Aller au contenu
Francerock70 — Le blog du rock français
interview

MESSALINE

francerock7012 octobre 2023

Interview Messaline : Keith Michards : Pour commencer, tu préfères que je t'appelle Chattos, Chatte-Chatte ou tout bêtement Éric ? Éric Martelat : Chattos, c'est pas mal. Mes vieu…

MESSALINE

Interview Messaline :

Keith Michards : Pour commencer, tu préfères que je t'appelle Chattos, Chatte-Chatte ou tout bêtement Éric ?


Éric Martelat : Chattos, c'est pas mal. Mes vieux copains m'appellent comme ça. Ça met un petit relationnel sympa.

KM : On va commencer par l'interrogatoire du tribunal. Tu jures de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ?


ÉM : Oui, je le jure. Juré, craché !

- Nom, prénoms ? — Martelat Éric


- Pas d'autres prénoms ? — Non, mes parents étaient pauvres, ils ne m'ont donné qu'un seul prénom !


- Date et lieu de naissance ? — Le 9 juin 1971 à Bourg-en-Bresse.


- Profession ? — Enseignant en Arts Appliqués et dessinateur de presse.


- Marié, des enfants ? — Oui, marié, deux enfants.


- Des maîtresses ? — Comme tout chanteur de rock, oui !


- Comme tous les grands musiciens, est-ce que tu es soumis à l'impôt sur la fortune ? — Ouaih, c'est ça !


- Tu as un petit magot planqué en Suisse ? — Bien sûr !


- Tu as encore tous les points sur ton permis de conduire ? — Non… pas tous mes points !


- Qu'est-ce que tu as comme bagnole ? — J'ai une petite Ford Fiesta.


- C'est pas très rock and Roll ! — Non, mais c'est pratique pour faire des allers-retours en Suisse en toute discrétion !


- Quel est ton principal défaut ? — Je dis toujours la vérité !

KM : Fin de l'interrogatoire. Je te déclare innocent… mais les mains pleines quand même !


ÉM : Comme dirait Christian Décamps : « Innocents, les mains sales ! »

02_-_Messaline_Groupe

 

KM : Être chanteur de rock, c'est un avantage pour emballer les gonzesses ?


ÉM : Oui, faut le reconnaître ! C'est surtout bien parce que tu n'as pas la batterie à démonter à la fin du concert. Du coup, tu arrives à partir avec une groupie, alors que le batteur quand il a rangé sa batterie, il ne reste plus personne !

KM : Est-ce qu'il y a un groupe ou un artiste avec qui tu aimerais collaborer ?


ÉM : Oui, y'en a plein. Ce qui serait surtout intéressant, c'est de collaborer avec des personnes qui ne soient pas dans le même style musical. En France, il y a un groupe qui m'interpelle, c'est Feu Chatterton. Ils mettent l'accent sur les textes et sur la poésie. Ce serait marrant que je leur propose des textes et voir avec les musiciens ce que ça pourrait donner. Au niveau international, j'adore Ghost. Plutôt que de refaire du nouveau avec du vieux, ils font preuve d'un véritable respect envers les "anciens" groupes. J'aimerais partager ces idées avec leur chanteur, Tobias Forge.

KM : Tu ne serais pas tenté par un duo avec Grand Corps Malade ?

ÉM : Non. Je reconnais qu'il a un timbre de voix qu'on peut trouver intéressant, mais je n'arrive pas à entrer dans son écriture. Je n'accroche pas à sa poésie.

KM : Et avec Bernard Lavilliers ?


ÉM : Ah oui, oui ! Grand parolier, et il amènerait toutes ces couleurs sud-américaines, le sens du rythme, la salsa, le reggae. Il arrive à faire swinguer ses mots et sur scène, il a un charisme de malade. Lui, ce serait pas Grand Corps Malade ! Je signe des deux mains !

KM : Et si je te propose Bernie Bonvoisin ?


ÉM : Au premier abord, ce n'est pas une personne avec qui j'aimerais collaborer. Je pense qu'aujourd'hui, il fait trop partie du showbiz. Pour une collaboration, avant de parler, il faut aussi écouter les autres. Je peux me tromper, mais je ne suis pas sûr qu'il serait à l'écoute des autres.

