Hermine : The World On My Plates
Encore un disque qui a longtemps hanté les bacs de soldes à vingt francs. Sur la pochette, une brunette, vêtue d'une élégante robe à pois et de gants à rallonge, range soigneusement une pile de 45 tours anonymes dans un lave-vaisselle. Qui était cette troublante ménagère ? Elle n'avait pas de nom, juste un prénom : Hermine.
Seules infos, le verso de la pochette, qui énumérait une liste d'illustres inconnus, crédités au piano, violoncelle ou saxo, un studio londonien et un label belge, Crammed Discs.
Il faudra pas mal d'années (ou éplucher soigneusement Rock & Folk) pour apprendre que Hermine Demoriane n'était pas née de la dernière pluie mais près de Paris, à Neuilly, en 1942, et que sa passion a longtemps été le funambulisme, c'est-à-dire l'art de se balader en l'air sur un fil.
Avant The World On My Plates, son premier mini LP, elle avait enregistré quelques 45 tours, joué dans le film punk Jubilee en 1977 et participé à toute une flopée de performances diverses qu'il serait trop long de recenser ici. On se reportera donc à Wikipedia ou au livret de la réédition CD pour connaître la biographie détaillée de la Miss.
Un second album suivra en 1984 (Lonely At The Top), puis, plus rien. La mystérieuse ménagère est retournée à ses fourneaux. Plus précisément à son château, car Hermine a hérité d'un domaine familial à Sacy-le-Petit, dans l'Oise, transformé en résidence pour artistes. En 2008, surprise, Hermine fait un come-back inespéré avec un nouveau CD, Who'll Come Walking?, publié sur son propre label, Salomé Discs.
Musicalement, on pourrait difficilement parler de hard-rock. Pas de guitares saturées, ni de batterie heavy. On est plutôt dans une sorte de cabaret new wave, à l'ambiance nostalgique, dominé par la voix d'Hermine, qui rappelle un peu celle de Nico, mais avec un accent français inouï, impossible. C'était son gimmick, son style, sa signature.
Titre en écoute : Happy Holidays
KLAUS BUILDING





