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Francerock70 — Le blog du rock français
interview

PIERRE MIKAILOFF

francerock701 mars 2023

Pour ceux qui ne le savent pas encore Pierre Mikaïloff n'est pas seulement un musicien ( guitariste chanteur du groupe "les désaxés") mais c'est aussi aussi un écrivain, un journa…

PIERRE MIKAILOFF

Pour ceux qui ne le savent pas encore Pierre Mikaïloff n'est pas seulement un musicien ( guitariste chanteur du groupe "les désaxés") mais c'est aussi aussi un écrivain, un journaliste qui fait désormais partie de la team Francerock70.

L'occasion à saisir était trop belle pour Mister Pat, une nouvelle interview de Pierre devenait obligatoire.

On a discuté une fois de plus de musique mais cette fois ci c'est l'écrivain-journaliste qui s'est confié.

Et pour ne pas frustrer les amateurs de disques inédits, Pierre nous gratifie de l'intégralité de son mini LP solo qui n'a jamais été publié. Encore une très belle "exclue" de Francerock70.

Mais commençons par le commencement voici l'interview du nouveau chroniqueur de Francerock70 Pierre Mikaïloff...

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Interview:


Mister Pat : Tu as commencé à écrire à quel âge ?


Pierre Mikaïloff : Je ne pourrais pas te répondre précisément, mais j’ai retrouvé un cahier avec un début de roman d’espionnage qui se passe sur un porte-avions, c’est illustré avec des transferts d’avions à réaction et de vaisseaux spatiaux… Je devais avoir une dizaine d’années. Mais on n’en connaîtra jamais la fin !

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MP : Ton premier livre c'était lequel ?

PM : Some clichés, une enquête sur la disparition du rock’n’roll, en 2006. C’était un recueil de nouvelles, toujours disponible d’ailleurs (minute publicitaire !).

MP : Combien d'ouvrages as-tu écrits ?

PM : Autour d’une quarantaine.

MP : Tu les as tous publiés ou il y en a encore dans tes tiroirs ?

PM : Comme pas mal d’écrivains, j’écris en permanence, mais les éditeurs ne suivent pas forcément mon rythme. J’ai quatre romans terminés, en attente, et je suis en train d’en écrire un autre. Cela dit, tout n’est pas forcément publiable, en tout cas pas en l’état. Donc, je laisse mûrir tranquillement, j’y reviens de temps à autre. J’envie les auteurs des années 1950/1960 qui publiaient trois ou quatre romans par an, leur production étant absorbée sans problème, je veux parler des gens qui publiaient à la Série Noire ou chez Fleuve Noir ou au Masque. Bon, c’est vrai que le public du XXIe siècle lit moins.

MP : Est -ce que tu aimes la science-fiction ? Si oui quels sont tes livres et auteurs préférés ?

PM : J’adore ! J’en ai beaucoup lu étant ado. Les auteurs de l’âge d’or du genre : Asimov pour son cycle des robots, Bradbury pour Les Chroniques martiennes, Van Vogt pour son cycle du Monde des Ā, Sturgeon pour Killdozer, dont le titre a d’ailleurs inspiré le nom d’un groupe lyonnais, Clarke pour 2001, H. G. Wells pour l’ensemble de son œuvre géniale, puis, plus tard, Ballard pour ses visions glaçantes d’un avenir proche voire de notre présent, Andrevon pour Hôpital Nord, Gibson pour Code source, Lem, l’auteur de Solaris, pour Memoires trouvés dans une baignoire…

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MP : Tu aimes également d'autres genres, tu es éclectique ?

PM : Oui, bien sûr, je lis de tout : Dostoïevski, Tchekhov, Simenon, Bukowski, Ross McDonald, un super auteur de polars, et, plus récemment, Tom Wolfe, l’auteur du Buché des vanités, un pamphlet hyper réaliste sur la société américaine des années 1980, Don Winslow, auteur de deux gros volumes qui décortiquent l’implication du gouvernement américain dans le trafic de drogue afin de financer des mouvements d’extrême droite en Amérique latine… Il y a tellement de genres intéressants et tellement de bons livres ! Je lis aussi pas mal de bandes dessinées. J’adore la ligne claire.

MP : La traditionnelle question : quels sont les trois livres que tu emmènerais sur une île déserte ? Cette fois-ci, tu n'auras pas besoin d'électricité, mais n'oublie pas tes lunettes.

PM : OK, je mets les lunettes dans la valise, avec une ou deux bouteilles de Black Label au cas où on n’en trouverait pas sur l’île. Je prendrais un recueil de nouvelles de Tchekhov, Contes de la folie ordinaire de Bukowski et L’History of Rock & Roll édité par le magazine Rolling Stone, parce que je n’ai jamais trouvé le temps de le lire. C’est un pavé qui regroupe des articles signés par les plus grands rock critics américains, Lester Bangs, Greil Marcus, etc.

