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Chroniques

Jane Birkin par Pierre Mikaïloff

francerock7022 août 2023

Il y a parfois des moments magiques dans la vie du rédac' chef de Francerock70 et aujourd'hui je l'avoue, je le savoure avec délice. Notre ami Pierre Mikaïloff vient de faire la u…

Jane Birkin par Pierre Mikaïloff

 

Il y a parfois des moments magiques dans la vie du rédac' chef de Francerock70 et aujourd'hui je l'avoue, je le savoure avec délice.

Notre ami Pierre Mikaïloff vient de faire la une du dernier Rock & Folk (n° 673) avec un article complet sur Jane Birkin. C'est un très bon papier de neuf pages avec photos ou Pierre laisse aller comme à l'accoutumée son talent de journaliste musical.

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Je vous encourage bien sûr à acheter le mensuel, c'est un exemplaire qui sera sans aucun doute collector dans quelques temps.

Ayant été mis au courant en début d'été par Pierre de ce futur article, je lui ai demandé s'il pouvait me faire un post complémentaire sur le blog pour honorer la mémoire de Jane.


Avec sa gentillesse habituelle, il m'a donné son accord.

Donc voilà cette chronique, consacrée à quelques anecdotes concernant la talentueuse Jane Birkin, qui vient compléter avec bonheur le papier de Pierre dans le magazine de nos distingués confrères "Rock & Folk".


Il y a également en bonus toute une série de raretés pour les adhérents de Francerock70

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Mister Pat

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Jane Birkin :

Lorsque Pat m’a suggéré de rendre hommage à Jane Birkin sur le blog en partageant une ou deux anecdotes si possible pas trop connues, j’ai choisi de puiser parmi celles qui émaillent la dizaine d’années durant laquelle elle fut la compagne de Serge Gainsbourg, et aussi de partager un souvenir ô combien révélateur de la gentillesse de Jane que m’a rapporté Richard Mortier qui composa pour elle et fut son guitariste.

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La décennie 1970 fut incroyablement prolifique pour Jane et Serge. C’est lorsqu’il vivait avec Jane qu’il a composé ses plus grands albums. Je subodore qu’elle lui apportait un équilibre qui décuplait ses capacités créatrices, tandis qu’elle-même s’épanouissait dans son activité d’actrice et prenait peu à peu de l’assurance derrière un micro, même si je ne suis pas sûr qu’elle soit venue d’elle-même à la chanson sans l’insistance de Serge. Mais ce n’est pas de musique que je vais parler ici. Je le fais abondamment dans le numéro de Rock&Folk de septembre. Je vais plutôt revenir sur un épisode de la vie de ce couple entré dans la légende qui illustre bien la légèreté et l’insouciance de ces années, sans oublier le petit grain de folie qui ponctuait certaines nuits chez Castel. Laissons Jane la raconter, manque juste son savoureux accent so british :


« Je crois que j’étais bourrée, il me fallait pas grand-chose. Serge avait commis ce soir-là une chose qui me semblait la plus vicieuse au monde : il avait retourné exprès mon panier devant plein de gens dans la boîte de nuit. Je me suis dit : ‘‘Ça, c’est le truc le plus impardonnable qu’on puisse faire.’’ Donc, j’attendais ma revanche. Titillée par des gens qui avaient vu la scène, j’ai aperçu une tarte qui était à portée de ma main. J’avais son visage en face de moi, ramasser la tarte et la lui envoyer à la figure n’a pris que quelques secondes. Et là, je me suis rendue compte que c’est la chose qu’il ne faut jamais faire, mais jamais. Jamais dans toute la vie, ne faites une chose aussi immonde que de jeter une tarte à la crème à quelqu’un en public. Et là, Serge a été formidable : il s’est levé et s’est dirigé vers la porte, avec des morceaux de tarte qui tombaient à chaque pas, il est sorti de chez Castel et il a marché droit vers la rue de Verneuil. Moi, en ne sachant pas quoi faire pour me sortir de cette horreur, je me suis levée, bien bêtement il faut le dire, parce que lui était noble. Il n’avait presque plus de tarte sur lui quand il est arrivé au coin de la rue de Verneuil, alors moi, tout à coup, j’ai eu une idée, c’était de le dépasser et d’aller me jeter dans la Seine. Je vous ai dit qu’on n’était pas très nets ni l’un ni l’autre. Et ça a marché pas mal, parce qu’il m’a vu, partant comme une flèche, donc il m’a suivie, parce qu’il était quand même très gentil, il voulait savoir ce qui allait se passer, et, là, j’ai traversé le quai Voltaire et j’ai dévalé les marches, quatre à quatre. Et dès que j’ai vu Serge emprunter le même escalier, pour qu’il me voie, je me suis retrouvée dans la Seine en trois secondes. Là, malheureusement, comme je ne sais pas nager, j’étais bien emmerdée, parce qu’en plus, il y a un courant assez vicieux. J’ai été repêchée par les pompiers et par Serge qui m’avait tout pardonné, ce qui lui ressemblait énormément, et nous sommes rentrés bras dessus bras dessous, avec mon chemisier Yves Saint Laurent qui avait rétréci de huit centimètres. Quand j’y repense, ça me semble tellement charmant, je n’en reviens pas de la naïveté. Des souvenirs comme ça appartiennent à un monde sans cruauté, enfin il me semble. »

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Souvenir cocasse, mais aussi contrepublicité pour les chemisiers Yves Saint Laurent qui ne semblent pas apprécier les baignades dans la Seine. L’autre témoignage est celui du guitariste et compositeur Richard Mortier, qui joua aussi aux côté d’Alain Bashung et de Sapho. Son récit est court, touchant et éclairant sur la personnalité de Jane, loin de projecteurs : « La veille de l’enregistrement de sa voix sur ‘‘Les avalanches’’, chanson que je lui avais composée sur un texte de Miossec en 1998, j’ai fait un infarctus. On ne s’était encore jamais croisés. Le lendemain, au lieu de se rendre au studio, je l’ai vu arriver au pied de mon lit à l’hôpital, avec une énorme boîte de bonbons (des réglisses !) et des mots apaisants qui m’ont fait un bien fou. Curieuse prise de contact qui témoigne de sa gentillesse et de sa simplicité. À cette occasion, elle m’avait raconté les infarctus de son Serge. »

Richard m’avait envoyé ce joli témoignage alors que j’étais sur le plateau de BFMTV lors des obsèques de Jane, avec mes camarades Jean-Pierre Pasqualini et Baptiste Vignol. Mon téléphone était alors coupé et je n’avais pu le partager à l’antenne. C’est réparé.


par Pierre Mikaïloff

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