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Francerock70 — Le blog du rock français
interview

Le Barda

francerock7030 mai 2026
Le Barda

Il y a des artistes dont la musique s'écoute, et d'autres dont la musique se vit comme un voyage. Olivier Barda, alias Le Barda, appartient à la seconde catégorie.

Après avoir écumé les rues du monde entier, ce baroudeur toulousain a troqué son ancien costume pour celui du "Western Badass".

Entre technique de guitare à plat et énergie de One-Man Band survitaminé, c'est une plongée dans l’univers d’un artisan du blues qui ne fait aucun compromis.

Le_Barda_profil

Avant de devenir Le Barda, Olivier a longtemps tourné sous le pseudonyme de Zitoune.

Musicien autodidacte, il a fait ses classes à la dure : la rue.

Pendant 15 ans, il a parcouru le globe, vendant plus de 5 000 albums de la main à la main. C’est de ce "barda", son matériel, son vécu, ses cicatrices, qu’est né son projet actuel.

Sa signature ? Le Lap-style : une guitare acoustique jouée à plat sur les genoux, transformée en instrument de percussion et de mélodie percutante.

Étonnant et détonnant, son style musical est aux antipodes de ce que l'on peut écouter actuellement sur les ondes.

Sauf sur la radio Carnot - le repère du son , c'est d'ailleurs Marc le fondateur de Carnot qui m'a fait découvrir Le Barda.

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Pour moi c'est un coup de cœur, une vraie découverte que j'avais envie de vous faire partager.

Cerise sur le gâteau Olivier Barda a bien voulu discuter un peu avec moi.

Un entretien très sympa qui va vous plaire sans aucun doute. Encore une fois, c'est sur Francerock70, un blog à part qui ne fait rien comme les autres.

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L'interview :

Mister Pat : Bonjour Le Barda, C'est vraiment un plaisir de discuter avec toi car je l'avoue, j'ai vraiment eu un coup de cœur pour ta musique !

Olivier Barda : Salut Pat’ ! Tu me vois ravi de ton invitation, c’est parti pour te révéler (presque) tous mes secrets.

MP : Si tu veux bien, on commence l'interrogatoire (rires).

     Date de naissance, lieu de naissance, taille, poids. 

OB : Haha alors no joke, je suis né le 1er avril, en 1994 à Pontoise (banlieue parisienne), je fais quasi 1 m 80, et gaillard de quasi un quintal (un chouïa trop gaillard … ? (rires)

MP : Tu es tombé dans la musique à quel âge et tu as débuté avec quel instrument ?

OB : J’ai commencé le piano à 8 ans, pendant 4 ans, mais je n’étais pas un très bon élève, j’ai fini par arrêter. J’ai commencé la guitare à 15 ans, plus à des fins ‘sociales’ que musicales : faire comme mon frère, draguer les filles, avoir la classe, bref, pas un début prometteur.

MP : Tu écoutais quoi quand tu étais ado, la radio ou les disques ?

OB : Plutôt les disques ! Mon père était LE musicien de la famille, mais ma mère était la mélomane, qui nous faisait découvrir des grandes bases. Buena Vista Social Club, des compiles de ‘meilleures chansons françaises’, un peu de musique classique. Mon frère écoutait du métal, et en petit frère qui veut faire pareil, j’ai des super madeleines de Proust que j’écoutais plutôt sur iPod (Apple), ce vieux lecteur MP3 génial. Je téléchargeais sur eMule et dévorais tout ce dont on me parlait. J’ai découvert et me suis trouvé dans l’éclectisme – dans les musiques de films (Brian Eno, Eddie Vedder, la BO de Pulp Fiction, The Carpenters…), du métal/punk (Eths, Guérilla Poubelle, Limp Bizkit), et plein de variété.

MP : le tout premier disque que tu as acheté, c'était quoi ? Donne-moi la vraie réponse même si ce n'est pas très glorieux !

OB : Eh bien c’était Live in Texas, de Linkin Park ! Et bah je l’ai réécouté il y a moins d’un mois, après peut-être 20 ans sans l’avoir écouté (pfouah, le coup de vieux), et j’adore ! Rien d’ignoble. Et le premier album que j’ai emprunté en bibliothèque je tiens à le dire car je l’adore, c’est « A Ship Called Love » de Eric Bibb, un homme qui met du baume au cœur. Tout l’amour du gospel dans un homme avec sa guitare.