MP : Tu t'es spécialisé dans la biographie, pourquoi ?

PM : Ça s’est fait au fil des rencontres. Un directeur de collection qui s’appelle Stéphane Loisy m’a un jour demandé d’écrire une biographie de Françoise Hardy pour sa collection. Et le résultat a dû lui plaire puisqu’il m’en a demandé trois autres. J’ai aussi écrit celle de Serge Gainsbourg, qui est aujourd’hui disponible en édition de poche. Je n’en ai pas écrit tant que ça, en fait. Et j’ai aussi écrit deux bouquins sur Téléphone, dont un avec l’immense photographe Pierre Terrasson.

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MP : Il y a encore des artistes Français que tu aimerais évoquer ?

PM : Beaucoup oui, mais Gérard Manset est le premier nom qui me vient à l’esprit, un personnage un peu mystérieux et un artiste génial, qui ne cesse de remixer son œuvre, comme un peintre sur sa toile.

MP : Ton dernier livre paru c'est Le Club des 27, comment t'en est venue l'idée ?

PM : En fait, l’idée est venue d’une éditrice de chez Larousse avec qui j’ai déjà travaillé. Lorsqu’elle me l’a suggéré, j’ai réfléchi à la façon dont je pouvais m’emparer du projet. Elle m’a rassuré en précisant qu’il ne s’agissait pas de s’attarder sur les circonstances parfois glauques de la mort de ces artistes, mais de leur rendre hommage en racontant leur vie et en présentant leur œuvre. Et j’ai dit oui. Ce qui m’a plu aussi, c’est qu’à travers les membres du club, de Robert Johnson à Fredo Santana, je raconte un siècle de musique populaire, du blues au rap, en passant tous les genres : rhythm’n’blues, soul, hard rock, rock progressif, new wave, grunge…

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MP : Comment on s'y prend pour écrire un livre aussi détaillé ? C’est un véritable travail de fourmi, un travail de longue haleine je suppose !

PM : C’est un travail de longue haleine, mais je baigne dans cette culture depuis l’âge de douze ans, je sais où aller chercher les infos. Je connaissais bien certains de ces artistes, beaucoup moins, voire pas du tout, certains autres, et c’est ce qui m’a passionné, j’ai appris plein de choses en écrivant ce livre. C’est aussi l’intérêt de ce métier.

MP : Bien sûr, on retrouve dans cet ouvrage des pointures du rock, Jimi Hendrix, Brian Jones, Jim Morrison, Janis Joplin, Kurt Cobain, etc., mais aussi des artistes moins connus comme Alan Wilson (Canned Heat), Lesley Harvey (Stone the Crow), Peter Ham (Badfinger),
je ne vais pas tous les citer, et il y a aussi Gary Thain du groupe Uriah Heep, un de mes groupes anglais favoris. Pour moi c'est une surprise, je l'avais oublié.

PM : Absolument, dans ce Club des malchanceux, des maudits, il y a des artistes importants qu’on a tendance à oublier aujourd’hui. Et j’espère que ce livre vous donnera aussi envie de remettre sur votre platine les albums de Badfinger, Uriah Heep, Stone the Crow, Big Star, Echo & the Bunnymen…

MP : Pour chaque artiste tu mets une discographie sélective, tu connaissais tous leurs albums ? Pour Uriah Heep, tu as fait un excellent choix "Démons and Wizards" c'est mon disque préféré du groupe !

PM : Je ne connaissais pas ces discographies sur le bout des doigts, j’ai donc écouté beaucoup de choses et, encore une fois, fait des découvertes magnifiques, j’espère que ce sera aussi le cas des lecteurs.

MP : Tu écris aussi pour des magazines de rock, Rock&Folk, Rolling Stone, etc. Comment ça fonctionne pour les articles, tu peux m'expliquer le cheminement avant la publication, ça m'intéresse car ici, à Francerock, ce n'est pas toujours simple avec les copains.

PM : C’est généralement le rédacteur en chef qui propose des sujets aux pigistes, mais l’inverse est possible aussi, les pigistes proposent de artistes qu’ils ont envie de chroniquer. J’ai participé aux premières années du site Gonzaï, où on était bénévoles, et ça fonctionnait bien parce qu’il y avait un gros staff de journalistes en herbe, donc, si quelqu’un se lassait et arrêtait, ce n’était pas un problème, il y avait toujours de nouveaux arrivants.

MP : On t'a déjà refusé des articles ?

