Tina et les Fairlanes
Je suis mitigé concernant ce groupe, qui était surtout un duo constitué de la charmante Tina et de Malau, guitariste et compositeur. Malau était fan de caisses américaines et roulait d’ailleurs dans une superbe décapotable millésimée, d’où le nom du groupe, la Fairlane étant un modèle de la gamme Ford. Leur musique était chouette, légère, avec un parfum sixties, une parenté indéniable avec la surf music. Rien que de très bons ingrédients, donc.
Mais j’ai un souvenir plutôt désagréable de Malau, lors d’une invitation sur Fréquence Gaie, aujourd’hui FG. La radio avait invité quelques groupes pour parler du label Réflexes, dont les Désaxés et les Fairlanes. Tout se passait bien, dans la bonne humeur… jusqu’à ce que Malau prenne la parole.
Après avoir répondu à quelques questions sur ses influences musicales, il s’est lancé sans prévenir dans un discours homophobe absolument ignoble. Un journaliste de la radio est entré dans le studio et a demandé à l’animateur si ça allait. Celui-ci, très british, parfaitement stoïque, a répondu que tout allait bien. Les insultes minables (qui sont gravées dans ma mémoire) de Malau avaient manqué leur but.
Donc pour moi, au-delà de leur musique, les Fairlanes, c’est aussi cette démonstration d’homophobie ordinaire difficile à effacer.
Par ailleurs, pour alléger l’humeur de cet article, je partage ce témoignage de Thomas Buisson sur son arrivée au sein du label Reflexes et sur l’arrivée (moins sympathique) de visiteurs…
« Le premier single de Reflexes, sorti pendant l'été 83, était celui de Tina et Les Fairlanes. J’avais effectivement 19 ans cet été là. Patrice Fabien m'avait débauché d'Europe 1 en juillet à mon retour de Montreux (voir mon pass ci-dessous)
et m'avait présenté illico à Jiri Smetana, le programmateur du Gibus, qui m'a donné le sésame (ci-dessous aussi).
Pour les Ablettes, j'ai une anecdote croustillante : pour économiser l'hôtel, ils sont venus tous les quatre dormir un soir chez moi, dans mon petit studio de 25 m2, et ils ne sont pas venus seuls : le lendemain mon appart et moi étions infestés de morpions ! Tu crois que je peux raconter ça, Pierre ? »
Ben, oui, Thomas, tu peux, la preuve !
Pierre Mikaïloff
Titre en écoute : « Un été sur la plage »
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Vous pouvez retrouver Pierre Mikaïloff notre chroniqueur, interviewé dans cet excellent documentaire consacré à Françoise Hardy sur ARTE TV (replay)
Pierre a aussi écrit un livre consacré à Françoise Hardy
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