Le_Barda_wrangler_paysage

MP : À 15 ans tu jouais dans la rue, et tu pars en Australie à 19 ans, quelles étaient tes motivations ?

OB : C’est deux questions hyperdifférentes ! La Rue, tu veux la vraie version ?

MP : Oui, bien sûr.

OB : T’as le droit de couper au montage pour tes lectrices (oui, je fais un peu de langage inclusif quand j’y pense). Je suis pas fervent, mais je comprends le débat).

Alors… J'étais un ado un peu rebelle, d’une famille modeste, et j’ai voulu commencer à jouer de la guitare dans le RER A : déjà parce que pour aller à mon lycée de musique à Sèvres j’avais 3-4 h de transport par jour et c’était sacrément long ; pour oser, tenter, sortir de ma coquille de timidité ; et… pour acheter du hash ! Je me faisais une fierté d’acheter de l’alcool ou du hash pour rincer les copains quand on sortait de nuit faire les cons dans le golf d’à côté.

Et 2ème partie de la question : l’Australie, pourquoi ? À la fin du lycée, vu la rareté de notre formation (BTMM, Brevet des techniciens des métiers de la musique), on venait tous des 4 coins de banlieue parisienne et donc la distance a coupé nos amitiés après le lycée. Tristesse. Un des supers amis que je me suis fait dans une promo supérieure, Théodore, était parti voyager en Australie. Il m’a envoyé une carte postale de cette année sabbatique post-lycée, où il me chauffait à fond pour le rejoindre, me disant ‘viens, je vais tout te montrer, on va voyager en van’ avec des photos de son road trip qui avaient l’air incroyable. T’aurais refusé d’acheter un billet tout de suite, toi, Pat ?

MP : Effectivement c'était tentant !

OB : Faut dire que j’étais très inspiré par le film Into the Wild, encore mon film préféré aujourd’hui, et je suis parti pour vivre l’aventure d’abord avec mon pote, puis plus tard en solitaire.

MP : Pendant toutes ces années passées sur les routes, je pense que tu as des anecdotes extraordinaires à raconter, tu peux nous raconter ton meilleur moment ?

OB : Ok, si tu veux de l’histoire, je te donne ma pref parmi mille autres, et je te la décris du mieux que je peux :

J’ai brûlé mon dernier billet de 10$ avant de tendre le pouce, aux portes du désert d’Australie (côte Ouest). Perth-Broome : 2 500 bornes m’attendaient, seul, et j’étais chargé comme une mule, pourtant sans tente.

J’ai attendu une heure (les voitures se faisaient rares et me regardaient bizarrement) pour qu’un redneck random m’avance de 20 km, dans le désert. « Eh ben, j’suis pas arrivé. » Après une nouvelle heure d’attente, il s’est mis à pleuvoir. « En fait, c’est p'tet un peu con ce que je fais, là. » Mais j’avais la niaque, j’avais la foi, je voulais tenter le mode ‘hardcore’ du voyage en stop.

Un camion s’est enfin arrêté. Le premier gros camion aménagé que j’ai vu de toute ma vie. Un vieux papy avec une barbichette blanche est descendu, pieds nus un peu difformes, il portait des fringues étranges. Je pose mes affaires à l’arrière, un grand container avec des baies vitrées et des plantes de partout, des instruments, des serres d’aigles avec des énormes cristaux qui pendent par-ci par-là, et je vois même un lit superposé en bois massif, une pièce unique magnifique. À peine j’ai le temps de regarder qu’on passe à l’avant, tout autant orné d’ailes de chouettes, de cuirs et de sculptures en bois flotté.

Il me demande où je vais. ‘Broome’. Lui aussi. Mais il me dit d’office qu’il ne fait que m’avancer un peu, car il veut prendre son temps et aime la solitude. Sous mes larmes de joie cachées par mon chapeau, je me dis que ma formation d’apprenti sorcier vient de commencer… et qu’il comprendrait vite qu’il me lâchera pas si facilement au milieu du désert.