PM : Oui, ça arrive, bien sûr. Soit ce n’est pas assez dans l’actu (cette fameuse actu !), ou pas assez connu, ou déjà traité par un autre pigiste ou tout simplement, une page de pub arrive et ton article saute, c’est aussi ça la réalité de la presse écrite !

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MP : Pour cette chronique, je vais proposer ton mini album solo inédit qui n'a jamais été distribué, quelle est ta chanson préférée sur ce disque ?

PM : Je dirais que, pour moi, la plus aboutie, celle sur laquelle je ne changerais rien, c’est « La fin de l’aventure ». Et en second, « Love etc. ».

MP : Ce n'est plus un secret, tu fais désormais partie de la "Team Francerock70", comment as-tu connu le blog et qu'est-ce que tu apprécies sur Francerock70 ?

PM : Je l’ai connu parce que quelqu’un parmi vous avait eu la bonne idée de mettre en ligne une compilation d’enregistrements studio des Désaxés (nota : il s'agit de ma pomme avec l'aide de Bbébé que tout le monde connait dans la blogosphère). L’article était plutôt sympa et j’ai pris l’habitude de venir écouter chaque matin ce qui était mis en ligne. Comme j’ai des goûts assez éclectiques, qui vont du rock au jazz, en passant par la pop, le rock californien, le prog rock, le jazz-rock… je me régale. Il y a des tas d’albums dont je n’avais jamais entendu parler, comme celui de Bunny Brunel, de Chico Magnetic Band… ou des albums que je n’avais jamais réussi à me procurer, comme celui de Jean-Michel Brezovar ou de King of Hearts. On trouve aussi des gens comme Ilous et Decuyper et Castelain qui ont été scandaleusement négligés par les médias, à l’époque. C’est une super initiative de ressortir tous ces albums de la malle aux trésors ! Surtout quand les artistes racontent leur parcours.

MP : Merci Pierre pour cet entretien et pour ton arrivée sur le Blog, c'est pour moi un grand honneur d'avoir un professionnel à nos côtés, nous qui ne sommes que de modestes amateurs.

J'en profite pour recommander chaudement ton livre "le Club des 27" qui est sorti aux éditions Larousse en octobre 2022.

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C' est un très bel ouvrage illustré par de magnifiques photos. C'est un livre que je conseille bien évidemment aux amateurs de Rock, mais qui peut être également un très beau cadeau à offrir.

N'hésitez pas à l'acheter c'est un livre passionnant."


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Chronique de "Je suis fragile" :


Passons maintenant à la chronique de l'album inédit de Pierre.

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Si vous avez aimez le titre " la fin de l'aventure" qui apparaîssait sur notre compile de fin d'année, vous allez adorer ce mini LP.


Commençons avec "je suis fragile" second titre du disque. Cette chanson prend possession de votre cerveau et ne vous quitte plus, écoutez ça le matin pour allez au boulot et vous fredonnerez ce titre en continu toute la journée.

Parfait pour commencer la semaine c'est un hit pop composé de guitares cristallines et somptueuses. La voix délicate de Pierre fait le reste.

Je passe à " Love etc.. " un morceau très sympa au groove entraînant, des touches de cuivres samplés associées à un rythme "funky" donne irrésistiblement l'envie de se déhancher.

Pierre comme un caméléon change de registre et nous la joue "rythm'n blues", un excellent titre.

Je vais bien entendu vous laisser la surprise de l'album le but n'étant pas de décortiquer intégralement le disque, donc je passe directement à "Sophie Days" le morceau final du mini LP, c'est une popsong bien enlevée, un titre sucré façon sixties ou l'influence " so british" est finement exécutée.

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Cet album aurait pu se trouver dans les bacs dans le début des annés 90, il était complètement en adéquation avec le son de la fin des années 80, les maisons de disques n'en ont pas voulu, tant pis! Finalement c'est Francerock qui vous l'offre, tant mieux !

En définitif "je suis fragile " est un disque de pop française classieuse mais jamais chiante, Pierre assure avec sa voix mélodieuse et sensible.

On retrouve cette sensibilité dans des textes pop et modernes, la patte de l'écrivain n'est pas loin.

C'est également une évidence, à l'écoute des guitares et autres instruments, les musiciens accompagnants sont des "pros", quel plaisir d'écouter ce disque !

Six titres de qualité associés à une production particulièrement efficace font définitivement de l'album de Pierre Mikaïloff un petit bijou qu'il était grand temps de sortir de son écrin.

C'est une production Francerock70, un disque de plus à conserver précieusement dans votre collection de pépites.

 

 

Merci à Pierre Mikaïloff pour les photos, les inédits et sa gentillesse

Art et Article

Mister Pat

En bonus uniquement réservé aux abonnés la version wav de l'album

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titre en écoute : je suis fragile

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