KM : Véronique Sanson ?


ÉM : Ouaih, je dirais pourquoi pas ! C'est vrai que toute la musique que j'ai faite jusqu'à présent était composée pour être jouée avec des guitares. Ce serait intéressant de travailler avec elle, parce que c'est une grande musicienne et ça m'obligerait à trouver des lignes de chant qui s'accordent avec le piano.

KM : En dehors du rock et du metal, qu'est-ce que tu écoutes ?


ÉM : C'est surtout du hard rock des années 70, du rock progressif et du heavy metal des années 80. Mais, de temps en temps, j'aime bien me laver les oreilles avec du folk des années 70 comme Tri Yann ou Malicorne, avec toutes ces polyphonies, les arrangements de voix. Et puis de la chanson française. Je pense à ça parce que Jean-Louis Murat nous a quittés récemment. J'aimais bien son côté dépressif. J'aime bien aussi la chanson française à texte : Miossec et compagnie ! J'aime les choses qui sont accessibles, comme la pop anglaise des années 80, hyper mélodique, c'était génial. Même la variété française de cette époque. Et puis, il y a aussi les grands artistes qui sont classés "chanson française" : Higelin, Lavilliers, Bashung. Il y a un que j'adore aussi écouter, c'est Michel Delpech. Je peux faire le grand écart entre Delpech et le dernier Metallica

!

KM : Quel est l'album le plus craignos de ta discothèque ?


ÉM : J'assume tout ce que j'écoute. Il y a peut-être un album variété de ma femme que j'écoute en cachette : celui que Florent Pagny a fait avec Calogero (Vieillir avec toi, 2013), mais je le dis pas trop fort ! Pagny, c'est un bon, mais dans le petit milieu metal, je ne le dis pas trop ! J'ai été le voir en concert, mais ça reste entre nous (sourire téléphonique) !


KM : Je te rassure, ça ne sortira pas d'ici !


ÉM : C'est pas grave, j'assume ! En plus, c'est une sacrée bête de scène, un putain de bon chanteur et il a du charisme. En plus, humainement, c'est une belle personne. Pas comme Michel Drucker qui paraît être le gendre idéal, mais en off, c'est un personnage assez "particulier".

03_-_Affiches_Messaline

KM : Si Iron Maiden t'appelle pour remplacer Bruce Dickinson, tu y vas ?


ÉM : D'abord, je vérifie si c'est pas le 1er avril !


KM : Non, ce ne serait pas le 1er avril, alors, tu y vas ?


ÉM : Ah ben, bien sûr, c'est un rêve de gosse !

KM : Par contre, si Messaline appelle Bruce Dickinson pour te remplacer, tu ouvres la boîte à claques ?


ÉM : Non ! Je m'incline platement. C'est quand même un monstre de chant, de charisme. À un moment donné, il faut reconnaître ses limites. Je ferais volontiers le roadie pour lui apporter sa bouteille de flotte sur scène, y'a pas d'soucis !

KM : Est-ce qu'il y a un domaine où tu es vraiment nul ?


ÉM : Je suis un épicurien, j'aime la bonne bouffe, les bons vins, mais je suis quand même un piètre cuisinier… je suis vraiment nul ! J'arrive quand même à cuire des saucisses sur le barbecue, mais je ne peux faire que ça !

KM : Tu habites toujours à Bourg-en-Bresse ?


ÉM : Ouaih, je suis toujours un Bressan. Je suis même vice-président de l'Académie de la Bresse, une asso qui est là pour promouvoir le terroir, le sport, les entreprises, les artistes et tous les gens qui font vibrer la Bresse. Il y a notamment Georges Blanc (3 étoiles au Michelin depuis 1981), Laurent Gerra et les éleveurs de volaille. Je suis vraiment attaché à mon territoire.

KM : Qu'est-ce que tu chantes sous la douche ?