J’ai rencontré cet homme de Dieu, Kamali. Mais pas Dieu comme nous on l’entend, c’était son propre dieu. Il traduisait sa foi en admiration de la nature, en récupérant des peaux et des ossements de kangourous pour en faire des bijoux, ses vêtements, des instruments de musique. Il m’a montré comment il fabriquait ses ocarinas d’argile, il m’a donné une flûte traversière en bois, et on jammait sur ses tambours avec du Hilight Tribe à fond sur les enceintes pendant qu’il tenait le volant avec son vieux pied crochu. La route infinie du désert rouge australien nous appartenait, les couchers de soleil me donnaient systématiquement des sanglots. C’était 6 jours de féerie jusqu’à Broome, une ville dont on m’avait juste parlé, où d’autres aventures folles m’attendaient.

Le_Barda_porche_instruments

MP : Il y a les bons moments, mais il y a les mauvais également, quelle a été ta pire galère ?

OB : Une de mes pires était en Indonésie.  J’avais fait du stop avec un ami de voyage, Doni, et son ami qui parlait pas anglais, ‘Bernard’. Doni nous a emmenés dans un ‘éco-village’ au beau milieu de la jungle de l’île de Bornéo. On nous y avait amenés en chariotte, et on a eu la bonne idée de vouloir repartir à pied la semaine passée, et de traverser la jungle jusqu’au village ‘civilisé’.

On est partis en fin d’après-midi, et j’étais toujours aussi chargé : mon gros sac au dos, un autre sac à dos lourd devant moi, ma guitare dans un étui rigide et lourd dans la main droite, un sac de vivres dans la main gauche. Au bout d’un kilomètre sur la seule piste de terre plate, je sens déjà la difficulté à porter tout mon barda (mon nom d’artiste ne vient pas de ça, mais franchement ça aurait pu).

Arrive bien trop vite le crépuscule, les moustiques par milliers, et notre irritation commune à la situation. Je pose ma guitare par terre pour baffer chaque moustique qui m’attaque la jambe, mais ces micro-pauses agacent mes camarades. Pas de village en vue, et il n’y en aurait pas avant peut-être des jours de marche. On avait très mal calculé notre coup, mais on était obligés de continuer car j’avais un avion à prendre à perpète le surlendemain. Tu comprends, Pat’ ? On devait absolument partir à pied dans cette jungle tous seuls sur un coup de tête pour ne pas rater mon avion.

En installant nos hamacs dans cette tension de groupe palpable, on entend comme des gros moustiques qui percent les bruits de la nuit. C’étaient des sons de motos. Des hommes de l’éco-village avaient pris leurs motos (ils s’en servaient rarement pour aller en ville). 6 motos, et ces villageois qui s’arrêtent devant nous, en hurlant de rire. Si c’était de la moquerie, je n’en ai pas moins rejoint leurs éclats de soulagement. Je grimpe à l’arrière de l’un d’eux. Et c’est là que la vraie galère commence.

Imagine-toi : un guignol derrière son sauveur motard, sans repose-pied donc les pieds en l’air, genoux levés, en équilibre sur son milieu fessier, avec 2 gros sacs à dos – une housse de guitare dans une main et un seau de nourriture et d’eau dans l’autre. L’aiguille du compteur de la moto devait pas être loin du maximum. La housse de guitare en dur prenait le vent à m’en décrocher l’épaule. Des nids de poule et des petites (et moyennes) branches jonchaient la piste terreuse. Un quart d’heure, et toujours pas arrivés. Mon bras faisait si mal que j’ai cru que j’allais le perdre, ou du moins la guitare – et mon arrière-train avec.

C’étaient les 20 minutes les plus longues de ma vie. À l’arrivée, j’ai pas pu les enlacer de mes bras gourds et tordus, c’est mon buste qu’ils ont reçu en pleine poire en guise de remerciement. À leur départ, on s’est regardé avec Doni et Bernard, et on a à nouveau explosé de rire, avant de tendre le pouce dans la nuit sur la route bondée vers notre destination : Banjarmasin. On s’est endormis dans nos hamacs, attachés et tanguant dans un camion container quasiment vide qui nous a ramenés en ville après 10 h de route.

(j’ai une vidéo prise avec mon MacBook, avec nos hamacs qui tanguent, se cognant parfois contre les parois du camion).

MP : Quel est le lieu (ou la rencontre) au bout du monde qui a radicalement changé ta façon de composer ? 

