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Chroniques

Messaline

Pat16 août 2026
Messaline

Petit retour sur le groupe Messaline, à qui nous avons déjà consacré plusieurs articles sur le site (je vous laisse chercher dans l'index).

Une petite remise à niveau me semblait indispensable concernant ce fabuleux groupe de heavy metal français.

Si vous ne connaissez pas l'histoire de Messaline, voici une bio assez complète de la formation.

Messaline est un groupe français originaire de Bourg-en-Bresse (Rhône-Alpes).

Fondé au début des années 2000, le groupe se distingue par un son ancré dans les influences des années 1970 (empruntant au hard rock traditionnel, au heavy metal classique et parfois à des touches folk) et par des textes en français soignés, souvent poétiques, historiques ou provocateurs.

L’histoire de Messaline prend racine sur les cendres d’une précédente formation de metal progressif/hard rock nommée Absurd (fondée en 1994), menée par le chanteur et parolier Éric « Chattos » Martelat.

Absurd avait publié un mini-album (Saynète et logique en 1998) ainsi que deux albums (Pour un oui, pour un nom en 2001 et Dernières sommation en 2003), s'offrant même l'opportunité de faire des premières parties remarquées pour des groupes d'horizons divers comme Porcupine Tree ou Ange.

Pour en savoir plus sur Absurd, allez faire un tour sur le site. (voir index)

À l'automne 2003, suite à la fin d'Absurd, trois membres (Éric Martelat au chant, Mickaël Colignon à la guitare et Jean-Charles « JC » Zurun à la basse) décident de rebondir et fondent un nouveau projet.

Rapidement rejoints par le batteur Stéphane Cordovado, ils optent définitivement pour le nom de Messaline.

Ce patronyme, choisi par autodérision, fait référence à une affiche de cinéma vintage de l'impératrice romaine Messaline qui avait marqué le chanteur durant son enfance.

Le groupe sort son premier album studio en 2005 : "Guerres pudiques".

Cet opus pose les bases de leur identité : un heavy-hard rock mélodique aux riffs acérés et aux textes en français ciselés.

L'album contient notamment le morceau "Les cailles au fenouil", écrit et composé pour eux par Christian Décamps, le leader emblématique du groupe Ange (avec qui ils partagent un attachement viscéral pour le rock progressif et théâtral français).

En 2009, Messaline franchit une étape supplémentaire avec la parution de son deuxième album, "In Cauda Venenum", qui bénéficie d'un accueil chaleureux de la part de la presse spécialisée hexagonale (Rock Hard, Hard Rock Mag, Guitarist Mag qui le couronne disque du mois).

Les années suivantes sont marquées par plusieurs mouvements au sein du line-up, notamment le départ de la section rythmique historique (Stéphane Cordovado et Jean-Charles Zurun) en 2011, remplacés par de nouveaux musiciens comme Jaimé Gonzalez à la basse.

Le groupe ne ralentit pas pour autant la cadence en studio :

– 2011 : sortie de l'album "Éviscérer les Dieux" toujours chez le label indépendant Brennus Music, confirmant leur ancrage dans le paysage heavy rock underground français.

– 2015 : parution de l'album "Illusions barbares", salué par les critiques pour sa maturité et sa fougue.

Messaline écume les scènes de l'Hexagone, s'illustrant dans divers festivals et assurant les premières parties d'artistes majeurs de la scène rock et metal (comme Trust, Vulcain, Blasphème ou encore Ange).

Vers 2018, une nouvelle configuration s'établit autour d'Éric Martelat, accueillant Mathieu Gilbert à la guitare et Alain Blanc à la batterie. C'est sous cette forme que sort l'album "L'autel des possédés".

Malgré les années, Messaline conserve une productivité exemplaire et un univers visuel et textuel très riche (mêlant mythologie, littérature et critique sociale teintée d'humour) :

– 2022 : sortie de l'album "Vieux Démons", pensé comme un vibrant hommage au hard rock "old school" des années 70.

– 2024 : publication d'un album live acoustique intitulé "Braconniers du silence".

Messaline fait désormais figure d'irréductible ambassadeur du hard rock chanté en français.

Musicalement à la croisée de Deep Purple, de Black Sabbath et des grandes heures du rock progressif français, le groupe s'est forgé une solide réputation underground grâce à l'écriture imagée d'Éric « Chattos » Martelat et à une énergie scénique authentique, façonnée loin des formats radiophoniques commerciaux.

Le 6 mars 2026, le groupe sort son dernier opus toujours chez Brennus Music, l'album "(alias Lilith)" marque le retour en force des irréductibles de Bourg-en-Bresse.

Le commando emmené par Éric « Chattos » Martelat remet l'ouvrage sur le métier. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce nouvel opus ne fait pas les choses à moitié.

Dès le premier regard, l'objet se démarque. L'album s'articule autour d'un concept global explorant la quête d'identité, les faux-semblants et les dissimulations (les fameux « alias »).

Pour l’illustrer, le groupe a pris le contre-pied total de l'ère du numérique et de l'intelligence artificielle en concevant une véritable pochette artisanale à l'ancienne : un tableau d'enquêtes physique, constellé de coupures, de photos d'époque et de punaises, immortalisé par un photographe professionnel. Chaque chanson fonctionne comme une pièce de ce puzzle mystérieux, où se croisent figures historiques, mythologiques et littéraires, sous-titrées par des pseudonymes énigmatiques.

Musicalement, "(alias Lilith)" confirme la singularité de Messaline dans le paysage hexagonal : un heavy rock and roll mélodique, profondément enraciné dans les vibrations des années 1970, marié à la théâtralité et à la subtilité littéraire du rock progressif français (l'ombre bienveillante d'Ange plane toujours sur les arrangements).

La guitare acérée de Mathieu Gilbert et la section rythmique solide (Charly Schoepflin à la basse et Alain Blanc à la batterie) posent des fondations telluriques.

L'apport d'Agnès Gilbert aux chœurs et percussions insuffle une profondeur presque mystique et envoûtante à l'ensemble, en particulier sur des compositions labyrinthiques telles que "Mordorée Lilith" ou l'incontournable "L'Équerre d'Hiram".

Je n'oublie pas Eric Martelat qui excelle une fois de plus au chant. Sa voix est particulièrement bien mise en avant et apporte à l'ensemble ce style théâtral si particulier.

En ce qui concerne les textes, c’est incontestablement la marque de fabrique d'Eric "Chattos" Martelat. Ses paroles en français ne se contentent pas de rythmer les mesures ; elles racontent, imagent, piquent et interpellent.

Des profondeurs d'Hadès aux éclats d'Épicure, chaque morceau possède sa propre identité textuelle, transformant l'écoute en un voyage littéraire permanent.

Avec (alias Lilith), Messaline affine sa formule, trouvant un équilibre parfait entre l'urgence des riffs électriques et la sophistication d'un art rock lettré.

C'est un disque qui demande à être apprivoisé, écouté d'une traite, texte en main, pour en savourer toute la substantifique moelle.

Une réussite artisanale et sincère qui prouve, s'il le fallait encore, que le heavy rock en français a de beaux jours devant lui lorsqu'il est incarné avec autant de panache et d'intégrité.

Je vous conseille d'acheter le disque car la pochette est très belle et le livret particulièrement soigné. C'est une œuvre d'art.

Dernière info : le groupe sera en concert au Festival Poul'Hard de Bresse. Centre culturel - Espace Salvert 01340 Attignat, le 12 septembre 2026.

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Pat Rédac' Chef

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