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Francerock70 — Le blog du rock français
Chroniques

François Wertheimer

francerock7010 juin 2026
François Wertheimer

Né le 4 mai 1947 à Paris, François Wertheimer est l'une des figures les plus singulières et méconnues de la chanson française des années 1970. Auteur-compositeur, interprète, metteur en scène, producteur et créateur de spectacles, il a construit une carrière atypique à la croisée de la musique, du théâtre, du cinéma et des nouvelles technologies.

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Ses premiers pas dans la musique se font aux côtés de Jean-Michel Jarre, qu'il côtoie au lycée Michelet de Vanves. Très jeune, il écrit et met en scène des spectacles musicaux avant d'enregistrer son premier album en 1970. Cette même période le voit partir en tournée en première partie de Johnny Hallyday, une expérience qui lui permet de se faire connaître du public français.

Contrairement à de nombreux chanteurs de sa génération, François Wertheimer ne limite pas son activité à la chanson. Il s'intéresse au mime, au cirque, à la magie, au théâtre musical et à la réalisation audiovisuelle. Son univers artistique se nourrit d'une imagination foisonnante où se mêlent poésie, fantaisie et goût de l'expérimentation.

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L'un des épisodes les plus marquants de sa carrière reste sa collaboration avec Barbara. En 1973, il écrit l'ensemble des textes de l'album La Louve, dont la célèbre chanson Marienbad. Cette collaboration témoigne de ses qualités d'auteur et de sa proximité artistique avec l'une des plus grandes voix de la chanson française.


Bien qu'il n'ait jamais connu un immense succès commercial, son œuvre est aujourd'hui recherchée par les collectionneurs et les amateurs de raretés de la chanson française des années 1970.


Paru en 1977 chez Philips, Fermez les yeux est sans doute l'œuvre la plus aboutie de François Wertheimer.

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Composé de dix titres entièrement écrits et composés par l'artiste, l'album se présente comme une invitation au voyage intérieur, entre rêverie, poésie et douce mélancolie.

Dès « Bouton d'Or », l'auditeur est plongé dans un univers délicat où les images poétiques prennent le pas sur le réalisme. Wertheimer ne raconte pas simplement des histoires : il peint des atmosphères. Sa voix douce et légèrement voilée accompagne des arrangements subtils qui mêlent chanson française, folk et touches de rock feutré.

Le disque atteint rapidement ses sommets avec « La Chanson des Quatre Vents » et « Sainte-Marie des Rêves », deux compositions qui illustrent parfaitement son goût pour l'évasion et l'imaginaire. Les mélodies semblent flotter hors du temps tandis que les textes évoquent des paysages mentaux plus que des lieux réels.

Au cœur de l'album, « Le Clown » s'impose comme l'un des morceaux les plus marquants. Derrière la figure traditionnelle du clown se cache une réflexion sur la solitude et les masques que chacun porte au quotidien. La chanson possède une profondeur émotionnelle qui rappelle parfois les univers de Barbara ou de Gérard Manset, deux artistes avec lesquels Wertheimer partage un même goût pour la poésie symbolique.

« Monsieur Jo » et « La Petite Solitude » poursuivent cette exploration intimiste. On y retrouve une sensibilité rare, loin des modes de l'époque. Là où le rock français se fait souvent démonstratif à la fin des années 1970, Wertheimer choisit la retenue, préférant les nuances aux effets spectaculaires.

La seconde face du disque s'achève avec « Un chevalier a traversé la ville », superbe conclusion empreinte de nostalgie et de mystère. Cette dernière chanson résume à elle seule l'esprit de l'album : un monde où les personnages semblent sortir d'un conte moderne, entre rêve et réalité.

Musicalement, Fermez les yeux bénéficie du talent de musiciens remarquables, parmi lesquels Alain « Slim » Batteux, Luc Bertin et Joe Hammer. Les arrangements restent élégants et jamais envahissants, laissant toute la place aux textes et aux mélodies.

Fermez les yeux est l'un de ces albums secrets que l'on découvre souvent par hasard et que l'on garde longtemps près de soi. Ni véritablement rock, ni totalement variété, ni pure chanson d'auteur, il occupe un territoire très personnel où règnent l'imagination, la douceur et la poésie.

À l'heure où de nombreux disques des années 1970 ont vieilli, celui-ci conserve une étonnante fraîcheur.

C'est un trésor caché de la chanson française des années 70, à écouter lorsque le tumulte du monde devient trop bruyant et que l'on ressent le besoin, tout simplement, de fermer les yeux.

Mister Pat

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