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Chroniques

HARMONIUM (la suite)

francerock705 septembre 2023

Avant la naissance d’Harmonium (c’est à dire avant l’arrivée de Louis Valois), le duo Fiori/Normandeau se produisait dans les cafés, boîtes à chansons et autres petites salles de…

HARMONIUM (la suite)


Avant la naissance d’Harmonium (c’est à dire avant l’arrivée de Louis Valois), le duo Fiori/Normandeau se produisait dans les cafés, boîtes à chansons et autres petites salles de Montréal.

Parfois ils étaient accompagnés de Pierre Daigneault (instruments à vent au sein de L’infonie, collectif de jazz expérimental). Plus tard, lors du début de la tournée qui suivra la parution de l’album éponyme (chroniqué ICI sur le blog), Pierre Daigneault continuera d’accompagner occasionnellement Harmonium avant de finir par intégrer le band.

Ce sera l’occasion pour le band de tester sur scène « Vert » et « Dixie », deux pièces que l’on retrouvera sur leur 2ème album « Les cinq saisons » où les arrangements nécessitent l’apport de la flûte traversière et de la clarinette.

Mais Serge Fiori, l’âme d’Harmonium, cherche encore à diversifier le son, le registre du groupe. Il ambitionne de partir dans des explorations où se mêleraient le folk, le jazz, le classique et le rock. Aussi il fait appel à Serge Locat (ex Nécessité et seul musicien de Montréal à posséder un mellotron, appareil quasiment introuvable à l’époque en Amérique du Nord). Serge Locat accepte la proposition et se joint donc à la tournée de l’album « Harmonium ».

Le groupe est dorénavant composé de cinq musiciens et va pouvoir s’attaquer à son prochain album, objet de cette chronique.

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En 1975, paraît donc le second album d’Harmonium, un album expérimental et symphonique fort différent de son prédécesseur et intitulé « Si on avait besoin d’une cinquième saison » mais appelé plus communément « Les cinq saisons » (appellation qui apparaîtra sur l’édition française du LP).

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L’illustration de la pochette donne le ton en nous présentant les cinq membres d’Harmonium rassemblés dans un paysage bucolique où gambadent des lapins blancs au milieu de papillons et de fleurs aux visages humains. Apparemment, Alice n’est pas la seule à être passée de l’autre côté du miroir !
D’emblée on peut être sûr qu’il s’agit d’un disque reposant et zen à souhait.

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L’album ne comporte que cinq plages, mais elles assurent totalement. Le groupe y raconte comment Montréal survit tant bien que mal aux quatre saisons avant d’en imaginer une cinquième avec « Histoire sans paroles », pièce instrumentale de 17 minutes qui clôt l’album.

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Le premier morceau, « Vert », ouvre l’album sur une ambiance printanière suggérée par une magnifique partition de flûte qui s’effacera discrètement devant une guitare sèche et une basse annonçant les chants aériens de Fiori vite rejoint par Normandeau et Valois.


Guitares acoustiques pleines de fraîcheur, enchevêtrements de voix extatiques, flûte et saxophone virevoltants et solo de piano électrique évoquent les couleurs du printemps, la renaissance de la vie. Bref l’année ou plutôt l’album commence bien…


Il faut mentionner que Michel Normandeau a contribué à plusieurs chansons des trois albums en encadrant et soutenant Serge Fiori dans ses démarches. Mais « Vert » est une des rares chansons du répertoire d’Harmonium qui ait été écrite principalement par Michel Normandeau.

Et c’est déjà l’été qui s’annonce avec le joyeux « Dixie », le titre le plus court de l’opus (seulement 3,25 minutes). Avec sa guitare ragtime, son piano sautillant, son solo endiablé de clarinette, on a affaire (comme son nom l’indique) à un morceau inspiré du dixieland (jazz de la Nouvelle Orléans).


Le titre « Dixie » qui évoque l’esprit festif des Québécois connaîtra un succès radiophonique foudroyant.

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Changement d’atmosphère avec les notes plaintives d’ondes Martenot (ancêtre électro-acoustique du synthétiseur) qui ouvre « Depuis l’automne ». Longue plage de 10 minutes tout d’abord grave et inquiétante qui sous l’effet d’un mellotron languissant et de choeurs enivrés va progressivement monter en puissance jusqu’à l’injonction finale. De quelle injonction s’agit-il ?


« Depuis que j'sais qu'ma terre est à moé
L'autre, y est en calvaire ...
Si c't'un rêve réveille-moi donc
Ça va être not' tour ça s'ra pas long
Reste par icitte parce ça s'en vient... »


Dans le contexte de l’époque, ces paroles cryptiques et énigmatiques de Fiori pouvaient être perçues par des Québécois comme sous-entendant des aspirations souverainistes.


Toujours est-il que pour les Gaulois que nous sommes, rien de tout cela n’est évident d’autant plus que les chansons d’Harmonium, toujours vaporeuses, offre une multiplicité de niveaux de lecture. A vous de voir, j’ai joint aux mp3 le texte de « Depuis l’automne ».

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Dans le froid de l’hiver « En pleine face » est une ballade mélancolique et triste susceptible d’inciter Mister Pat, le boss tyrannique de Francerock70, à se blottir devant un bon feu de cheminée accompagné de son fidèle Jack Daniels.


Sous le nom d’ « Histoire sans paroles » se cache la fameuse cinquième saison annoncée dans le titre de l’album. Cette longue suite instrumentale en cinq mouvements est le chef d’oeuvre absolu. Que ce soit la flûte, le mellotron, le piano, les guitares, les harmonies vocales, tout est parfait. La musique de cette pièce riche et complexe est si belle, si céleste qu’elle en est irréelle.


C’est en tout cas la composition parfaite pour terminer cet album magnifique et étonnant.

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Après l’écoute du LP on est surpris de réaliser que l’absence de batterie et de toute autre percussion (hormis les cuillères sur « Dixie ») se remarque à peine tant la profondeur mélodique et la richesse des thèmes nous ont captivé l’oreille.

L'album est une réussite totale : musicalement et commercialement. Très vite les ventes au Québec dépasseront les 100 000 exemplaires. Dans la foulée Harmonium effectuera une tournée avec 200 représentations en un an dans tout la province francophone.

En 2015 le magazine américain Rolling Stone classera cet album à la 36ème position des 50 meilleurs disques de rock progressif.

Au fait ! Qu’a voulu exprimer Fiori avec ce besoin d’une cinquième saison ? Un nouveau Québec ? Un Québec libre comme disait le Grand Charles ? Peu importe. Le disque est là et les visiteurs de Francerock70 qui ne le connaissent pas encore ont maintenant l’occasion de découvrir un bien bel opus. Telle est la mission que FR70 s’est assignée !

 

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Une page Wikipédia vous en apprendra davantage sur ce disque :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Si_on_avait_besoin_d%27une_cinqui%C3%A8me_saison


Si ce n’est déjà fait, je vous invite à lire la bio Wikipédia du groupe Harmonium (elle est bien documentée et pas trop longue) :


https://fr.wikipedia.org/wiki/Harmonium (groupe)


Si le lien se plante, faites une recherche avec « Harmonium groupe »

 

par Crapou
(à suivre)

 

titre en écoute : « Vert »

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