ÉM : De temps en temps, je chante les nouveaux morceaux de Messaline pour m'entraîner. Parfois, j'ai des mélodies qui me traversent l'esprit, donc après, je vais fouiller dans mes vieux vinyles pour vérifier si c'est bien l'artiste auquel je pensais. C'est des airs qui reviennent, on ne sait pas pourquoi. En ce moment, c'est "Jesus He Knows Me", une chanson de Genesis que je trouve hyper gaie.

KM : J'ai bien relu certains de tes textes — c'est chaud, très chaud ! Tu te rends compte qu'avec la nouvelle vague de puritanisme qui s'abat sur le monde, d'ici quelques années, tu pourrais être censuré et peut-être même condamné au bûcher ?


ÉM : Oui, peut-être, parce qu'aujourd'hui, les gens n'ont plus de recul, plus d'humour, ni de références. Ils ne savent plus ce qu'est le deuxième ou troisième degré. Dans certains de mes textes, j'égratigne un peu la religion, je fais du pseudo-satanisme, mais ça reste du grand-guignol. Dans mes textes, quand je dis "JE", les gens s'imaginent que c'est Chattos qui s'exprime, alors qu'en fait, j'incarne un personnage qui raconte sa propre histoire. Si tout est passé par le prisme du premier degré, tu ne peux plus rien créer.

Pour la couverture de l'album précédent (L'autel des possédés, 2018), on avait repris une photo d'un film italien où on voit une femme nue sur un canapé.

Quand Brennus l'a mis sur Deezer, on a été prévenus qu'il ne passerait jamais sur les plateformes aux États-Unis, parce qu'on voit un bout de téton. On a été obligés de mettre une petite étoile pour le cacher. Ils sont absolument géniaux les Américains, parce qu'à partir de 14 ans, tu peux avoir une kalachnikov, mais le petit bout de téton sur une pochette de Messaline a été censuré. C'est marrant, parce qu'on va censurer une pochette de Messaline, un groupe underground, par contre on va diffuser à la télé des heures de "Marseillais à Dubaï" ou je ne sais pas quoi, où c'est une débauche de vulgarité, une image complètement dégradée de la femme.

D'ailleurs, pour ça, les féministes, on ne les entend pas trop. Je suis féministe et j'ai des copines militantes, mais qui ne sont pas dans l'extrémisme. C'est la même chose pour les clips de rap, mais là, comme ça vient de la banlieue, on est obligé de dire que c'est bien... même si c'est de la merde. J'ajoute que ça peut être très bien, mais ça peut être ultra de la merde ! En plus, on balance des clips où les nanas sont en string à se frotter la chatte sur des bagnoles. Et pour ça, il n'y a pas une féministe pour monter au créneau, de peur de passer pour anti-jeunes ou anti-banlieusards. Si tu es une vraie militante, tu montes au créneau sur tout, et tu laisses le téton sur la pochette de Messaline !


KM : Je sens que cette question t'a bien mis en rogne !


ÉM : Non ! Non ! Non ! On peut dire les choses !

04_-_Live_Messaline

KM : Je vais te proposer des noms de personnalités. Je te demande juste de les qualifier en quelques mots.

- Johnny Hallyday — Bête de scène.


- Georges Brassens — À écouter avec plus d'attention. On ne voit que le côté Georges Brassens, avec sa grosse moustache et sa guitare qui fait poum ! poum ! poum ! Personne "dangereuse", mais dans le bon sens du terme.


- Gotlib — Un de mes maîtres. Dans l'humour et dans le dessin. Dans la BD française, il y a un avant et un après Gotlib. S'il y a eu les Nuls à la télé, c'est grâce à Gotlib.


- Janis Joplin — La voix du blues/rock.


- David Bowie — Un artiste complet. Mais, comme il a fait 15 milliards de trucs, je n'ai pas pris assez de temps pour entrer à fond dans son art. C'est de ma faute !


- Mylène Farmer — Je l'ai vue en concert, c'est une grande show woman. C'est la seule en France qui peut rivaliser avec les shows à l'américaine style Madonna. Son art est un vrai concept.


