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Francerock70 — Le blog du rock français
Chroniques

PATRICK VIAN

francerock7013 mai 2023

Patrick Vian - Bruits Et Temps Analogues (1976) Retour sur la petite trilogie Vian entamée il y a bien longtemps et jamais terminée faute d'intérêt réel du lectorat ! Mais, étant…

PATRICK VIAN

Patrick Vian - Bruits Et Temps Analogues (1976)

Retour sur la petite trilogie Vian entamée il y a bien longtemps et jamais terminée faute d'intérêt réel du lectorat ! Mais, étant incorrigible, c'est plus fort que moi je vais quand même au bout de mon idée.

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Après Mémoriance et Sue Et Les Salamandres au nom du père, c’est au nom du fils, Patrick, à peine plus sain d'esprit, né en 1942 que nous allons nous intéresser aujourd’hui ! Pendant les évènements de 1968 il fonde le groupe Red Noise dont il est le chanteur guitariste. 2 de ses membres fonderont Komintern en mai 1970.

Red Noise n’enregistrera qu’un seul album, le 28 novembre 1970, lequel ne paraîtra qu’en 1971 sous le titre Sarcelles-Lochelles, chroniqué  iCI  par le camarade Makhno. Le contenu est un joyeux bordel "zappaien" en phase de crise aïgue et il faut quand même être sacrément bien disposé avant de le poser sur sa platine, le fils appliquant au rock les leçons retenues du père en littérature : une liberté d'écriture sans se fixer de limites cartésiennes. Et il paraît même que le disque est très sage comparé aux prestations scéniques sauvages et free-noisy du groupe !

vianband

Red Noise s'arrête en 1972, Patrick Vian joue quelques temps avec le groupe culte Dagon (aucun enregistrement connu), puis participe à la musique du film Hu-man en 1975.

Patrick-Vian-en-Grece

Changement de décor complet en 1976 quand il publie Bruits Et Temps Analogues. Même si le contenu reste toujours un peu foutraque il a de quoi dérouter les amateurs de rock déjanté de la première heure. Il avait été proposé en bonus lors de la chro de Red Noise par Makhno (cf plus haut). Les plus fidèles d'entre vous l'ont donc déjà, mais honnêtement le seul point commun entre les 2 est le nom de Patrick Vian et rien d'autre, puisque lui-même a délaissé le chant et la guitare pour les machines (synthés et séquenceurs).

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L'atmosphère générale est donc électronique, ce que l'on appelle e-music de nos jours, à des années lumières de Red Noise. Mais bon sang ne saurait mentir, chez les Vian on s'affranchit des codes, Patrick ne fait ni du Jarre pour public de masse ni même du Schulze tout seul dans son salon et est donc accompagné par Bernard Lavialle (ex Ame Son) à la guitare, Georges Granier au piano et marimba (compositeur plus tard de la BO du Grand Chemin entre autres), et Mino Cinelu aux percussions sur 2 titres (futur batteur de Opération Rhino Creation Collective puis Gong sur Gazeuse/Expresso).

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On se rapproche donc plus d'une démarche à la Heldon, Electronique Guerilla ou It's Always Rock'n'Roll sont probablement des sources d'inspiration.

Le morceau d'intro, Sphère, est cependant assez trompeur, plutôt sautillant sur fond de guitare funky. Plus loin, en intro de la face B c'est R&B Degenerit qui nous ramène dans les mêmes ambiances, la guitare en moins. Pour le reste on est dans du tripatouillage pur et dur de machines, ce qui ne veut pas pour autant dire que c'est inécoutable.

Bien au contraire, l'ensemble reste très musical même si c'est un peu plus exigeant qu'une bande son de l'espace comme c'est souvent le cas dans le genre invoqué. Old Vienna est à peu près le seul titre que l'on peut classer dans cette catégorie avec sa spirale qui semble vous happer dans un trou noir et peut-être Tunnel 4 Red Noise plus classique dans sa conception musique électronique qui vous plonge dans les profondeurs jusqu'à la lumière retrouvée du court Bad Blue. Oreknock est par contre limite tribal et aurait presque pu être repris 30 ans plus tard sur un album de Hadouk Trio avec des instruments traditionnels. Je vous laisse découvrir et déguster le reste jusqu'au final gaguesque et en fanfare de Tricentennial Drag.

Pas facile à décrire mais si vous connaissez et appréciez les albums de Heldon cités plus haut vous vous retrouverez un peu dans le même univers. Publié sur le mythique label Egg, l'album n'a été réédité qu'en 2013 sur le label Staubgold, toujours au format vinyle (180gr). Il n'a à mon avis pas rencontré le succès qu'il méritait, sans doute en raison d'un manque de cohésion et de ligne directrice qui en fait pourtant son charme, lui conférant aujourd'hui un statut d'album culte, probablement aussi parce qu'il est la dernière trace de son auteur.

Depuis ? Et bien c'est le mystère. Patrick Vian s'est installé modestement dans le Luberon sans plus jamais rien publier, faisant de la radio locale, ne vivant que grâce aux maigres royalties de Papa. Ses très très rares interviews trouvées sur le net n'en disent pas plus sinon qu'il semble se nourrir des mêmes musiques que beaucoup d'entre nous : Led Zep, Animals, Doors, Hendrix, King Crimson, le jazz rock, le jazz prog ... et bien sûr Zappa.

2ni The Cat

titre e écoute : R&B Degenerit

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