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Chroniques

Les Désaxés (Live inédit)

francerock7021 janvier 2023

Voici le second article concernant un groupe que je trouve particulièrement intéressant "les désaxés". Je ne reviendrais pas sur l'histoire des Désaxés car une biographie très com…

Les Désaxés (Live inédit)

Voici le second article concernant un groupe que je trouve particulièrement intéressant "les désaxés".

Je ne reviendrais pas sur l'histoire des Désaxés car une biographie très complète est déjà disponible ICI.

Cette formation des années 80 a connu un certain succès à l'époque, il faut avouer que leur musique était très sympa, un rock plein d'énergie fait pour les teenagers et les charts.

Les_Desaxes_4_1982

Des titres qui vous donnent bien sûr envie de taper du pied, les "désaxés" évoluant dans le revival "sixties" mais avec modernité.

Les singles sont d'ailleurs toujours disponibles chez nous, alors ne boudez pas votre plaisir allez faire un tour sur FR70

pour récupérer la compile.

L'histoire avec cette compile aurait pu se terminer là, mais surprise, un des abonnés à Francerock70 est l'ex guitariste-chanteur du groupe Pierre Mikaïloff.

PM_Desaxes_1984004

Celui ci m'a contacté par mail car il apprécie beaucoup le blog, il a eu la grande gentillesse de m'envoyer un concert inédit des "désaxés" un live enregistré à Strasbourg datant de 1983.


Et ça ne s'arrête toujours pas là car Pierre Mikaïloff m'a accordé également une interview express. Un entretien où il revient avec moi brièvement sur "les désaxés ", me livre ses goûts personnels et m' en dit un peu plus sur la suite de sa carrière.

Pierre que j'ai eu au téléphone est vraiment un garçon très sympathique, je le remercie chaleureusement pour m'avoir donné les photos et le concert inédit.

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L'interview :

Mister Pat : Pierre avant de faire partie du groupe "Les Désaxés" peux tu me résumer ton parcourir musical.

Pierre Mikaïloff : Avant Les Désaxés, c’est vite résumé : dès l’instant où je découvre le rock, à 12 ans, ça devient une obsession. Je reçois ma première guitare en cadeau d’anniversaire à 14 ans et, à partir de là, je forme mes premiers groupes, au collège d’abord, tour à tour chanteur, bassiste et enfin guitariste. Lorsque je me suis fait définitivement éjecté du système scolaire, à 17 ans (je n’étais pas un élève très sérieux ni très motivé), je décide de bosser à fond la guitare et de chercher des musiciens avec un peu d’ambition. Je vais rencontrer beaucoup de musiciens velléitaires avant de rejoindre enfin Les Désaxés, à l’été 1982.

Les_Desaxes_3_1982

MP : Quel est ton titre préféré des "Désaxés" ?

MP : Je songe d’abord à la scène, parce que finalement, c’est peut-être le plus important, je dirais « Toute la nuit » qui était très excitant à jouer, pour le côté rock’n’roll, et c’était aussi un bonheur de jouer « Tout ce que je veux », notre titre le plus connu, qui fonctionnait hyper bien.

MP : Ton meilleur souvenir de concert avec Les Désaxés ?

PM : Il y a en a beaucoup, mais je me souviens particulièrement d’un concert à Troyes, où sur « Terrains vagues », il s’est passé un truc particulier. J’ai eu l’impression qu’on était tous en contact télépathique, le morceau a décollé tout seul, comme en pilotage automatique, on était portés par un mur de son, c’était incroyable ! Je précise qu’on n’avait pas consommé de produits « bizarres ». Par la suite, j’ai lu des interviews de groupes qui parlaient de la même expérience, notamment les Who et Noir Désir. Les liens au sein d’un groupe sont assez mystérieux et magiques.

MP : As-tu une anecdote particulière à me raconter concernant le groupe ?

PM : Les anecdotes ne me reviennent jamais en mémoire quand j’en ai besoin, mais je me souviens d’un truc assez impressionnant en 1987, lors d’une tournée d’été avec le Podium RMC. Les jauges les plus basses étaient de 5 000 spectateurs, c’était déjà assez fou, mais, un soir – à Argelès, je crois –, le public a été estimé à 35 000 personnes. À la fin du concert, lorsque l’on a voulu partir, on s’est aperçu qu’il y avait un léger problème : il y avait tellement de monde, tellement de voitures bloquées sur des kilomètres qu’il était impossible de bouger. C’est à ce moment qu’on a vécu une scène digne de la Beatlemania quand les gendarmes ont proposé de nous exfiltrer. Et nous sommes partis dans leur véhicule, sirène hurlante et fendant la foule. Pendant vingt minutes, nous nous sommes pris pour les Fab Four.