- Alexandre Astier (Kaamelott) — Humour décalé, dans la veine de Gotlib et des Monty Python. Je suis fan de Kaamelott. C'est super bien écrit, bien joué. Ça a été couillu de faire ça à la télé.

Je connais Jacques Chambon qui tient le rôle de Merlin, c'est un bon copain. Il était venu avec sa femme me voir en concert. On faisait un spectacle avec le guitariste de Diesel Dust, celui de Messaline et d'autres musiciens, autour du répertoire de Thiéfaine. À la fin du show, Jacques Chambon était venu me dire que dès le lendemain, il allait acheter les derniers albums de Thiéfaine.

Questionnaire Express - Tu es plutôt :

- Let It Be ou Let It Bleed (Stones ou Beatles) ? — J'ai toujours été plutôt Beatles.


- Tu préfères l'autoroute de l'enfer ou l'escalier pour le paradis (AC/DC ou Led Zep) ? — C'est cornélien, je vais te dire : L'autoroute pour le paradis ! Mais, s'il faut faire le choix ultime, ce serait Stairway to Heaven.


- Tu serais plutôt fiché S ou classé X ? — Classé X.


- Lavilliers ou Nougaro ? — Je n'ai pas eu la chance de voir Nougaro sur scène, donc je vais rester sur mes impressions, je dirais plutôt Lavilliers.


- Toute la musique que j'aime ou Couleur menthe à l'eau (Hallyday ou Mitchell) ? — Toute la musique que j'aime.


- Pour les vacances : tu préfères aller au Cap Ferret pour manger des huitres ou au Cap d'Agde pour manger des moules ? — Je vais dire au Cap Ferret, mais tu poseras la même question à mon ami Renaud Hantson qui te répondra le Cap d'Agde !


- Tu préférerais faire la première partie d'Iron Maiden au stade de France devant 80.000 personnes ou manger des cailles au fenouil en tête-à-tête avec Virginie Efira ? — (Hésitation) Aaaaaah ! Hé ben, première partie d'Iron Maiden au Stade de France, parce que sur les 80.000 personnes, je pense qu'il y aura au moins plusieurs Virginie Effira dans le public !

05_-_Les_Amis

KM : Un jour, Elton John a dit : « La meilleure chose dans le rock and roll, c'est qu'un mec comme moi peut devenir une star. » Est-ce que tu pourrais reprendre cette phrase à ton compte ?


ÉM : Ouaih ! Moi, je suis plutôt une starlette ! Quoique, avec mes dessins de presse… finalement, oui, je pourrais la reprendre !

KM : Selon toi, quel est le top 3 des plus belles chansons de tous les temps ?


ÉM : Bien sûr, il y a Child in Time de Deep Purple, Bohemian Rhapsody de Queen et après je vais rester dans les chansons épiques qui font dresser les poils avec Stairway to Heaven de Led Zep.

C'est vraiment des chansons où il y a de l'émotion, c'est trois monuments du rock, des morceaux composés entre 70 et 75. En plus, j'ajouterais Jealous Guy de John Lennon qui me fait vibrer à fond, plus qu'Imagine.

KM : La même question pour les meilleurs albums de tous les temps ?


ÉM : C'est difficile de passer à côté d'un album de Pink Floyd. The Wall, c'est quand même une pierre angulaire de l'histoire de la musique... ou même encore plus, Dark Side of the Moon, enregistré en 1973.

Le son est parfait, on se demande comment ils ont fait juste avec un 16-pistes.

Machine Head de Deep Purple, enregistré dans l'urgence, dans un hôtel de Montreux, c'est aussi un album parfait. Il y a aussi Harvest de Neil Young, un vrai bijou, avec des chansons acoustiques imparables. Et puis Who's Next, c'est un bon disque aussi ! Parmi les chefs-d'œuvre, je pourrais ajouter Rising de Rainbow, pour la quintessence du jeu de Ritchie Blackmore et la fusion incroyable avec Ronnie James Dio, et en parlant de Dio, j'ajouterais Holy Diver, son premier album solo, qui massacre tout.

KM : Le(s) meilleur(s) chanteur(s) rock/hard/metal de tous les temps ?


