Si ne serait-ce qu’une seule personne ici découvre cette petite ritournelle seulement à la faveur de cet article, je veux bien me faire moine. Parce que bon, en 1987, à moins de vivre dans un bunker sécurisé au fin fond du Larzac, il était quasi impossible de ne pas s’accrocher aux Porte-Mentaux en allumant la radio et même en regardant Guy Lux !!!!
Mais avant d’être le groupe d’un seul titre, Michel « BB » Paul et sa bande écumait le circuit punk depuis 1978 aboutissant sur un album en 1986. Alors autant dire que ce succès quand même un peu inespéré n’a pas plu, mais alors pas du tout, à la secte des vénérateurs de l’épingle à nourrice ! Et que dire de l’album suivant, Les Misérables en 1989, qui a évidemment essayé de capitaliser sur ce succès et qui s’est évidemment cassé les dents ! On ne fait pas 2 fois le coup aux accrocs du Top 50 !!!
Bon, faut relativiser un peu quand même. S’il est vrai que la zik est un peu édulcorée, le style n’est pas si différent du premier album du groupe, d’autant que beaucoup de titres, Elsa Fraülein en tête, dataient de bien avant les feux de la rampe. C’est surtout la prod léchée qui fait la différence, faisant passer le punk des débuts à une sorte de hard mainstream, un peu ce que le panaché est à la bière!D’un autre côté, le punk des Porte-Mentaux n’avait jamais été non plus très féroce musicalement parlant. Les textes restent les mêmes, contestataires et politisés, et on n’est pas sur du « c’était chouette quand on courait tous les deux nus sur la plage ».
Pour en revenir à la petite Elsa, c’est l’histoire d’une jeune fille dans une ville coupée en 2 en une nuit par des maçons bigrement efficaces qui rêve de voir si à l’ouest il y a du nouveau ! Gageons que le 9 novembre 1989 ses rêves de liberté se sont réalisés et que son histoire s’est mieux terminée que pour les Porte-Mentaux qui se sont sûrement pris le mur sur le coin du nez.
De temps en temps il faut quand même péter un bon coup, respirer (enfin, bon, préférez l’inverse quand même), tomber les oeillères et apprécier les choses pour ce qu’elles sont plutôt que pour la posture d’abruti puriste moyen. J’ai toujours adoré ce titre, tout comme j’aime le 1er album, et si on avait eu plus de « guimauve » de ce genre à la télé je ne me serais pas vraiment plaint.
Pour l’anecdote le titre est emprunté à un film français de nazisploitation paru en 1977, Elsa Fraülein SS de Patrice Rhomm. Et ce qu’il y a de merveilleux avec ces petits 45 tours c’est que souvent les gens ne savent même pas qu’ils ont une face B car, il faut bien le dire, le fan moyen de musiques « commerciales » est aussi abruti que le puriste et ne s’intéresse qu’à ce qu’on lui bassine à longueur de journées.
Grave erreur, car en l’ occurrence la face B, Juste Une Bombe, est un petit brulôt à vous détraquer tous les pacemakers des téléspectateurs de Champs-Elysées … (Michel, si tu nous regardes … ) Pour moi un des tous meilleurs titres du groupe.
Pour la suite de l’histoire de « BB » et de ses copains Marc « Koko » Faisan (batterie) , Fabrice Paligiano (guitare) et Sylvain Thollon (basse), ou plus exactement les débuts, mon petit doigt me dit que vous devriez revenir ici dans 1 ou 2 jours …
Nouveau lien incluant le single de 1987 et le maxi-single remix de 1988. Grand merci à b.bebe pour le rip (depuis un cd).
2ni the cat