PM_Desaxes_Bibus_1982_2009

MP : Après le split du groupe tu collabore avec Jacno, tu peux m'en dire un plus ?

PM : Je l’ai rencontré pour la première fois avec Les Désaxés. Nous l’avions approché par l’intermédiaire des éditions PolyGram, chez qui nous étions sous contrat, pour lui proposer de produire notre album. Il avait écouté les maquettes et avait accepté, il était super enthousiaste, on s’était rencontrés dans un bar à cocktails près des Champs pour faire connaissance, ça se passait super bien, mais notre label, Philips, n’a jamais débloqué les fonds pour qu’on enregistre cet album. C’est tellement dommage... Ensuite, il va traverser une période très noire avec la perte de Pauline Lafont. Je l’ai revu, et vraiment connu, en 1994, grâce à Vincent Frèrebeau qui lui avait donné mon téléphone lorsqu’il cherchait un guitariste. Pour moi, ça a été fabuleux de jouer avec lui. Il avait une telle présence, un tel magnétisme. Il y a des gens dont tu te dis qu’ils sont à part, différents, hors du commun. Il en faisait partie, comme Higelin, comme Arno… C’était un grand musicien, un grand producteur, et, surtout, c’est devenu un ami très proche. Un bel être humain, ou plutôt : une « belle bécane », pour reprendre une de ses expressions favorites.

MP : Je sais que tu as enregistré des titres en solo, mais les maisons de disques n'en ont pas voulu, d'après toi pourquoi?

PM : Peut-être que ma voix était un peu fragile, pas assez travaillée. Peut-être aussi ai-je fait l’erreur d’enregistrer une maquette de six titres (dont l’un figure sur la compile de Noël de Francerock70) qui partait un peu dans tous les sens, musicalement. Manque d’unité. Peut-être que ça ne correspondait pas à ce que cherchaient les labels au début des années 1990. Pourtant l’ami qui démarchait pour moi avait eu de super rendez-vous avec des majors qui se disaient intéressées. Et puis rien !

Les_Desaxes_7_1983_recadree

MP : Tu as de nombreuses cordes à ton arc écrivain, journaliste etc. Quand on voit ta bio c'est impressionnant, comment arrive tu a tout concilier ?

PM : Écrivain et journaliste, c’est assez complémentaire. J’adore le journalisme pour le côté interview, pour les reportages aussi. Sans quoi, je passerais mes journées enfermé devant mon ordinateur ! Quand tu fais ce job par passion, tu en acceptes les bons et les mauvais côtés, les périodes creuses et celles où il faut produire de la copie. Avec le temps, tu apprends à t’organiser.

MP : Alain Bashung entre autre a pour toi une importance particulière, puisque tu as fait sa biographie qu'est ce que tu aimais chez lui ?

PM : Avant tout j’ai aimé un personnage décalé par rapport à la chanson française. J’avais été intrigué par Roulette russe, son second album. Par la pochette, ambiance nocturne, et par les textes qui parlaient de suicide, de solitude, de défonce. C’était très bien écrit, hyper bien produit. Et « Gaby » est arrivé et ensuite l’album Pizza, et là je suis devenu fan. J’ai écouté cet album pendant tout l’été 1981. Il n’y a rien à jeter dessus. Ensuite, Bashung va nous surprendre avec Play blessures, et là tu te dis qu’il va falloir suivre ce loustic de près ! C’était un putain de défricheur, et cela jusqu’au bout. Bashung était la référence absolue pour tout le monde. On attendait ses albums, ses tournées. Lui aussi était à part, inclassable.

MP : On passe à une partie différente de l'interview si tu veux bien !

Quel est le premier disque que tu as acheté ?

PM : Ce devait être un 45 tours de Slade, « Far, Far Away », que j’ai toujours d’ailleurs, et qui fait partie de la BO de leur film : Slade in Flame. Excellent film, sur l’ascension et la décadence d’un groupe de rock fictif.

MP : C'était qui tes idoles quand tu étais ado ?

PM : Johnny Hallyday, jusqu’à Hamlet, qui n’était pas très bon, j’ai regretté de l’avoir acheté ! J’ai aussi énormément écouté Slade, Status Quo, puis les Rolling Stones, Ange, Téléphone. Eddy Mitchell aussi a été très important, j’adorais ses textes, mais j’ai été très déçu en le voyant sur scène, au Palais des Sports en 1976, ce n’était pas vraiment rock’n’roll. Et j’allais oublier Gene Vincent et Chuck Berry !

