Après la parution de deux 45T extraits de « De mes yeux vu », le premier LP de Jean-Pierre Castelain, un troisième 45T avec deux titres inédits « Ce jour-là / Mr. Dugenou » verra le jour en 1972. Le dos de la pochette de ce 45T est d’ailleurs une invitation à se procurer le 33T .
Le titre « Mr. Dugenou » (face 2 sur la pochette mais face 1 sur la galette !!!) démarre par une brève ritournelle à l’accordéon et se termine, telle une histoire sans paroles, par quelques notes au piano.
Entre l’intro et le clap de fin, Castelain nous raconte un petit vaudeville sur un air de country enjoué :
« ...et tandis que Dugenou travaillait
son épouse s’en allait retrouver
dans un hôtel discret…
son amant qui prenait ses sous et ses baisers... »
Sur l’autre face du 45T le titre « Ce jour-là »démarre quant à lui tout doucement, tranquille mimile :
« Ce jour-là
je veux que tu sois plus jolie que les autres fois... »
Apparemment nous voilà embarqués dans une charmante ballade romantique au son d’une guitare acoustique guillerette accompagnée d’agréables gazouillis de guitare électrique…
D’une voix douce, fragile, apaisée, Castelain s’exprime simplement, sans emphase. Très vite une phrase de cette supplique adressée à une femme aimée nous rappelle que c’est avant tout un musicien qui chante :
« ...Ce jour-là
je veux que l’on joue de la musique
comme des fous
et que pendant des heures
on passe le blues en mi majeur
Et qu’on n’arrête pas
surtout pas
quand le voisin d’en haut s’énervera... »
Et lorsque les guitares s’estompent pour laisser la place aux belles orchestrations de Michel Bernholc, on ne peut que se dire que c’est vraiment beau l’amour :
« ...toujours aussi jolie
et même un peu plus bien plus
tu mettras pour moi
ta robe de fée…
tu seras bien plus belle que la fée... »
Après un apaisant interlude qui marque le retour des guitares suivi de ce que l’on pourrait qualifier de troisième couplet, une surprise nous attend. Pas dans les arrangements, mais dans le propos car tout à coup, dans les derniers mots de cette ballade intimiste, on comprend qu’on s’est fait avoir, qu’on n’a pas tout compris, que Castelain nous abernés.
On se rend compte alors qu’il a utilisé un procédé souvent utilisé au cinéma (ou en littérature). Procédé où ce n’est qu’à la fin du film (ou du roman) que le spectateur (ou le lecteur) découvre qu’en fait il était à côté de la plaque depuis le début.
Et au moment où la lumière s’allume (ou que le livre se referme), on n’a alors plus qu’une envie : tout reprendre dès le début.
C’est l’effet que m’a fait cette chanson le jour où je me suis donné la peine d’écouter les mots de Castelain (malgré un mixage pas terrible). Alors là, ça change tout, la « petite ritournelle » s’envole et prend une autre dimension. Bravo l’artiste !
QUEL EST CE FAMEUX « JOUR-LÀ ?
3ème extrait:
« ….Ce jour-là
je ne veux pas voir de cravate
de petit costard
des gens déguisés en pingouins
en rang d’oignon le chapeau à la main
il me faut des couleurs
des couleurs des mirlitons des confettis de fleurs
je compte sur toi »
dernier extrait:
« Ce jour-là
tu feras cadeau de mes guitares
à un marmot
qui reste des heures à rêver
devant la vitrine d’un luthier
Tu le reconnaîtras
tu verras
je sais que tu ne te tromperas pas
Je compte sur toi
ce jour-là ! »
Alors, vous avez compris ? Ce jour-là c’est le jour ……………………….
titre en écoute : « Ce jour-là »
Pour retrouver la discographie de Castelain, c’est ICI et là.
par CRAPOU