ÉM : Il y a Freddie Mercury, Ronnie James Dio, Ian Gillan, Robert Plant et Bruce Dickinson.


KM : David Lee Roth, tu ne le mettrais pas dans ta liste ?


ÉM : C'est un super show man, mais, pour moi, ce n'est pas un excellent chanteur. Je mettrais plutôt Chris Cornell, le chanteur de Soundgarden. Un putain de chanteur avec une voix incroyable, dans l'émotion, technique, sans trop forcer, un grain de voix très chaud, envoûtant.


KM : Et si je dis Bon Scott, tu valides ?


ÉM : Ah, bien sûr ! C'est LA voix d'AC/DC. Techniquement, ça n'a jamais été le meilleur, mais c'est la voix du rock.

KM : Il y a beaucoup de groupes de metal qui ont joué avec des orchestres symphoniques (Metallica, Scorpions, KISS). Tu serais tenté de faire ça avec Messaline ?


ÉM : Ah oui ! Et puis ça engagerait une réorchestration, on redécouvrirait des mélodies. Oui ça me brancherait beaucoup.

06_-_Messaline_Live

KM : Sur le dernier album de Messaline (Vieux Démons), il y a une palanquée d'invités. Franchement, tu les as payés au black ? Parce que sinon c'est tout le budget du disque qui y est passé !


ÉM : Non, je n'ai payé personne, parce que dès le départ, on voulait faire un disque avec nos copains. Évidemment, on aurait pu embaucher des grosses pointures, payées très cher et coller plein de stickers sur la pochette. Le concept du disque étant d'évoquer nos vieux démons, c'est-à-dire les groupes qui nous inspirent, il y a donc des clins d'œil à Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath, Ange, Hendrix et plein d'autres. C'est pour ça qu'on a préféré inviter des amis et que chacun apporte sa touche personnelle.

Ce sont essentiellement des musiciens locaux. Il n'y a que sur le dernier morceau (Orion Stargazer) qu'on a fait appel à des artistes plus connus, comme Renaud Hantson (Satan Jokers), Jo Amore (Nightmare), Tristan Décamps (Ange) et Pierre-Yves Theurillat (Galaad). Mais ils l'ont tous fait par amitié et pour nous faire plaisir.

KM : Tu connais sûrement "À propos de…", l'album de Ange, sur lequel ils ne font que des reprises. Est-ce qu'on pourrait envisager la même chose avec Messaline ?


ÉM : Peut-être pas sur un disque complet, plutôt un EP de 3 ou 4 titres. Ce serait envisageable.


KM : Surtout que vous avez déjà repris une chanson de Killers sur le premier album.


ÉM : On a fait aussi une reprise qui mêle Nougaro et Lavilliers. Ça s'appelle Nougat Noir, et c'est un medley de Nougayork et Idées Noires. Et sur "Vieux Démons", on a repris Par les fils de Mandrin de Ange.

KM : Est-ce que tu suis l'actualité des autres groupes de metal français : Gojira, Mass Hysteria, Killers, Trust…?


ÉM : Oui, bien sûr, je suis tous ces groupes-là. Comme tout fan de musique, parfois je suis agréablement surpris, mais parfois déçu aussi. Je suis un peu déçu par ce que Trust a fait dernièrement. En fait, musicalement, je trouve ça super intéressant, mais ça ne devrait plus s'appeler Trust. C'est du blues rock et c'est vrai qu'il y a des morceaux qui me plaisent bien. Je me mets à la place de ceux qui sont restés sur leur répertoire des années 80 et ne trouvent pas leur bonheur avec leurs dernières compos. Après, peut-être que je suis trop exigeant avec Trust !

KM : C'est quoi ton emploi du temps à venir ? Disque, concerts, tournée, festivals ?


