orthographe probablement involontaire).

9_vimal_LP_fortuna_records


Enfin en 2001, le label allemand Deimos Music sort un CD intitulé « Aquarythmies » regroupant les deux albums instrumentaux de 1978 et 1980 auxquels on a ajouté l’instrumental « De ce côté du miroir » extrait de l’album « Transparences » et un inédit de 2001 « Métamorphose d’un bal ».
Pour info, je suis à la recherche de cet inédit de 2001.


Par la suite, comme tant d’autres brillants musiciens, Richard Vimal travaillera pour le cinéma, la télévision et la publicité pour entreprises.

Mon premier est passé inaperçu et n’a pas eu droit à une réédition CD.
Mon deuxième et mon troisième, appréciés des amateurs de musique électronique analogique, ont eu droit à une réédition CD.


Mon tout, introuvable sur les plate-formes, est présent sur Francerock70 ci-dessous :

 

 

Titre en écoute : « Métamorphose »

Crapou

 

 

Plus dans la même veine