OB : À Broome, la ville où je suis arrivé après mon trip avec Kamali, de fil en aiguille j’ai rencontré un mec, ‘Mani’, d’origine aborigène avec qui je m’entendais super bien. Il avait une maladie très grave, et il passait son temps à faire de la musique. On jammait beaucoup ensemble dans son jardin, c’était l’éclate.

Moi je dormais dans un camping pas très loin. Un soir, il m’envoie une vidéo d’une mélodie de guitare qu’il a trouvée. C’était tellement beau que j’ai voulu essayer de la retrouver avec ma guitare. Il faisait des techniques de ‘hammer’ et de ‘picking’ qui n’étaient pas simples, et surtout dans un accordage très différent du mien.

J’ai dû poser ma guitare à plat pour essayer de jouer comme lui et de retrouver sa mélodie à l’oreille… en vain. Pour étancher ma soif, j’ai inventé mon propre accordage et une mélodie avec, pour lui répondre, « Eh t’as vu, moi aussi je suis trop fort ». De cette petite guéguerre d’amis ‘rivaux’, j’ai trouvé et continué de jouer ma guitare à plat… un vaste monde (à déclarer peu exploré) s’est ouvert sous mes doigts.

MP : Jouer de la guitare à plat sur les genoux n'est pas commun en France. Qu’est-ce que cette position te permet d’exprimer que tu ne retrouves pas dans un jeu de guitare classique ?

OB : La main gauche est inversée, donc les doigts s’inversent : on fait des accords ‘barrés’ avec le petit doigt au lieu de l’index. Super ? Pas du tout. Du moins, ça c’est le gros bémol et il faut se muscler pour le surmonter.

À part cette difficulté (on peut aussi jouer sans accords barrés), ça simplifie beaucoup de choses : on voit bien son manche de guitare, on est en face de lui. Plus besoin de pencher la tête pour voir le manche, ou de se regarder dans un miroir. La position est elle aussi très confortable… comme si on jouait du piano. Pareil, le son part vers le haut, vers nos oreilles. C’est comme se mettre en face du concert, au lieu d’être tassé tout devant et à fond à droite.

Et enfin, le meilleur de tout, c’est l’accordage. Amis musiciens, fini le Mi La Ré Sol Si Mi ; bienvenue dans mon Ré La Ré Ré La Ré. DADDAD en anglais, « papa papa ». 2 notes différentes sur 6 cordes. Y’a une logique de symétrie, très simple à comprendre pour jouer et vite faire des jolies choses. On peut évidemment jouer sans ces ‘accords barrés au petit doigt’ et avec des sonorités très océaniques, apaisantes.

Le premier morceau que j’ai composé comme ça, inspiré à la base du petit riff de Mani. Il y a une vidéo que je vous invite, toi et tes lecteurs, à découvrir sur YouTube sous mon ancien nom de scène – titre « Zitoune – I Miss My Friends ». Ça vous donnera ptet envie d’essayer la guitare à plat ! (pour info, l’accordage ici est exceptionnellement Ré La Ré Mi La Ré)

Le_Barda_live_guitare

MP : Tu gères le chant, la guitare, l’harmonica et les percussions aux pieds. Est-ce que tu vois la musique comme une performance physique, presque sportive ?

OB : Ouais, franchement c’est crevant. Et ça abîme ! Je tiens plutôt gainé et en équilibre sur une jambe tout le concert pour claquer le tambourin. Ça fait un bon fessier !

MP : Entre Olivier et Le Barda, y a-t-il une vraie frontière, ou le chapeau et les harmonicas sont-ils simplement le prolongement naturel de qui tu es ?

OB : Il y a une vraie frontière. Dans mon concert aujourd’hui, je m’amuse (et me challenge) à introduire une notion de spectacle, avec des histoires contées et de la narration. Le Barda pour l’instant, c’est dans l’aspect western (fictif), un cowboy badass aux histoires farfelues.

Si je laisse aller ma vraie personnalité, c’est plutôt un gentil baroudeur, un shlag débrouillard, apparemment maladroit et touchant, qui fédérait les foules différemment lors de ma période « Zitoune ».

MP : Tu as vendu plus de 5 000 albums dans la rue sous ton ancien nom (Zitoune). Quelle est la leçon la plus importante que le bitume t'a apprise et que tu appliques encore aujourd'hui sur la scène ?