ÉM : On a prévu d'entrer en studio en fin d'année pour enregistrer un EP. Les tournées, non, parce qu'on n'a pas les structures pour ça et puis je ne suis pas sûr qu'on puisse rameuter autant de public. C'est quand même très compliqué pour des groupes dans notre style qui peut sembler un peu daté pour certains. Évidemment, en France, il y a des groupes comme Gojira qui arrivent à remplir des salles, mais pour les autres ça reste compliqué. De plus, en début d'année, même si le prix des places reste raisonnable, les spectateurs ne se déplacent plus pour des "petits" groupes, parce qu'ils ont déjà bloqué leur budget pour le Hellfest.

En fait, nos concerts se font au coup par coup. Cet été, on a un concert en acoustique dans un festival près de chez nous. En septembre et en octobre, on a aussi deux concerts électriques, en Rhône-Alpes. Maintenant, on a un tourneur qui essaie de nous trouver des dates à droite et à gauche. Mais c'est toujours compliqué.

KM : Quel est ton rêve le plus fou pour l'avenir ? Ton Graal à toi !


ÉM : Le Graal pour Messaline, c'est un peu comme tous les groupes de metal, c'est d'avoir la reconnaissance nationale en jouant au Hellfest. Par contre, maintenant, il y a des groupes qui paient pour se produire dans ce genre de manifestations. Donc, le rêve reste de jouer au Hellfest, et d'être payés pour notre prestation.

KM : Sur scène, le kilt, c'est plus confortable que le moule-burnes imprimé léopard ?


ÉM : Oui, c'est beaucoup plus confortable. C'était à l'époque d'Absurd. On avait fait la première partie de Porcupine Tree à Lyon, et à la fin du concert, Steven Wilson, leur chanteur-guitariste m'avait dit : « Tiens, tu portes les fringues de Fish (chanteur de Marillion) ! » Je lui avais dit non, parce que si je portais ses fringues, ça me ferait une traîne ! Ouaih, moi je fais 1,70 m et lui presque 2 mètres !


KM : Et puis, question hautement philosophique : sous le kilt, slip ou pas slip ?


ÉM : À l'époque, j'avais quand même un caleçon ! D'ailleurs, je me souviens d'un concert qu'on avait fait dans un bar tenu par des motards à Chambéry, à la fin du show, une nana m'a soulevé le kilt et m'a mis la main au paquet pour vérifier. Je suis resté un peu estomaqué. Par contre, ma femme qui tenait le stand de merchandising n'a pas trop apprécié. Elle s'est précipitée sur la gonzesse, j'ai cru que ça allait partir en sucette, mais finalement, elle s'est calmée.

07_-_Chattos_Concert

 

KM : Sur scène, Messaline se produit avec deux jolies demoiselles comme choristes. C'est pour faire comme Boney M ?


ÉM : Déjà, je ne crois pas que ça soit des bonnets M, c'est plutôt des bonnets C ! Ça va leur faire plaisir de savoir qu'on les prend pour des potiches ! Mais, si elles sont là, c'est vraiment pour leur qualité vocale qui apporte une véritable plus-value.

KM : Est-ce que tu as des regrets par rapport à ta carrière de musicien ?


ÉM : C'est pas des regrets, on va dire que c'est des petits agacements, parce qu'on n'est pas le meilleur groupe de rock français, mais on n'est pas le plus mauvais non plus. Alors, c'est quand même un peu frustrant qu'on n'ait pas un peu plus pignon sur rue. Avec notre rock 70's mis au goût du jour, on espérait toucher une audience plus importante. Pour ça, il aurait fallu que les radios mainstream passent nos morceaux et qu'elles fassent simplement leur boulot de découvreurs. Les gens n'ont plus forcément la curiosité d'aller chercher l'information par eux-mêmes. Heureusement qu'il y a des fanzines, des blogs comme le vôtre ou des magazines comme Rock Hard pour nous soutenir. Il y a aussi toutes ces émissions de passionnés sur la FM qui nous ont fait beaucoup d'interviews. Évidemment, pour franchir un cap, il faudrait passer sur RTL2 !

KM : Le jour où tu arriveras au paradis (le plus tard possible, bien sûr !), tu iras voir qui en premier ?


ÉM : (Longue hésitation) Je pense que j'irai voir Léonard de Vinci. C'est le génie absolu. Dessinateur, peintre, inventeur, philosophe, un gars qui avait une vision éclairée sur la vie.


