L'histoire se déroule à Mont-de-Marsan en 1983-84. Après les cours, un gang de lycéens boutonneux se retrouvent pour jouer du heavy metal. Il y a Fred à la basse, Pilou à la batterie, Fab à la guitare, Chris au chant et son frangin Steff à la guitare.
Le groupe s'appelle VIXEN et tourne régulièrement dans la région, se taillant une sérieuse réputation de baiseur de mamans. En 1987, Crissy et Vince comblent les places laissées vacantes par Fab et Pilou. En 1989, nos Vixen tricolores gagnent leur procès contre des homonymes américains qui acceptent de racheter le nom pour la somme de 10.000 $… de quoi se payer quelques fûts de Comté Tolosan !
Ainsi naquit JUMPER LACE et c'est sous ce nom que nos fins Landais enregistrent un titre pour la compilation "Hard Rock Rendez-Vous" sous la houlette de Gary Lyons (Aerosmith, UFO, Saxon, Foreigner, les Stones…).
La petite rondelle argentée s'écoule à plusieurs milliers d'exemplaires, leur ouvrant la porte des médias et des scènes françaises et européennes. C'est d'ailleurs lors d'une tournée dans l'ex-Tchécoslovaquie qu'ils trouvent l'opportunité de graver leur premier album, au studio Citron d'Ostrava.
Réalisé par le guitariste tchèque Miloš "Dodo" Doležal, "Beyond the Romance" fait une entrée remarquée dans les bacs, en novembre 1991.
J'vous la fais brève : ce disque est rapide, ultra-puissant, étincelant, novateur, fulgurant dans les accélérations, agile dans les virages… ce disque est une formule 1 ! Du pur heavy speed, gavé à la testostérone, avec des guitares incisives, une section rythmique sans faille et un chanteur caméléon qui alterne entre chacal en rut et crooner en goguette.
Et ça se vend plutôt bien : Angleterre, Grèce, Allemagne, USA, jusqu'au Japon. Dès lors, les tournées s'enchaînent, attirant un public exigeant, fidèle et passionné. On les croise aux côtés de Loudblast, Gamma Ray, Mama's Boys ou encore leurs "compatriotes" de Killers.
L'horizon semble si dégagé, qu'en 1993, ils entrent de nouveau en studio, pour enregistrer leur deuxième LP. Malheureusement, les labels tricolores, frileux de nature, mettent un coup d'arrêt au projet et, par la même, à la carrière des Jumper Lace.
Il faudra donc attendre dix longues années pour qu'un fan allemand décide de monter son propre label pour publier cet album, baptisé après coup "The Last Jump". Et il faudra encore dix ans de plus et quelques changements de personnel pour retrouver les métalleux néo-aquitains en têtes de gondole chez les disquaires… et je vous garantis que la tambouille est toujours aussi épicée !
Keith Michards
En écoute : I don't dream





