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Francerock70 — Le blog du rock français
Chroniques

Malek

francerock7024 mai 2026
Malek

Longtemps resté dans l’ombre, Jean‑Paul Malek fait partie de ces figures discrètes mais essentielles de la pop française des années 60 et 70. Ami d’enfance de Gérard Manset, il partage avec lui les débuts d’une aventure artistique singulière, à une époque où la chanson française commence à s’ouvrir à la pop psychédélique et aux expérimentations sonores.

Sous le nom de Laurent Malek, il enregistre plusieurs 45 tours dès 1966. Manset écrit alors une grande partie des textes et participe à l’univers musical de ces premiers enregistrements. Ensemble, ils développent une esthétique atypique, poétique et parfois très en avance sur leur temps.

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Le duo fonde ensuite le célèbre Studio de Milan à Paris, véritable laboratoire sonore où seront enregistrées plusieurs œuvres majeures de Manset dans les années 70. Jean-Paul Malek y joue un rôle essentiel comme réalisateur artistique, arrangeur et ingénieur du son. Derrière le mythe du solitaire Gérard Manset, Malek apparaît souvent comme un compagnon de route indispensable, discret mais influent.

En 1977, Jean-Paul Malek publie sous son propre nom un album publié sur le label Polydor, deux titres sont écrits en collaboration avec Manset, Louis Chédid est également présent sur ce disque.

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Il tentera une nouvelle fois sa chance en 1979 avec l'album "J'ai pas l'temps" toujours chez Polydor, cette fois-ci le disque est entièrement composé et écrit par ses soins.

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Le succès n'étant toujours pas au rendez-vous, le chanteur s’éloignera progressivement de la lumière pour se consacrer au travail de studio et à la production.

L’album de 1977 de Jean‑Paul Malek ressemble à un disque fantôme de la pop française. Peu connu, il possède pourtant ce charme étrange des œuvres marginales qui échappent aux modes.

On y retrouve partiellement l’influence de Gérard Manset : mélodies flottantes, textes rêveurs, atmosphères nocturnes et arrangements soignés. Mais Malek apporte quelque chose de plus fragile, presque désabusé.

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Les morceaux oscillent entre pop mélancolique, chanson psychédélique et soft rock très marqué par les années 70. On sent l’importance du travail de studio. Le titre « C’est depuis peu qu’on s’aime un peu », coécrit avec Manset, résume parfaitement cette esthétique suspendue entre romantisme et spleen urbain.

L’album possède aussi cette qualité typiquement française de l’époque : une volonté de faire de la pop adulte, ambitieuse, sans chercher le tube immédiat. Cela explique sans doute pourquoi le disque est passé relativement inaperçu à sa sortie.

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Aujourd’hui, ce disque apparaît comme un témoignage précieux d’une scène parallèle française où des artistes comme Manset, Malek ou quelques autres cherchaient à inventer une musique personnelle, littéraire et cinématographique. Un album discret, mais profondément attachant.

Disque fourni par Chatrick (merci)

Article par Mister Pat

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