Denis Wetterwald – Ça pue ça tue et ça rend con ( 1973 autoproduction Pressage Privé).
Dans le domaine des auto-productions, il existe une flopée de disques passés totalement inaperçus. La faute à pas de chances ? Une promotion insuffisante ou carences de contacts dans le music business ?
Le cas de Denis Wetterwald rassemble diverses thématiques encore en vogue en 1975 : écologie, résistance à l'armée, société de consommation.
Difficile à caser, le folk « à la française » a pourtant sa marque de fabrication. Et ce disque truculent, ne manque pourtant pas de hameçonner l'oreille avec une verve mordante.
L'absence de public, le passage fugace d'un disque dans le circuit du disque, une gloire passée jamais réitérée, qu'importe, Denis Wetterwald compose selon ses humeurs, n'en déplaisent aux labels courant derrière la chanson qui fera recette, ce premier LP est un pied de nez à la bien-pensance.
Les mots défilent en fanfare, s'emboîtent spontanément.Mini Polka justement s'écoute comme le segment d'un sketch, sans être commercial. C'est ça la liberté musicale !
Fais gaffe copain est avec sa section de cuivres, une mise en garde annonçant la civilisation mercantile, la récupération d'une génération naïve. Prédestiné à devenir un prophète lucide sur les transformations de la décennie suivante, Wetterwald signe un disque où la poésie côtoie le surréalisme. Mais ce n'est pas son ultime signature, viendront ensuite d'autres albums plus proches de la chanson.
Titre en écoute : Fais Gaffe copain
par Aural Oddities