OB : Toujours chercher à réunir les gens, proposer un moment d’évasion et d’amour entre les humains. C’est d’ailleurs pas obligé DU TOUT d’être un monstre techniquement pour unir un public et créer un moment exceptionnel. Je prends mon métier comme une mission… et avec humilité quand j’y arrive pas (parfois dur).

MP : Pourquoi avoir ressenti le besoin de passer de "Zitoune" au "Barda" ? Est-ce une évolution musicale ou une volonté de repartir à zéro ? 

OB : Zitoune, c’était mon surnom de baroudeur (auto-proclamé). Ça allait bien avec ma musique d’avant : solaire, énergique, un peu maladroite qui touchait les gens. Maintenant que je fais du WESTERN BADASS, fallait enterrer Zitoune six pieds sous terre pour laisser place à Le Barda. Ça sonne mieux pour le style, mais aussi, je m’appelle Olivier Barda, et j’avais envie de revenir à mon vrai nom de famille.

Aussi, il y a d’autres artistes « Zitoune », une pelletée même, dont un qui fait du rap de cité et qui inonde internet. Nos comptes de streaming se sont mélangés, ça a été une catastrophe à un moment. Lui et ses potes m’ont même menacé pour que je change de nom (je te rassure, j’ai pas changé pour leur faire plaisir).

MP : Tu définis ton style comme du "Western badass". Si ta musique était un film, qui serait le réalisateur et quel en serait le scénario ?

OB : Un bon Tarantino ! J’adore son côté humoristique, extrême, et badass bien sûr. L’histoire, ça serait un mercenaire immigré d’Europe, corrompu par la gloire et l’argent, qui tue un grand chef autochtone américain pour une prime.

Ainsi s’abat sur lui une malédiction : son ombre reflète celle du chef indien, et ses murmures dans sa tête le rendent fou. À moins… de l’écouter, et de changer complètement de cap de sa vie de débauche, vers une quête de rédemption pour unir les deux peuples. Même si pour ça, il faut briser quelques mâchoires de dangereux mercenaires !

(chuchoté) En fait Pat’, j’ai triché : ça c’est DÉJÀ l’histoire dans mes albums Punch & Badass vol. 1 et vol. 2 (rires).

MP : Après des années en solo, tu joues désormais en trio (basse/batterie). Qu’est-ce que ce "groupe" t'apporte, à ton son, que tu ne pouvais pas atteindre seul ?

OB : …3 fois plus de Punch & Badass !

La batterie rajoute de la patate, et la contrebasse une rondeur dans les graves que je n’ai pas en solo avec ma guitare.

Le-Barda-Trio-studio

MP : Ton dernier opus semble plus brut, plus électrique. Contre quoi (ou qui) Le Barda entre-t-il en "clash" aujourd'hui ?

OB : Eh bien, dans l’histoire, mon mercenaire maudit va trouver le roi des voyous, Jack Fire, pour rectifier ses méfaits et donner une bonne fessée à ces gamins immigrés d’Europe qui ne respectent pas la terre et la culture autochtone – et même juste le genre humain en général. Le morceau Clash, éponyme du nom de l’album, c’est la bagarre entre les deux personnages. C’est un morceau pêchu qui plaît bien en concert !

MP : On dit que tes concerts ressemblent à des bagarres de saloon. Quel est l'ingrédient secret pour faire monter la température en quelques minutes seulement ? 

OB : Un bon caisson de basse pour le kick (style « boom-boom » de techno), et un harmonica endiablé ! Et ça ne part pas en quelques minutes… mais aussi vite qu’un coup de pied d’étrier sur un cheval sauvage !

MP : Ton dernier clip "Clash" est à mourir de rire et est très professionnel, comment s'est passé le tournage ?

OB : Haha, déjà je suis ravi que le clip t’ait plu ! Le tournage était intense, avec une équipe de jeunes très talentueux sortis d’école de cinéma qui m’avaient vu en concert et qui voulaient se faire la main sur un vrai projet. J’ai eu la chance extraordinaire que tout le monde soit bénévole, sinon c’était une journée à 50 000 balles – et sans parler de la préparation en amont qui a duré des mois.

