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Chroniques

Marie-France

francerock703 février 2025

Les Archives de Pierre Mikaïloff MARIE FRANCE FROM PARIS (Interview réalisée en 2008 pour Rock&Folk) D’emblée, Marie France donne le ton : « Il faut parler du présent, hein ! On v…

Marie-France

Les Archives de Pierre Mikaïloff

 

 

MARIE FRANCE FROM PARIS
(Interview réalisée en 2008 pour Rock&Folk)


D’emblée, Marie France donne le ton : « Il faut parler du présent, hein ! On va pas encore revenir sur les vieux trucs… » C’est vrai que, depuis quelque temps, Marie France n’arrête plus. L’année a commencé avec un nouvel album très électrique, enregistré avec le groupe belge Phantom. Elle sort un maxi en septembre, « Marie-Antoinette Is Not Dead », basé sur des écrits de la défunte reine mis en musique par Jac Berrocal et Jack Belsen. Et elle revient sur les écrans dans un film de Yan Gonzalez, « Petites filles, je vous hais », en compagnie d’Eva Ionesco, ainsi que dans le documentaire « Alain Kan, l’enfant maudit du rock ».

« Je suis comme un moteur toujours en marche… », ajoute-t-elle, en évoquant ses prochains concerts ou l’album à venir, avec Seb Martel. On y trouvera des chansons de Marc Almond et de Jacques Duvall, et une amie des temps héroïques, Chrissie Hynde, lui donnera la réplique sur un titre.

Mais nous n’aurons guère le temps de feuilleter l’album souvenir, même si, au fil de la conversation, surgiront les silhouettes familières de Mirwais, Daniel Darc, Mondino, Nico ou Alain Kan (qu’elle décrit comme « un jeune homme précieux qui faisait des numéros précieux : il sortait d’une boîte de bonbons et commençait à chanter de gentilles chansons. ») Nous renvoyons donc les nostalgiques à son autobiographie, « Elle était une fois », parue chez Denoël, l’an dernier.


L’ÉNERGIE DES ANNÉES 1960

Pierre Mikaïloff (Rock&Folk) : Sur ce nouvel album, « Phantom featuring Marie France », tu retrouves ton premier parolier...

Marie France : C’est un trésor inépuisable. Tout est bon dans le Duvall ! Depuis les premiers textes qu’il m’a écrits, en 1977, jusqu’aux derniers, il y a toujours cette ligne parfaite. Il est unique, décalé, détaché… Quand il fait une chanson triste, on est détruit par la tristesse, mais on renaît de ses cendres, on n’est jamais par terre.

Pierre Mikaïloff : Le son est très rock…

Marie France : C’était un rêve de refaire du rock. J’aime l’énergie des années 1960. Le premier disque que j’ai enregistré dans ma vie était même punk ! Duvall et Benjamin Schoos ont écrit les chansons très vite et on a tout enregistré en un week-end.

Pierre Mikaïloff : Sur l’album précédent figurait quelqu’un qui s’apprêtait à faire un carton mondial...

Marie France : Mirwais ! J’ai travaillé avec lui à une époque où il mangeait un sandwich grec par jour. Il était très chouette, il avait vraiment envie de faire cet album. C’était juste avant Madonna. Avec l’avance qu’il a reçue pour mon disque, il a pu s’acheter la console sur laquelle il a enregistré « Music ». C’est un conte de fée, sa vie !

Pierre Mikaïloff : On trouvait aussi un texte de Daniel Darc…

Marie France : Darc, c’est très affectif. Je suis tellement heureuse qu’il aille bien, qu’il s’en soit sorti. Les Taxi Girl, ils ont la chance avec eux !

 Pierre Mikaïloff : Vous vous connaissez bien ?

Marie France : Au début des années 1980, on se croisait aux mêmes fêtes. Jusqu’au bout de la nuit, dans n’importe quel état... Mais on n’aurait pas fait de musique ensemble. A ce moment-là, on ne pensait pas à bosser !

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DÉTERRER JIM MORRISON AVEC NICO

Pierre Mikaïloff : Tu as vraiment essayé de déterrer Jim Morrison avec Nico ? 

Marie France : Non, non, non ! Nico habitait parfois à Montparnasse, chez Willy Maywald. Nous passions des soirées à boire de la vodka et à prendre des substances. Quand elle était bien partie, elle me disait : « Ecoute, faut que tu m’aides. Il faut ABSOLUMENT que tu m’aides à déterrer Jim Morrison ! » Je trouvais ça un peu bizarre, quand même, mais, comme Nico me le demandait, j’étais à deux doigts de le faire. Elle disait qu’il lui appartenait.

PLUS UNDERGROUND QUE L’UNDERGROUND, C’EST MOI 

Pierre Mikaïloff : Comment expliques-tu que tu n’aies pas enregistré davantage de disques ?

Marie France : Je suis une artiste underground. Plus underground que l’underground ! J’en sors pas, tu ne me verras jamais dans un circuit hypercommercial.

 Pierre Mikaïloff : C’est par choix ?

Marie France : Non, ça m’étonne moi-même. Je n'ai jamais cessé de chanter… Je dois être un peu boycottée pour ne pas faire le jeu de certains médias. On a vite fait de m’entraîner sur un terrain qui touche ma vie privée. Mais je ne veux pas ça, je mets des barrières. Ce qui fait que je reste underground. Mais je suis très heureuse de ma trajectoire artistique, j’aime avancer comme ça.

Pierre Mikaïloff : Comment as-tu perçu la chanson de Bijou qui te rendait hommage ?

Marie France : Je rêvais de chanter du rock à l’époque, mais je ne faisais que du cabaret. Pourtant, j’allais danser toutes les nuits au Rock & Roll Circus et je ne voyais que des rockers. Ils voulaient tous coucher avec moi, mais aucun ne me proposait de bosser avec lui ! Sûrement parce que je n’étais pas un personnage qui donnait confiance. Un jour, je tombe sur le premier album de Bijou où il y avait ce titre, « Marie France ». J’ai trouvé ça charmant et j’ai voulu les rencontrer. Je leur ai dit : « Je rêve de faire un album rock ! Pourriez-vous me présenter des musiciens qui accepteraient de jouer avec moi ? » Ils m’ont répondu d’une même voix : « Mais… Nous ! Pourquoi veux-tu chercher d’autres musiciens ? » On s’est mis à bosser et on a enregistré « 39° de Fièvre ». Mondino a fait la pochette. C’est devenu un album culte.

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COMMENCER PUNK ET FINIR ZEN

Pierre Mikaïloff : Sur le dernier album, tu montres un visage de chipie, voleuse de mecs, impitoyable envers les autres nanas. Tu es ce personnage ?

Marie France : Non ! Je suis comédienne, je rentre dans la peau du personnage. J’ai été très chipie, mais c’était malgré moi. Je ne suis plus comme ça, je me suis calmée, j’aime bien avoir mon amoureux. Mais, sait-on jamais, un volcan peut se réveiller ! En tout cas, j’aime les rapports clean, maintenant. J’aime bien être zen. Je trouve que c’est bien de commencer punk et de finir zen.

Pierre Mikaïloff

 

 

En écoute : Chez Moi À Paris

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