Soir de concert, Les Fils de Joie et The Janas's au Petit Bain à Paris le 19/12/2025
Une fois n'est pas coutume, mais je m'offre mon cadeau de Noël six jours avant l'arrivée du bonhomme ventripotent, Effectivement, le 19/12/2025, j'ai rendez-vous avec un groupe toulousain qui marque ma jeunesse : Les Fils de Joie.
L'histoire qui me rattache à eux est assez ancienne puisqu'elle remonte au mois de septembre 1979 quand je les vois à Colomiers (banlieue de Toulouse). De ce concert, ou plutôt de l'avant-concert, il reste quelques images tremblotantes filmées avec la caméra Super 8 que j'emprunte ce jour-là à mon père. On les retrouve dans ce clip réalisé par le groupe en 2022.
Mon deuxième rendez-vous avec les Fils de Joie a pour cadre le festival Graffiti Rock à Tours en février 1985 puisque j'y enregistre une grande partie de leur passage que j'ai mis sur YouTube.
Et voilà que 40 ans après je m'apprête à célébrer des retrouvailles avec ce groupe issu de la vague punk qui déferle sur la ville rose à la charnière des années 70 et 80, Les membres d'origine, connus d'abord sous le nom de Fly Killers, s'adonnent à l'époque à des reprises des Ramones. Par la suite le répertoire évolue ainsi que le nom puisqu'il est décidé, à l'instar des faux frères Ramones, qu'ils adoptent tous le patronyme de Joie. Ainsi naissent Les Fils de Joie.
Durant l'année 1985-1986, après trois 45 T et une participation à la compilation « Éphémère compilation volume 1 » sortie par la radio toulousaine FMR (chronique à lireICI), le groupe se sépare et s'endort pour un long sommeil uniquement troublé par deux apparitions remarquées dans les compilations « Des jeunes gens modernes » en 2009 et 2015.
Ce long sommeil prend fin en 2020 quand Olivier de Joie (le chanteur) décide de réveiller la belle au bois rockant. Ce sont d'abord la parution de deux compilations (uniquement numériques) : « Arrête ça c'est trop bon » (10 titres couvrant la période 1979-1982) et « Anthologie des idées noires » (13 titres couvrant la période 1982-1985).
En 2023 paraît l'album « Nous ne dansons plus la nuit » sur le label Pop Sister Records comprenant des titres emblématiques. Dans la foulée, Les Fils donnent quelques concerts pour célébrer cette sortie. On retrouve des extraits de ceux-ci sur le double album live « Les Fils de Joie en public » édité par le label Twisted Soul Records en 2025. On y trouve 22 titres, issus des prestations de La Dame de Canton à Paris (24/11/2023), du Floride de Nantes (09/06/2024) et de la Fête de l'Humanité à La Courneuve (16/09/2025).
Par ailleurs Olivier de Joie me fait part d'un projet commun avec Les Calamités à Paris fin décembre 2025. Ce serait, en quelque sorte, la célébration du quarantième anniversaire du concert que ces deux groupes donnent ensemble le 30/04/1985 lors de la Nuit du Rock à l'École centrale de Châtenay-Malabry.
Malheureusement ces retrouvailles n'ont pas lieu. Les Calamités n'étant pas disponibles pour ce 19/12/2025. Elles sont remplacées par The Jana's de Marseille. Ce groupe comprend Daniel Sani (alias Dan Imposter, guitariste très classe qui me rappelle Vincent Palmer de Bijou), Jana (chanteuse originaire des Philippines), Fred Vaillant (basse) et Jean-Michel Gambino (batterie).
C'est donc à l'invitation des Fils de Joie que je me retrouve ce 19/12 au pied de la péniche café-concert Le Petit Bain dans le 13ᵉ arrondissement à Paris. L'environnement est assez majestueux puisqu'il est dominé par les quatre tours de la Bibliothèque nationale de France figurant quatre livres ouverts. Je monte à bord au moment de la balance des Jana's, balance qui laisse bien augurer de ce que va être leur set.
Pour cette date parisienne, les Fils de Joie sont six, de gauche à droite sur la photo ci-dessous : Guillaume Thiburs (batterie), Jean-Marc Leclercq (basse), Fred Damiens (saxophone), Charles Ash (guitare), Olivier de Joie (chant, guitare) et Stéphan Bertholio (claviers).
Un petit tour dans la loge du groupe me permet de faire la connaissance d'une partie de l'équipe avant que je ne file dans la salle me trouver une bonne place.
The Jana's attaquent bille en tête un répertoire mêlant leurs propres titres et des reprises dont « Baby Please Don't Go », « Dirty Water », « Good Lovin' », « Cherry Bomb » (explosif duo entre Jana et Alicia Fiorucci, invitée de marque) et « Fire » (également en duo avec Alicia Fiorucci). Cerise sur le gâteau des reprises, on a droit à « Pas la peine », hommage aux grandes absentes de la soirée, Les Calamités, et gros succès pour The Jana's.
Mais il est temps de passer au plat principal de ce dîner de fêtes, à savoir les Fils de Joie. La sélection de 20 titres (voir setlist ci-dessous) fait un répertoire très homogène alternant les « historiques » des années 80, des plus récents et d'autres devant se trouver sur l'album prévu pour 2026.
La salle (très) bien remplie par environ 350 personnes tous âges mêlés (pour une jauge maximum de 400) répond au quart de tour. C'est une bonne surprise pour moi de constater qu'il n'y a pas que des sexagénaires, des beaucoup plus jeunes sont là et ils ne sont pas les derniers à connaître les paroles et à les entonner à pleins poumons. Je ne suis pas venu pour ça mais j'aurais bien fait une étude sociologique sur les motivations de ces spectateurs qui étaient loin d'être nés quand les Fils de Joie poussaient leurs premiers vagissements. En tout cas, personnellement, je bois du petit lait.
Pour rappel, Les Fils interprètent « Adieu Paris » (tube désabusé et inoxydable se trouvant sur un 45 T autoproduit en 1982) et « Le Bon Dieu n'a pas voulu de moi » (la chanson d'un survivant de la vie enregistrée en 1986 avec laquelle ils terminent quasiment tous leurs concerts). La version proposée dans cette vidéo est enregistrée le 24/11/2023 sur une authentique jonque chinoise, La Dame de Canton, amarrée juste à côté du Petit Bain.
Après le concert vient le moment de l'after où je profite de la présence d'une grosse colonie de Toulousains de Paris pour mettre enfin des visages sur des noms avec qui j'échange virtuellement dans le cadre de la résurgence des archives du rock de la ville rose.
Voilà, la boucle est bouclée. En attendant la sortie d'un album prévu en 2026, je me dis que, 40 ans après, Les Fils de Joie réalisent enfin la carrière qui aurait dû être la leur après la séparation en 1986. Je pense (mais ça n'engage que moi) qu'après toutes ces années nous danserions encore la nuit à l'écoute de leurs titres.
On peut toujours rêver… Merci Les Fils de Joie…
PS : le concert ayant été filmé dans son intégralité, la vidéo correspondante ne devrait pas tarder à sortir. Affaire à suivre donc.
par Jeremy braGxon










