Nous avons déjà croisé Denis Pépin sur notre blog sous son vrai nom (Farid Khaldi). C’était dans les chroniques consacrées aux groupes pop Les Boots et Ragga. Au sein de ces deux groupes, on le retrouvait au chant et à la guitare avec son pote Robert Fitoussi (le futur FR David).
D’autre part, sous son nom d’artiste solo, Denis Pépin a fait l’objet de deux autres chroniques sur notre blog (album « Mon dernier dimanche » et album « Les p’tits métiers »).
Aujourd’hui j’ai choisi de vous présenter l’album qui a ma préférence : « Je ne suis rien que » (1975).
En fait, ce LP avait été précédé en 1974 par un 45T qui eut un certain succès notamment auprès des radios.
La face A était une reprise de « Une jolie fleur » de Brassens. Denis Pépin en proposait une version très personnelle grâce aux arrangements sautillants et sensibles de Michel Bernard.
La face B « Mauvais soldat » évoquait le destin d’un soldat sudiste lors de la guerre de sécession. Je me replongerai plus tard dans les aventures de Blueberry et des deux tuniques bleues Blutch et Chesterfield…
Pour l’instant jetons plutôt un œil sur le recto de la pochette du LP qui nous intéresse aujourd’hui.
Un petit mot d’encouragement de Georges Brassens y est reproduit. Preuve que celui-ci n’a pas été consterné ou scandalisé par la reprise variété-pop de sa Jolie Fleur.
« Merci Denis Pépin pour cette interprétation de Marinette, les bancs publics, la jolie fleur et le mauvais sujet, une interprétation personnelle avec des sonorités qui sont loin de me déplaire. Merci aussi pour « L’eau vive » de Béart et « Ma môme » de Ferrat qu’on écoute toujours avec plaisir. Et merci encore pour les chansons de … Denis Pépin qui m’ont fait passer un moment agréable et auxquelles je souhaite un grand succès et une longue vie. »
Dans une interview, Denis Pépin, évoquant Brassens, déclarera« Bien sûr, la première fois que l’on s’est rencontré, j’étais un peu ému, c’est quand même un grand bonhomme. Mais je me suis senti tout de suite senti à l’aise. C’est un personnage très sécurisant, une espèce de sage...»
Avec le feu vert de ce dernier (je n’ose employer le mot ‘bénédiction’ en évoquant Brassens), Denis Pépin va donc lui emprunter trois autres titres : « Marinette », « Les amoureux des bancs publics » et « Le mauvais sujet repenti ». Par la même occasion, Denis Pépin en profitera pour revisiter deux autres ‘classiques’ de notre bonne vieille chanson française : « Ma môme » de Ferrat et « L’eau vive » de Béart.
Je n’ai pas grand-chose à ajouter au propos de Brassens qui donne une idée très juste de ce sympathique album aux arrangements rythmés et colorés.
Outre les reprises mentionnées ci-dessus, l’album comporte six créations de Denis Pépin où transparaît déjà ce qui fera sa marque de fabrique : une pointe d’humour sur des textes pas prétentieux pour un sou mais toujours intéressants et portés par des arrangements très mélodiques nettement supérieurs à ce qui se faisait dans la variété française de l’époque.
Compositeur des six inédits du LP, Denis Pépin a confié l’écriture des textes à trois auteurs (M. Pacaud, M. Bernard et J.C. Collo) que nous retrouverons sur ses albums ultérieurs.
Parmi les musiciens ayant contribué à l’enregistrement, on trouve trois ex-New Bluegrass Connection (Milteau, Caranhac et Hauser), deux ex-Ophiucus (Pouret et A. Labacci), deux ex-Présence (Darras et Desumeur), un ex-Fleur de Pavot (Castelain), sans oublier Marcel Azzola et Leroy Gomes (futur Santa Esmeralda). Beaucoup parmi eux participeront aux albums suivants de Denis Pépin (le grand gagnant étant Dany Darras que l’on retrouvera par la suite sur tous les albums du chanteur à la casquette…).
A ce propos, retrouver tout au long de l’album (notamment sur « Comme tu dis ») les harmonies vocales raffinées et subtiles de Darras & Desumeur est un réel plaisir.
Cet album de Denis Pépin (le seul disponible sur les plateformes) avait déjà fait l’objet d’une chronique sur le blog du regretté Jo Bolais (les Sensass Sillons). ICI
J’ai ajouté sur le zip « Mauvais soldat » et la version longue de « Aime ce que tu as ».
titre en écoute : « Le mauvais sujet repenti »
par Crapou (qui remercie Makhno pour les extraits de l’article d’Extra)









