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Francerock70 — Le blog du rock français
Chroniques

JEAN-PIERRE CASTELAIN (8)

francerock7025 mars 2023

Printemps de Bourges 1979, passer en 1ère partie devant un public impatient de voir Téléphone ne fut pas, je suppose, un bon souvenir pour Castelain qui, ce jour-là, avait joué la…

JEAN-PIERRE CASTELAIN (8)


Printemps de Bourges 1979, passer en 1ère partie devant un public impatient de voir Téléphone ne fut pas, je suppose, un bon souvenir pour Castelain qui, ce jour-là, avait joué la totalité de son album « Funambule » avec Francis Moze ( Magma, Gong) à la basse .

N’empêche que si je devais faire la liste des concerts que je regrette d’avoir ratés, je peux vous dire que celui-ci serait en tête de gondole !


Et quand ça ne veut pas... ça ne veut pas. À ce concert passé inaperçu et à l’occultation délibérée de son album s’ajoutera l’annulation de la tournée qu’il devait faire avec Emmanuel Booz (dont l’album « Dans quel état j’erre » venait de sortir sur le label Spartacus de Castelain).


J’ai un vague souvenir d’un article égaré (R&F probablement) d’où proviennent les deux photos ci-dessous, article évoquant les répétitions (pas franchement acoustiques) de cette tournée qui n’eut pas lieu.


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Nous retrouvons nos deux compères en 1983 lorsque le label Spartacus parvient à éditer deux 45T. Le premier concerne Castelain et le second Emmanuel Booz.

Celui-ci se fait dorénavant appeler Manu (le diminutif de son prénom) se plaisant à répéter « Le « Booz » est parti en vacances ».

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Sur le single de Manu, produit par Castelain, on retrouve ce dernier aux guitares et à la console.
Quant au 45T de Castelain, c’est en fait un disque promotionnel qui accompagne la parution de son 6ème album « De bric et de broc ».
Album qui est en fait le prétexte de cette chronique.

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D’emblée « De bric et de broc » peut paraître plus proche de ces quatre premiers albums de chansons plus ou moins pop/rock que de l’album de jazz rock fusion qu’était « Le funambule ».


C’est vrai qu’on assiste à un retour de chansons d’apparence plus conformes avec des mots faisant office de refrain.


De plus Castelain nous propose des titres acoustiques (deux pour être exact) dont la superbe chanson autobiographique « Faut rien regretter » que j’avais évoquée dans la rubrique consacrée à son 2ème album « Albéria » (extrait du texte et écoute du titre « ici »).


Mais on sent bien sur les six autres titres de l’album, que, au delà de leur rock typique des 80’s, quelque chose a changé. Notre Castelain est plus énervé, plus pressé, plus agacé, plus désabusé

Dès le premier titre, le décor est planté


« Neuf heures du soir
Un pavé dans la vitrine
Les hirondelles se pointent et les loubards se débinent
Y a du rififi sur les grands boulevards... »
(Babylone)

Parfois, sur ce titre notamment, le phrasé s’accélère et Castelain nous balance des phrases qui semblent ne pas vouloir se faire distancer par la rythmique au risque parfois de ne pas être compréhensibles.


Quoiqu’il en soit, sur cet opus, pas d’place pour la ponctuation, pas d’temps pour les rimes, pour les belles phrases, pour la poésie, pas besoin d’enluminures, de belles images, Castelain chante comme il parle.

C’est pas du rap, c’est pas du slam, c’est pas du spoken word, c’est du Castelain qui, du fond du bar, nous dit en chantant et en musique ce qu’il a à dire …

« ...dis tonton t’as pas cent balles pour un pauvre chanteur qui s’use les amygdales... » (Babylone)

« ...c’est pourquoi mon coeur ma boîte à chagrins j’ai pas toujours la banane au moment où j’suis bien... » (Lolita)

« ...j’fais une drôle de gueule j’vois un con qui rigole faudrait pas que j’me laisse aller j’lui ferais bouffer son béret... » (Monde d’amour)

« ...je sais qu’l’oseille pousse pas sans combine... » (Vitamines)


« ...la meilleure façon d’avancer c’est pas de rester là à discuter de l’itinéraire... » (Balance)

D’ailleurs dans le dernier titre (texte de Maxime Piolot) il l’avoue :

«Je parle trop les mots me reviennent au galop comme des boomerangs» (Evidences)

Mon regret pour ce disque, c’est le fait que les paroles ne soient pas insérées dans la pochette.

Si vous gaulez le fichier.rar, vous découvrirez plus aisément un véritable petit scénar qui raconte l’histoire d’un gars dont la Mimi s’est barrée.


Aussi, le débit du chant sur « Monde d’amour » le permettant, je me suis amusé à en retranscrire les paroles.


Elles illustrent parfaitement la façon dont Castelain s’exprime dorénavant lorsqu’il colle des mots sur sa musique.


La déprime du gars, la scène dans le bar et surtout le final admirablement suggéré me font penser au destin tragique de Schizo, l’homme voilier d’Oniris

(album chroniqué « ICI » sur le blog).

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Que dire du titre « Contact impossible » ? Il est tellement excellent et unique et, ne ressemblant à rien d’autre que je connaisse, que j’en suis réduit à écrire : « Commentaire impossible ».

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Qu’ajouter de plus sur cet album ? Succès d’estime une fois de plus puis …… plus rien. Lui a-t-il seulement permis de retrouver sa guitare ? On peut raisonnablement en douter.

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En 1991, Castelain publie « Spartacus Story », un disque promotionnel de présentation de sa maison de production Spartacus Music installée dans son propre studio, le studio Stratus à Levallois-Perret.


Le titre éponyme « Spartacus Story » est un collage de 13’32’’ de chansons et de pubs liées par des textes où Castelain décrit sa vie compliquée de musicien et notamment sa première incursion dans la pub.


Un must ! Une petite merveille pleine d’humour ! Le graal absolu pour les fans de Castelain  !


Ce CD promo comporte également une nouvelle version d’un titre chanté par Castelain en 81 « Je donnerai ma voix » ainsi que le classique « Nine by nine » extrait du CD instrumental jazzy « Les Présidents » dont Castelain avait composé les autres titres.


Enfin, ce CD est complété par diverses productions de Castelain pour Spartacus Music. A noter que la world music qui sera l’ADN de Spartacus dans les 90’s est déjà bien présente dans cette compilation.


Je vous propose l’excellent rip que Gaby avait confié il y a quelques années
à son extraordinaire ami bloggeur David (Jo Bolais).


Titre en écoute : « Vitamines »

Merci à Gaby et à Makhno

par Crapou

 

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