Maintenant qu'on se connaît un peu mieux, je veux bien l'avouer : je suis fétichiste du chiffre TROIS… mais j'aime aussi les strings en latex !
Thin Lizzy (première mouture), Budgie, Motörhead, ZZ Top, Hendrix Experience, Cream, Rush, Blue Cheer, Celtic Frost, Nirvana, Ganafoul, Tequila, Vulcain, Danko Jones… que des three men bands. Aussi massif que fragile, aussi rude que véloce, le power trio, c'est la quintessence du rock — si l'un des zicos se chie dessus, c'est tout l'édifice qui s'enlise, mais si les trois sont en osmose, c'est de la bombe atomique ! Du coup, quand le rédac'chef (celui qu'on appelle amicalement : le tyran !) m'a proposé de faire une chronique sur un trio originaire de Deyvillers, dans les Vosges, je me suis précipité comme un cochon truffier sur une forêt de chênes.
C'est donc en 1991 que les frangins Munier — Didier, guitariste et Laurent, bassiste-chanteur — pactisent avec le batteur Christophe François pour former le groupe Killian... sans doute un hommage visionnaire à Mbappé !
Faut vous dire, monsieur, que chez ces gens-là, c'est pas des marioles de la fête à NeuNeu... c'est plutôt des barbares assoiffés d'hémoglobine, qui mangent des enfants morts-nés et se pintent de vin bleu ! Donc, faut pas s'étonner qu'en 95, ils balancent une grenade à fragmentation sur la métallosphère hexagonale.
Ce disque est une usine à riffs, ça canarde à tours de bras et tant pis pour les manchots ! Tu prends du Judas Priest, tu mélanges avec du Iron Maiden et une voix patinée au gravier, alors tu fais cramer tous les sonotones d'ici à Tataouine-les-Bains !
Mais les Killian, c'est des pervers, parce que pour mieux faire passer la pilule, ils ont ajouté un peu de miel dans leurs compositions. Avec ça, tu dévales la face nord de l'Everest sur des santiags à roulettes, sans te défriser la choucroute !
En 1996, ils font appel à Fred pour tenir la guitare rythmique et apporter encore plus d'épaisseur à leur production. Après avoir tourné dans les bars, les cabarets, les Killian se retrouvent finalement à l'affiche de différents festivals, pour des prestations qui frisent les deux heures et revisitent non seulement leur répertoire, mais aussi ceux de Trust, Metallica, Queen, Nirvana, Joe Satriani...
Maintenant qu'on se connaît encore mieux, je veux bien l'avouer : je suis aussi fétichiste du chiffre QUATRE… surtout quand il y a deux guitares et des strings en latex !
KEITH MICHARDS
en écoute : Tchernobyl



