Nous avions laissé la belle Marjolène Morin après qu'elle eut quitté le groupe Corbeau en 1984. Mais rassure-toi, lecteur adoré, quand on possède une telle voix et un tel charisme, il est rarissime qu'on se retrouve à faire des réunions Tupperware pour faire bouillir la marmite.
À peine le temps de remettre en ordre sa crinière léonine, que la demoiselle s'était déjà lancée dans une carrière solo, secondée par Jean Millaire, ex-guitariste de Corbeau.
Le premier album (Celle qui va) sort en 1986, suivi, quatre ans plus tard, de celui qui nous intéresse aujourd'hui. S'éloignant du hard pêchu de l'oiseau noir, Mam'zelle Marjo étale tout l'éventail de son talent, aussi bien en tant que chanteuse (on le savait déjà), mais aussi comme parolière extrêmement raffinée.
Elle alterne avec élégance les mélodies suaves et les rocks FM efficaces. Les deux disques s'écoulent par centaines de milliers et squattent les hits-parades québécois pendant des mois. En 1987, elle est même élue interprète féminine de l'année.
Bien que sa discographie ne soit pas foisonnante, Marjo demeure encore aujourd'hui, après plus de quatre décennies de carrière, l'une des artistes les plus populaires au Québec et une performeuse toujours aussi énergique et pulpeuse.
titre en écoute : Y'a des matins
Keith MICHARDS






