Chris rocks en mai 2021 nous faisait découvrir François Fournet et son album "sans défense" ICI
Un an plus tard je remettais le couvert avec une interview de l'artiste et une chronique de son album "Revox" ICI
Mais malgré ces deux posts, il faut avouer que l'on ne savait pas grand chose sur la carrière de François Fournet.
Je suis resté en contact avec François, il m'a d'ailleurs envoyé son livre "les vieux chiffons de ma mémoire" un recueil de souvenirs qu'il a publié en 2019.
J'en profite avec ce nouvel article pour revenir sur l'étonnante aventure musicale de François Fournet.
Son bouquin m'a permis de découvrir son parcours dans le milieu du show biz des années 70.
Ne pouvant bien entendu pas tout raconter car tout ne concerne pas la musique, je vais essayer de vous faire un résumé des meilleurs pages du livre de souvenirs de François Fournet.
Concentrons nous directement sur les tribulations de François dans le Paris des années 70.
François déjà musicien confirmé était un expert de la guitare et du banjo. En septembre 1969 il intègre les "Alcazars swingers" un groupe style "New Orleans" au cabaret "l'Alcazar", c'est le début d'un cheminement musical qui ne s'arrêtera jamais.
C'est à l'Alcazar qu'il fait la connaissance de la chanteuse "Dani" dans des circonstances un peu particulières, il l'accompagne en compagnie de ses quatres acolytes (Alcazar Swingers) en faisant les "boys". Dani devant faire la première partie des Charlots et de Claude François.
Il faut l'avouer cela ne s'est pas très bien passé, François n'étant pas dans son rôle de musicien raconte "dès les premières mesures, ma mémoire se bloqua et je me suis emmêlé les crayons, faisant tous les pas de travers"
Après cet échec lamentable "sic" François, Dani avec sa grosse voix grave de louloute de banlieue engueule vertement le pauvre François. Celui ci ne pouvant s'empêcher de répliquer est viré le soir même.
Après cet intermède à l'alcazar, François intègre temporairement, car il a d'autres idées en tête, le groupe new-orleans "les haricots rouges" au poste de banjoïste . Ils assureront la première partie du groupe "Chicago Transit Authority" au palais d'hiver à Lyon.
François décide ensuite de changer d'univers musical pour se consacrer au rock et à la pop, il vend son banjo et s'achète une belle guitare basse "Fender précision", il met des affichettes dans les magasins de musique "Bassiste cherche groupe pop-rock". C'est ainsi qu'il fait connaissance de Paul Soussan guitariste chanteur amateur, de cette rencontre naîtra le groupe "puzzle" une bande de joyeux musicos.
François continue par ailleurs à composer chez lui des mélodies. Il rencontre Vincent lamy alias Eddick Ritchell (Au bonheur des dames, odeurs) qui jouait alors dans un groupe de rock progressif appelé "Io".
Vincent Lamy devient rapidement un copain et François lui fait écouter ses maquettes.
Un titre lui plait particulièrement, Vincent le fait écouter à Frederick Leibovitz un éditeur qui travaille chez Pathé Marconi qu'il connaissait bien.
Celui ci est intéressé, il le présente à Boris Bergman l'auteur des paroles de "rain and tears" des aphrodite's child.
C'était la grande période des slows d'été et Leibovitz avait réitéré l'exploit en créant le groupe fantome "Jupiter Sunset" (josé bartel chant, François Auger batterie, Jacques Certain Basse, Dominique Périer claviers) qui avait décroché un gros hit avec "Back in the sun". ICI
Leibovitz veut refaire un nouveau disque avec "A Friend" une adaptation de "aux marches du palais", il décide de prendre une de des compositions de François pour la face B du single, Boris Bergman écrit les paroles, le titre s'appelle "Forgive me the bad Things".
François participe à l'enregistrement joue de la guitare rythmique sur le morceau.
Sur ces entrefaites, un autre titre de François est retenu par Peter Lelasseux, directeur artistique chez Polydor, il s'agit de"Je ne suis pas un schizophrène" de Cany.
François est aux anges, c'est le début de son entrée dans le monde de la chanson et de l'édition.
Frédéric Leibovitz organise une nouvelle séance d'enregistrement au studio Pathé à Boulogne-Billancourt le morceau a enregistré est "Turn Back The time" , c'est une chanson pop qui sonne très musique des Andes, le succès d'El Condor pasa par Simon and Garfunkel avait remis cette musique au goût du jour.