Je me suis cru à Hollywood, avec les caméras, l’équipe technique qui grouille de partout. C’était une ambiance à la fois de colo d’amis d’enfance, et de professionnalisme grisant à devoir respecter des consignes et un planning serré. Voir toute cette énergie déployée autour de mon projet, ces ‘jeunes’ ultra motivés, souriants et compétents, et dans un super état d’esprit, ça en a fait une des plus belles journées de ma vie qui me met encore les larmes aux yeux.

MP : Après avoir conquis la scène folk-blues régionale, quel est le prochain territoire que tu rêves d'explorer avec ton barda sur le dos ? 

OB : Avec ma chère manageuse Clémence Borys, on essaye de conquérir petit à petit la Bretagne, la Savoie, mais le gros qu’on aimerait attaquer à moyen terme, c’est l’Europe.

Et puis, pour avoir joué aux States dans une douzaine de bars et scènes ouvertes improvisées lors d’un road-trip en camping-car, ça m’a appris que les Américains adorent ma musique. J’adorerais faire faire une tournée là-bas !

MP : Olivier Je vais te poser maintenant des questions très personnelles (rires) ?

   Quel est ton plat préféré, ta boisson favorite ?

OB : En plat : les sushis ! Et en boisson, la tisane Yogi Tea « Réconfort de la gorge » réglisse-fenouil-menthe. Rien de très badass là-dedans, je te l’accorde. Mais je suis aussi fan depuis peu de whisky bien tourbé.

MP : En ce qui concerne le cinéma, je pense que tu dois aimer les westerns spaghetti ?

OB : Eh bien pas tant que ça, en fait j’en regarde très peu. Je fantasme l’univers, mais quand j’en regarde, j’ai un peu de mal à me mettre dans ces rythmes un peu vieillots. Je préfère quelques westerns modernes, comme Les 8 Salopards (Tarantino), ou la minisérie western « Godless ».

MP : Quels sont les films que tu as regardés des dizaines de fois ?

OB : Sin City, Pulp Fiction, et surtout Into the Wild qui m’a donné envie de prendre mon sac à dos, et fait tendre le pouce tant de fois vers l’inconnu !

MP : En ce qui concerne la lecture, tu es BD ou Livre de poche ? Qu'est-ce que tu aimes ?

OB : Plutôt livre de poche ! J’aime imaginer moi-même les décors, façonner les personnages comme mon imaginaire l’entend. Mon livre préféré, c’est La Horde du Contrevent d’Alain Damasio, ainsi qu’une affection particulière pour certains livres de développement personnel comme Hoponopono, qui m’a donné des outils mentaux pour améliorer mes rapports à toute chose dans la vie.

Le_Barda_wrangler_soleil_couchant

MP : Quels sont les trois albums que tu emmènerais obligatoirement sur une île déserte ?

OB : Si je dois être coincé longtemps sur une île déserte, pour pas perdre pied je prendrais :

1) Dark Side of the Moon de Pink Floyd – pour me rappeler la magie de la musique enregistrée en studio.

2) Civilisation d’Orelsan – pour me rappeler mes racines, d’où je viens, et des valeurs que je partage.

3) Colors of Paradize, de Zitoune – un de mes albums méconnus qui irait très bien avec les plages désertes, et me rappellerait une de mes périodes musicales préférées !

MP : À l'inverse, qu'est-ce que tu n'aimes pas musicalement ?

OB : Le rap aux paroles arrogantes et creuses… Mais sinon, j’aime tous les styles (mais pas tout le monde) ! Et j’aime pas trop ce qui rentre parfaitement dans les cases de la musique commerciale à pognon.

MP : Est-ce que tu écoutes la musique actuelle ? 

OB : Oui ! J'ai découvert cette année (et vu au Bikini en mars) Benjamin Dakota Rogers, je suis super fan de ses chansons dans le thème ‘western badass’ (beaucoup moins fan de ses ballades), comme John Came Home, Jeremia, ou encore Till the Morning que je reprends en live.

Sinon j’adore John Butler, j’ai suivi la sortie de son nouvel album Prism qui a été intéressante, j’ai découvert Nine Inch Nails (que j’ai élu mon groupe de l’année) avec un de ses clips récents, As Alive As You Need Me To Be, ce qui m’a fait m’intéresser à ses premiers albums – et m’a inspiré pour des nouvelles compos.

