Satan ( 1973)
Une histoire comme beaucoup d'autres, celle d'un groupe resté dans l'ombre, d'un disque jamais publié, d'une carrière fugitive soudainement avortée,
Satan appartient à ces groupes maudits qui aurait pu figurer au panthéon du rock progressif. Originaire du Mans, la formation originale prend forme dès 1967
et s'inspire de la scène bouillonnante du rock Anglais.
Arborant le nom de Heaven Road lors de leurs premières représentations, leur musique ne laisse pas indifférent, un certainJacky Chalard et Hervé Leproux du Golf Drouot, les poussent à opter pour un nom plus en phase avec la scène musicale contemporaine.
Ce sera Satan, et dès 1973, le groupefréquente régulièrement la scène Parisienne et devient même le meilleur espoir du Golf Drouot.
André Beldent, le guitariste parolier se consacre alors à plein temps à la musique, avec sescompères, ils s'enferment en studio pour enregistrer ce que sera leur seul et unique enregistrement.
Mais voilà, aucune maison de disque ne les signe, et l'album ne voit pas le jour.
Alors pour survivre et donner un peu de sursis au groupe, les musiciens font du bal, mais l'album sombre dans l'oubli.
Le travail d'archéologie de Monster Melodies à réhabiliter un nombre considérable d'enregistrements tombés dans l'anonymat ( Calcium, eclosion...) et la réédition de ce 33 tours au nombre de 1000exemplaires, est la preuve irréfutable que la scène musicale en France a souffert d'un manque criant de promotion et de soutien financier.
Venons en au contenu de ce 33 tours : Dès l'entame du premier titre Le Voyage, le décor est planté, une étrange atmosphère qui colle à l'encéphale, quelque chose d'intrigant qui vous happe, l'univers personneldu groupe se distingue par ce sens mélodique exacerbé jamais exagéré. O.S dresse les contours de la misère quotidienne, avec ses inflexions jazz, ses passages nuancés et complètement hantés !
Le titre fait penser à Cadences du Groupement Culturel Renault.
Le Robot qui conclut la première face monte encore d'un cran, à mi-chemin d'un conte fantastique, le chant prophétique renforce la ligne mélodique dont les motifsbaroques en font presque une oeuvre orchestrale. Ainsi, se conclut la première face. En retournant le disque, La nuit des temps, on plonge dans une odyssée sonore parsemée d'éclairs de génie, gratifiée d’ornements substantiels.
L'aigle conclut le disque, pièce angulaire de l'univers torturé de Satan.
Un seul conseil, précipitez vous sur ce disque qui deviendra d'ici peu une pièce rare, achetez le pour en savourer l'intégralité !!
titre phare / LE VOYAGE
Aural Oddities