MP : Tes groupes et artistes français préférés des années 80 ?

PM : Bashung, Gainsbourg, Téléphone, Taxi Girl, Bijou, les Dogs évidemment, les Fanatics, j’avais bien aimé Écoute Maman, je pense qu’ils avaient un potentiel, Kat Onoma, le 1er album des Snipers, j’ai beaucoup aimé Factory aussi, qui prouvait que pour un gamin né dans une cité de la banlieue lyonnaise, il y avait moyen d’échapper à l’usine ou au chômage… Ce sont les premiers noms qui me viennent à l’esprit.

MP : Qu'est ce que tu écoutes actuellement ?

PM : Toujours les mêmes vieux trucs : Stones, Lou Reed, Chicago, Iron Butterfly… Un peu de tout, en fait. L’écoute d’un album en appelle un autre. J’écoute un Flamin’ Groovies et juste à côté se trouve un Fleetwood Mac ou un Kim Fowley… Et ça finit sur la platine.

MP : Cite-moi les 3 albums que tu emmènerais sans hésiter sur une ile déserte ?

PM : Low, David Bowie
Ram, Paul & Linda McCartney
Made in the Shade, The Rolling Stones
En espérant qu’il y aura de l’électricité sur l’île déserte…

MP : Ton plat et ta boisson préférée ?

PM : Poulpe grillé et Johnnie Walker Black Label (on the rocks).

MP : Si tu étais chroniqueur à Francerock70 quel est l'album rare que tu nous présenterais ?

PM : Peut-être l’album d’Écoute Maman, que j’avais vu sur scène à La Fête de L’Huma en 1979. Ils étaient excellents sur scène et c’est dramatique que leur potentiel n’ait pas été convenablement exploité en studio, mais l’album reste intéressant.

MP : Est-ce que tu fais toujours de la musique ?

PM : Honnêtement, non, à moins que taper sur le clavier de mon ordinateur soit de la musique ?

MP : Quelle est ton actualité, qu'est-ce que tu fais en ce moment ?

PM : J’ai commencé à travailler sur un roman graphique avec un illustrateur. C’est tout nouveau, on commence tout juste…

MP : Dernière question qui me permet de plagier un grand magazine de rock français, Beatles ou Rolling Stones ?

PM : Définitivement, Rolling Stones, mais les Beatles ne sont pas mauvais, avec un peu de travail, ils arriveront quelque part !

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La chronique :

les_desaxes_strasbourg_le_bandit_Automne_1983_front_cover

Dès la première écoute de ce live j'ai été surpris par la prestation scénique des "désaxés", le groupe est complètement transformé. On est loin de leurs 45 tours au son clean et épuré. Quelle énergie !

Pas beaucoup le temps de souffler pendant ce concert, ils appuient sur la pédale d'accélérateur en permanence, les titres défilent à un rythme effréné.


J'aime beaucoup le morceau (l'hymne) "rock'n roll capitaliste" un titre vraiment tubesque, pourquoi ne l'ont t 'ils pas sorti en single ça devait cartonner....

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Il y également deux reprises à ne pas rater pour les nostalgiques des années 60, "Harley Davidson" (BB) et "Mini, Mini (Dutronc).

Le reste est à l'unisson , un concert très sympa qui nous replonge dans les fabuleuses années 80.

On pardonnera bien sûr les imperfections du chanteur et des musicos, car malgré tout ça pétille, ça bouillonne, ça tâtonne mais ça passe.

Un combo nerveux qui avait pour moi toute sa place parmi les ténors de l'époque à classer entre Bijou et Starshooter.

Pour finir la chronique soyons honnête l'enregistrement ce n'est pas la qualité actuelle c'est un live brut, c'est à dire sans remix et tout le toutim.

Un document sonore sans artifice, la scène la vraie !

Merci les gars pour ce très bon concert, après écoute j'en ressort fatigué mais conquis, mon palpitant a trop donné... Je pense qu'un petit whiskey au calme devant la cheminée s'impose pour me requinquer......

Ha! ces jeunes quelle vitalité !

 

Titre en écoute : "Rock'n roll capitaliste"

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En bonus pour les abonnés 2 vidéos inédites (la vie à pleine dent et Rockin Chair) et 2 fanzines où l'on parle des désaxés (Anonyme numéro 4 et crockncave n°1)

Remerciements à Pierre Mikaïloff pour les photos, le concert et l'interview

Remerciements à Makhno pour la remasterisation et pour la pochette.

Remerciements à Gaby (la caverne des oubliés) pour les vidéos


par Mister PAT

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