Aussi des groupes français confirmés ou émergents comme Mazingo, DD Rey, Lean Wolf…

MP : En ce qui concerne les artistes français, c'est quoi tes autres groupes préférés ?

OB : J’aime bien le côté déglingos de Johnny Montreuil ; Sur scène, j’ai adoré Slim Paul Trio ; le génie de Stromae ; et beaucoup d’artistes indépendants de mon entourage, notamment ceux de mon collectif « Toulouse Folk Society » (Beavers, Elise Esther, Lazy Grass… à découvrir !)

MP : À part la musique, quels sont tes passe-temps favoris ?

OB : J’adore cuisiner et faire des plats au feeling, j’aime me vider la tête en faisant du bricolage, voyager en camping-car ou en stop, et jouer aux jeux vidéo.

MP : Quels sont tes projets, un album, des grands concerts ?

OB : Eh bien j’ai été contacté par le Hellfest pour y jouer cette année sur leur nouvelle scène acoustique, ça c’est mon gros concert en approche ! C’est assez dingue.

Et je suis en train de préparer mon prochain album, le dernier opus de ma trilogie d’albums « Punch & Badass », et je te le promets Pat’ : ça va barder !

MP : Dernière question et je te laisse tranquille, si tu devais tout recommencer, tu referais la même chose ?

OB : Oui. Clairement, c’est super intéressant d’être musicien car je vois du pays (et quelles régions merveilleuses on a !), je rencontre plein de gens magnifiques, je suis poussé à m’améliorer en permanence et à apprendre plein de métiers dans le mien… C'est le kif, et j’ai de la chance.

MP : Merci Olivier d'avoir joué le jeu et pour ta gentillesse !

OB : Merci Patrick, c’est un plaisir et un honneur d’avoir reçu tes questions originales ! À bientôt en concert, j’espère, avec toi et nos lecteurs.

PS : Je vous ai mis des petites archives vidéo – filmées avec mon MacBook de l’époque – de Kamali (et son string ‘kangourou’) ; son camion ; ainsi que le moment hamac en road trip avec Doni. ICI

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Chronique : "Punch & Badass, vol. 1 – vol. 2"

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Sorti comme une carte de visite rugueuse, le premier volume de la saga publié en 2019 pose les bases. Ce n'est pas de la musique folk de chambre, c'est de la folk de combat.

Un mélange organique où le kick drum martèle le sol comme un pouls cardiaque, tandis que l’harmonica apporte cette touche "saloon" indissociable de son univers.

C’est l'EP de l’élan, celui d'un homme-orchestre qui prouve qu'il peut remplir tout l'espace sonore à lui seul.

Si le volume 1 était la fondation, le vol. 2 (Clash), sorti début 2025, est l’édifice fini. Le style a évolué vers quelque chose de plus nocturne et électrique.

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Dans ce second opus, la voix se fait plus granuleuse, les riffs de slide deviennent des cicatrices sonores, et l'apport d'une section rythmique (basse/batterie) donne une assise rock massive. Le Barda ne cherche plus seulement à faire danser ; il cherche à marquer les esprits.

En deux chapitres, Le Barda a réussi un pari rare : transformer le bitume en une terre promise pour le blues-rock moderne.

Sa musique est une invitation à la persévérance, une œuvre qui transpire l'authenticité d'un musicien qui n'a jamais triché.

Que vous soyez amateur de folk mélancolique ou mordu de blues rock rugueux, une chose est sûre : une fois que vous aurez chargé le "Barda" sur vos épaules, vous ne verrez plus la route de la même façon.

Alors c'est le moment de prendre cette route avec Olivier pour un voyage musical cinématographique proche de l'univers de Tarantino.

Il a fait chaud, si chaud cette semaine, prenez un peu de temps pour visionner le clip "Clash", c'est vraiment bien fait et ça vous donne la pêche pour la journée.

Si vous voulez en savoir beaucoup plus sur Le Barda (infos, concerts) et acheter ses disques pour l'encourager.

c'est ICI

Merci Olivier pour l'interview, le disque et tout le reste…

Merci aussi à Clémence pour sa gentillesse.

Merci à Marc de la radio CARNOT le repère du son . Vous pouvez l'écouter ICI

Mister Pat

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