Joël Daydé - HLM blues
Album méconnu ou oublié, suranné ou mal vieilli, arrivé en pleine vague punk, Daydé fait ce qui lui plait, en poursuivant sa trajectoire en deçà des modes et des courants du moment, car après tout pourquoi se conformer aux caprices du temps ?
La pochette illustre cette part d'inconnu dont sont habités les textes, plongeon dans le miroir, en dehors des cités, échappatoire vers les montagnes, les plages.
Un rêve pour le citadin enfermé dans sa prison. La ville tentaculaire qui rend fou, accroc. Se déraciner et se construire des ailes. Album résolument blues à l'instar d'une pochette où le bleu et le gris métalliques se mélangent, J'en ai marre du quotidien qui ouvre le 33 tours est une longue litanie de la trinité métro-boulot-dodo.
Paysages défigurés, en périphérie des villes, où suinte l'ennui, la cité est déjà un sujet de débats. Joël Daydé décline son groove (Day after day you want to keep my mind) et même son reggae ( Histoires de petites bulles). Frisant parfois la caricature ( tous les jours moi j'ai les moules), le disque bénéficie d'une belle production ( produit par Dominique Blanc-Francard). D'ailleurs Joêl y déploie toutes les facettes de sa voix rauque.
Son premier succès ( Mamy Blue) en 1971 lui ouvre les voies du hit-parade. Son 33 tours éponyme le libère du virage de la variété. Le blues l'a sauvé. Il fricote avec la langue Anglaise avant de composer en français. HLM blues est son disque personnel. Libéré des pressions exercées par son label, Joel Daydé a ouvert la voie au renouveau du blues.
Titre en écoute : "j'ai pas l'moral"
par AURAL ODDITIES