KM : Et tu n'irais pas voir un musicien ?


ÉM : Évidemment, j'irai voir Ronnie James Dio. Primo, parce que c'était un immense chanteur, mais qu'en plus c'était une belle personne, proche de son public, de ses fans. Même dans l'au-delà, je pense qu'il aurait encore beaucoup à nous apprendre.


KM : Léonard de Vinci et Ronnie James Dio, c'est pas mal.


ÉM : Ouaih, ça fait le grand écart !

KM : Il y a quelques années, Thierry Ardisson avait demandé à Keith Richards : « Quelle est la question la plus conne, qu'on t'ait posée ? » Il avait répondu : « Celle que tu viens de me poser ! » Et toi, quelle serait ta réponse ?


ÉM : Ah ! Je suis dégoûté, c'est exactement celle que j'allais te donner et pourtant je ne connaissais pas l'anecdote. Non franchement, quelle que soit la question qu'on me pose, même si elle n'est pas bien maligne, que tu sens que la personne n'a pas trop écouté ton disque ou que c'est tellement surréaliste, j'ai tellement de respect pour les gens que je tâche de trouver la réponse la moins conne possible.

KM : Maintenant, on va changer de rôle : si tu étais un petit blogueur dans un bled paumé (on va dire Bourg-en-Bresse, par exemple), et moi le chanteur de Messaline, quelle question tu poserais au chanteur de Messaline ?


ÉM : Je lui demanderais, mais qu'est-ce qui te force à continuer ? Tu sais très bien que tu ne pourras pas arriver à la notoriété, parce que la roue tourne et que tu n'as plus 20 ans. Qu'est-ce qui te motive autant à continuer de composer, faire des disques et des concerts dans le milieu underground ?


KM : Eh ben, le chanteur de Messaline que je suis te répondrait : la passion et le plaisir. Parce que c'est ce que j'ai ressenti en t'écoutant, tout au long de cette interview.


ÉM : Je crois que tu es entré dans mon cerveau et je pense que le prochain chanteur de Messaline, ce sera toi.


KM : Ah, non ! Ne m'embauche pas comme chanteur parce que, si comme tu le dis le groupe n'est pas très haut, avec moi, il ne pourra que redescendre encore plus ! Donc restes y encore quelques années !!!

KM : Dernière question. Après cette extraordinaire interview, est-ce que tu penses que je peux postuler à France 2 pour prendre la place de Michel Drucker ?


ÉM : J'espère bien, mais tu as encore quelques années devant toi, parce que ce monsieur se trouve encore indispensable à la télé. Il ne veut pas lâcher son canapé rouge !


KM : Et il n'y aurait pas moyen que tu me pistonnes ?


ÉM : Malheureusement, je n'ai pas mes entrées à France 2 !

 

08_-_Groupe_Messaline

 par Keith Michards


Il n'est bien entendu pas possible de mettre en téléchargement les albums de Messaline car ils sont en vente sur le site du groupe, vous pouvez également y trouver les albums d'Absurd pour un prix très raisonnable.

 

c'est ici


Les disques de Messaline sont disponibles également sur les plateformes de streaming.


Malgré tout Francerock70 vous offre encore un live inédit d'Absurd enregistré à Longlaville en 2002.

longlaville_front

 


Cerise sur le gâteau un autre live d'Absurd " Porcieu 2001" également inédit mais réservé  uniquement pour les abonnés, on les gâte mais c'est normal ils participent de différentes façons au blog.

porcieufront


Merci à Eric Martelat pour le live à Porcieu et les interviews et pour les CD, Merci à PHIL TOP pour le live à Longlaville, Merci aux abonnés pour leur soutien à Francerock70.

Pour les abonnés, n'oubliez pas de répondre aux questions du petit concours pour gagner :

1 CD de Messaline " Vieux démons",
1 CD d'Absurd "Pour un oui, pour un nom",
1 CD de Maï ak Affair "un monde merveilleux"


Mister Pat


En écoute : Messaline "Vieux démons"

Plus dans la même veine