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Francerock70 — Le blog du rock français
Chroniques

LA ROSSA

francerock7011 mars 2023

Au début des années 1980, Wolfgang Höller, jeune claviériste allemand s'installe dans la ville rose. C'est un admirateur de Peter Hammill, leader de Van Der Graaf Generator, et il…

LA ROSSA

Au début des années 1980, Wolfgang Höller, jeune claviériste allemand s'installe dans la ville rose. C'est un admirateur de Peter Hammill, leader de Van Der Graaf Generator, et il a envie de former un groupe de rock progressif. Pour le chant il est rejoint par un ami d'enfance, Benki (ils ont joué ensemble en Allemagne au sein de Wish). L'arrivée d'un batteur français, Marc Neves, contribue à cette originalité de groupe franco-allemand. Au noyau dur viennent se greffer différents musiciens, La Rossa connaît ainsi trois configurations. Pour nom ils choisissent le titre d'une chanson de Van Der Graaf Generator (album de 1976 "still life").

Le décor se met en place : un zeste de Genesis, une pincée de Gentle Giant et un soupçon de Emerson Lake And Palmer. Mais réduire l'inspiration de Wolfgang Höller à ces seules influences est trop facile. Ses compositions sont complexes et originales avec de fréquents changements de rythme donnant une dimension toute particulière, demandant aussi une bonne pratique instrumentale des divers protagonistes et une mise en place rigoureuse.

Après de multiples répétitions nos trois mousquetaires se lancent dans le grand bain et enregistrent en 1981, sur fonds propres, huit titres en vue d'un futur album qui ne verra jamais le jour. Ils montent à Paris pour les proposer à des maisons de disques. Dictature du top 50 oblige, l'accueil est plutôt froid face à cette musique considérée comme trop ambitieuse. A la suite de cette expérience frustrante il est décidé d'étoffer le groupe en faisant appel à des amis de Marc : Dino de Rossi (basse), Robert Licciardi (guitare acoustique) et un peu plus tard Jean Pierre Baïlé (guitare électrique).

A l'automne 1982 ils entrent pour trois semaines au studio 621 à Loubens Lauragais (près de Toulouse) pour enregistrer neuf titres. Robert Licciardi quitte le groupe durant les sessions ce qui fait qu'il n'apparaît qu'assez peu. Il a quand même le temps de laisser un instrumental joué à la seule guitare acoustique, "light of gone", qu'il a composé. D'autre part, le budget du groupe n'étant pas extensible à l'infini, ils doivent faire des concessions sur le mixage final. La photo énigmatique de la pochette de l'album est conçue par Wolfgang, ayant suivi des études pour fabriquer des vitraux il a mis le détail d'une de ses réalisations. D'où le titre "a fury of glass".

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Le propriétaire du studio 621 a un label, AG Records, et fait miroiter la promesse d'une distribution internationale et d'une tournée au Canada. Rien de tout ça ne vient et les membres du groupe doivent, comme bien d'autres avant (et bien d'autres après), placer eux-mêmes leur album chez les disquaires toulousains.

Au final La Rossa fait très peu de concerts, cinq en tout et pour tout. Le premier à Balma (banlieue de Toulouse) au printemps 1983.


Pour le deuxième ils participent au tremplin rock de la MJC de Bram (dans l'Aude) le 11/05/1983. Ce pseudo concours avec un classement décidé à l'avance leur laisse un goût amer.

Le troisième a pour cadre le festival Electrorock à la Halle aux Grains de Toulouse le 15/05/1983. Le meilleur souvenir de Wolfgang Höller grâce à de très bonnes conditions techniques.

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Après celui-là ils remontent à Paris à la recherche de distributeurs sans plus de succès que quelques mois plus tôt.

Le quatrième concert se déroule à l'occasion de la fête de la musique 1983 et en réponse à l'invitation du CAM de Donneville (banlieue de Toulouse).

Après un cinquième concert, de guerre lasse, ils se séparent.

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Wolfgang Höller repart en Allemagne où il reprend son métier d'artisan en vitraux et de peintre. Benki reste à Toulouse, Marc Neves rentre dans une communauté. Jean Pierre Baïlé fait de la peinture et Dino de Rossi s'oriente vers l'exploitation forestière.

Fin de l'histoire ?

Pas tout à fait puisqu'en 1992 le label Musea spécialisé dans le prog-rock sollicite Wolfgang pour ressortir en CD "a fury of glass" remixé. Au final le 33T initial est amputé du titre acoustique "light of gone" (composé par Robert Licciardi) considéré comme n'étant pas représentatif de l'esprit du groupe. En contrepartie sont rajoutés quatre titres enregistrés mais non retenus pour l'album de 1982.

 

Le cd est réservé aux abonnés à Francerock70

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Dans le monde entier plusieurs magazines spécialisés dans le rock progressif se font l'écho de cette (re) sortie et amènent au groupe une célébrité posthume, leur première galette atteignant des prix assez surprenants dans le milieu des amateurs de ce style.

Wolfgang Höller continue à composer et sort un CD en 2003, "to be".

 jeremy braGxon


titre en écoute : chimera chil

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