Colapsus - Invisible Songs (2004)
Ne vous fiez pas à la pochette qui aurait très bien pu habiller un album de dark gothic metal genre Paradise Lost il y a vingt ou trente ans. Bien loin de tout cela, Colapsus se réclamait en réalité "d'une certaine musique progressive des années 70 tout en assumant des influences jazz et électroniques". Telle était la profession de foi que j'avais dû trouver sur leur site il y a 20 ans à réception de ce cdr dans la boîte à lettres du mag de prog dont je faisais partie.
Ne cherchez ni le site, ni même l'album, tout cela n'existe plus et, à l'image de son nom, l'album est invisible, référencé nulle part et n'a je pense jamais été pressé industriellement ni distribué "professionnellement", restant à l'état de cdr.
Il est donc fort à craindre que le but premier de sa diffusion aux médias de l'époque (eux-mêmes confidentiels) - création d'un "vrai" groupe et recherche de distributeurs (cf la lettre jointe) - n'a pas porté ses fruits.
C'est bien regrettable car j'avoue que si l'album m'avait un peu décontenancé il y a quasi 20 ans, aujourd'hui je le réécoute avec grand plaisir. Pour ce qui est du genre musical, ce n'est ni du prog estampillé 70s, ni de l'électro ni du jazz ... mais c'est un peu tout cela à la fois effectivement.
La démarche et la construction souvent complexe des titres sont résolument prog, le rythme est souvent jazzy avec des touches de claviers parfois très Ray Manzarek, et le rendu, de par le chant et la programmation qui est le squelette de l'album, sonne électro.
Attention, le terme programmation ne doit pas effrayer les vieux pépères analogiques que nous sommes pratiquement tous ici, et n'est pas synonyme de froideur et d'absence d'âme.
Sa présence s'explique avant tout par le bagage du duo qui constitue Colapsus : Alkis Argyriadis et Franck Chapelat sont scénariste, graphiste et designer sonore dans le domaine des jeux vidéos, et en grattant un peu sur le www je les ai retrouvés chez l'éditeur Ubisoft dont ils semblent toujours faire partie. Mais ils sont également musiciens à part entière : claviers, basse, guitare, e-bow, le chant tout en retenue et douceur étant assuré par Franck.
A aucun moment on a donc l'impression d'un disque "préfabriqué", il s'agit bien de l'oeuvre d'un groupe, les parties instruments réels et programmées s'intègrent parfaitement les unes dans les autres. Seule une oreille un peu snobinarde se vantera de les distinguer. Je ne sais pas pourquoi mais tout comme en 2004 cette musique me fait toujours penser à la bande son d'un film imaginaire. A chaque écoute des images me viennent. C'est peut-être dû au bagage professionnel de ses auteurs, qui sait ? Toutefois c'est totalement inconscient car à l'époque je n'avais aucune idée de leur implication dans le monde du jeu vidéo, lequel m'est totalement étranger à l'exception peut-être de Rayman (justement Ubisoft) auquel je jouais avec mon petit bonhomme.
Même s'il est trop tard pour faire de ce disque une référence en matière de rock à la française, donnez-lui malgré tout une chance de vous séduire. Les titres les plus rythmés mais jamais agressifs se trouvent au début, tandis que les 20 dernières minutes sont beaucoup plus "ambient" et planantes.
Quelques écoutes peuvent s'avérer nécessaires avant que la magie n'opère, ne bloquez pas à la première.
2ni The Cat
titre en écoute : Underground Moves.





