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Francerock70 — Le blog du rock français
Chroniques

Plume Latraverse

francerock7029 novembre 2025

En lisant la chronique de Philou consacrée à Stephen (Steve) Faulkner , j’ai réalisé, horreur et stupéfaction, que Plume Latraverse n’avait pas encore fait l’objet d’une chronique…

Plume Latraverse


En lisant la chronique de Philou consacrée à Stephen (Steve) Faulkner, j’ai réalisé, horreur et stupéfaction, que Plume Latraverse n’avait pas encore fait l’objet d’une chronique sur notre blog préféré. Aussi pour y remédier, je vous propose ce post sur le premier enregistrement du québécois à avoir traversé l’Atlantique.


Nous sommes en 1978 et il s’agit de la première compilation de Plume Latraverse. Elle comporte 14 titres issus des six albums que celui-ci a publié de 1974 à 1977.

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Probablement pour des raisons commerciales, la pochette de l’édition française n’a rien à voir avec la pochette québécoise.


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En outre, le titre canadien de la compile « Les plus pires succès de Plume » a disparu au profit d’une identité plus précise : Plume Latraverse (en fait Michel Latraverse de son vrai nom).

Cette première compilation (il y en aura bien d’autres par la suite) est épatante pour découvrir les multiples facettes de ce poil à gratter de la scène québécoise.

Musicalement, Plume ne s’enferme pas dans une case bien définie. C’est la liberté totale pour ce auteur-compositeur-interprète qui vogue du blues « Chambre à louer », au rock « Bobépine », au folk-rock « Jonquière », à la country « Le retour à la terre », à la bossa nova « Bossa-mota », au swing « Lit vert » sans oublier la chanson latine avec ou sans spoken word « La bienséance » et les ballades « Quel calvaire »...

Bref, avec un Plume qui a le sens de la ritournelle, on navigue du rock bien senti (qui ne se prend jamais au sérieux) au folk (qui ne s’embarrasse pas des convenances littéraires). Faut dire que du côté des textes, avec ce rocker/chansonnier, nous avons droit à un vrai festival de chansons irrévérencieuses écrites en joual (le parler populaire des Canadiens francophones).


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Pour preuve, cette compile s’ouvre avec « Le rock’n’roll du grand flanc mou » (R’n’Roll du tire au flanc) où Plume nous prévient : il ne fait pas dans la dentelle :« En train à ch'val en Cadillac chus (je suis) toujours à côté d'la track (plaque) / Ça doit à cause de mon enfance j'dois être un cas de délinquance / Y en a qui disent que chus (je suis) vulgaire que j'fais brillant esprit pervers / Un paranoïaque insolent qui envoie chier l'monde à bout portant / Un asocial un malotru, un rock'n roll de grand flanc mou... ».

Voilà pour la mise en bouche, et les treize titres suivants sont du même tonneau.
Au gré des plages nous faisons connaissance avec le langage coloré de notre cousin du Nouveau Monde «... J'savais pas quoi faire avec c'maudite musique-là qui couraillait dans ma noix ... » (Bossa-mota).

Nous sommes face à un humour grinçant « Tu rencontres une belle brunette / Tu t' rends compte que c'est une tapette »(Quel calvaire) et nous allons avoir droit à des propos bruts de décoffrage «Vieux neg' qui pète les pieds dans bouette » (Vieux Nèg’ ).


Vous l’avez compris, chez Plume, pas de figures de style alambiquées comme dans cette autre tranche de vie quotidienne« T'auras mal pris d'voir l'oncle René s'décrotter l'nez pendant l'souper » (La bienséance).


Forcément ça ne plaît pas à tout le monde, y a ceux qui prennent tout au premier degré, y a ceux qui sont constipés, y a ceux qui sont trop chatouilleux, y a ceux qui sont incapables de comprendre que pour contester il faut parfois choquer, etc... C’est pourquoi on ne peut que supposer qu’une berceuse comme « Ne pleure pas petite fille » qui évoque la misère sociale, l’alcoolisme, la psychiatrie mais aussi l’inceste, ferait de nos jours hurler bien des censeurs en état de choc...

Et si ça ne passe vraiment pas…..pas de souci «... On est ben ouvert à vos commentaires si vous payez l'cognac gnac gnac gnac...» (Rideau).

Ceci étant dit, sachez que sur cette compile on trouve « Bobépine », un véritable classique du rock de là-bas que tous les québécois connaissent.

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Sur YT, nous avons la chance de pouvoir découvrir un mini-medley de deux titres également présents sur cette compile « Jonquière » et « Le rock’n’roll du grand flanc mou »


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C’est vraiment dommage que les textes des chansons n’accompagnent pas l’édition française. D’autant plus, qu’outre son foutu accent, Plume use (et abuse) d’un tas d’expressions gratinées pas toujours simples à saisir de ce côté-ci de l’Atlantique (c’est pourquoi dans le zip j’ai inclus les paroles absentes de la pochette du vinyle) .

Par contre (et c’est tant mieux), sur le double album qui sortira fin 78 et baptisé « All dressed » au Québec, nous aurons droit aux paroles des mets mitonnés par Plume. A noter qu’il sortira en France sans titre sous une pochette différente (ce double album est un régal) .


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Ce double album comporte un chef d’oeuvre, un incontournable, qui illustre tout ce que je viens de dire : ça dure 9 minutes 30 et ça s’appelle « Les pauvres ».

Le 25 décembre, les petits lutins de Mister Pat déposeront sur vos écrans ce double album. Mais une heure dix-sept minutes de Plume Latraverse en plus de la dinde et de la bûche, ça fait beaucoup, y a un risque d’indigestion (voire d’overdose)Aussi, comme ce 2xLP comporte 24 titres, FR70 a décidé de vous le proposer en guise de calendrier d’Avent (un titre par jour….faudra attendre le père Noël pour la totale).


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Pour terminer, en guise de bio, parmi les nombreuses pages sur Plume Latraverse disponibles sur la Toile, je vous propose celle-ci https://ici.radio-canada.ca/radio/plum e/index.shtml


et également, pour ceux qui veulent en savoir encore un peu plus, celle-là  https://www.deezer.com/fr/artist/1266381/biography


et en bonus

 

 

titre en écoute :« Bobépine »

par Crapou

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