Dominique Perrier, François Auger, Jacques Certain et François Fournet mettent en boîte le titre.
L'idée géniale avait été de renforcer cette rythmique en enregistrant des bruits de pas sur une planche en bois.
Vers la fin de l'après-midi arrive John Spencer un jeune chanteur américain avec une voix superbement nasillarde.
Frédéric Leibovitz rajouta de la flûte de Pan, du violon et à l'arrivée tout ça sonnait vachement original.
Le disque sort quelques semaines plus tard sous le nom du groupe "Time Machine" et reçoit un beau succès.
François devient pote avec John Spencer.
Vers la fin du mois d'août 1972 François Fournet est de retour à Boulogne au studio Pathé pour enregistrer un 45 tours d'une nouvelle formation les "Golden trash" une nouvelle idée de groupe fantôme de Frédéric Leibovitz.
Ce coup-ci deux de ses chansons ont été retenus " someone's missing" et " Had A Good Time".
A cette séance sont présents outre les irremplaçables François Auger et Dominique Perrier, Vincent Lamy à la guitare folk et François à la Fender, John Spencer est au chant, participe également le guitariste Alain renval plus connu sous le nom de Ramon Pipin (Au bonheur des dames, Odeurs)
il improvise un super chorus à la guitare sèche sur " Had A Good Time " le disque sort en septembre et fait un bide total.
L'équipe ne veut pas rester sur cet échec et quelques semaines plus tard ils enregistrent deux nouvelles chansons "sailing my ship" et "white man" sous le nom de groupe "wood" ce fut de nouveau un bide pourtant cette fois ci selon François le son était bon.
Voulant de nouveau tenter sa chance François Fournet sort un nouveau 45 tours sous le nom de "Mish Mash" et comme il fallait que le disque est l'air d'un single anglais il chante les deux titres sous le pseudonyme de Brian Hunniset.
Malheureusement une fois de plus le succès n'est pas au rendez-vous.
Ulcéré François fonce chez la radio Europe numéro 1 avec son disque sous le bras.
Arrivé devant le bureau du responsable de la programmation musicale, il trouve la porte ouverte et se présente avec son disque à la main.
Avant même qu'il n'ait pu dire un mot le gars voyant la galette s'exclama "ah non pas ça !!! " et lui tourne le dos.
il avait visiblement écouté "Miss Mash" et mis le disque directement à la poubelle.
Complètement écoeuré après toutes ses tentatives sans lendemain, François décide de tout lâcher.
Il revend sa basse fender fourgue ses albums de tintin et des pieds nickelés chez pellucidar et vends à son frère Alain sa collection de disques vinyles et donne finalement à un gamin voisin de palier sa précieuse guitare.
Cette fois ci c'est terminé, il est déterminé à changer de métier, il fait déjà des travaux de bricolage chez les particuliers pour survivre et c'est dans cette direction qu'il s'oriente désormais.
Pour se refaire une nouvelle vie, avec sa copine il prend la direction de l'Allemagne loin du show biz et de son univers impitoyable.
C'est ce que pensais François Fournet, il avait 23 ans et pourtant le destin en avait décidé autrement.
Il n'en avait pas fini avec sa guitare loin de là, mais la suite, je vous la raconterai la prochaine fois.........
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Voici pour illustrer cette période du début des années 70, la compilation des titres énumérés ci dessus.
C'est un reflet de l'état d'esprit des producteurs des maisons de disques de l'époque. Il fallait sortir un tube à tout prix.
Grâce à la création de formations pseudo anglaises montées de toutes pièces, ils essayaient de s'ouvrir les portes des radios et des hit-parades.
François Fournet avec ses chansons reproduisait parfaitement le style musical venu d'outre manche. De la bonne pop music comme savait le faire les groupes se produisant dans "top of the pops"...
Malheureusement le problème c'est qu'avec ce genre de 45 tours, il était impossible de faire une carrière à long terme.
Malgré tout ces chansons méritent une nouvelle écoute, c'est toujours un grand plaisir de se replonger dans les fabuleuses années 70.
Nos années d' insouciance et de liberté...
par Mister Pat
Merci à François Fournet pour l'envoi du livre et des titres présents sur la compilation et pour sa gentillesse.
Titre en écoute : Had a good time (Golden Trash)









