Clermon’ The Rock (compilation 1988)
Si l’ami Makhno semble attaché à Lyon, dans mon cas c’est Clermont-Ferrand, terrain de jeu de mes premiers concerts au milieu des années 80, le plus proche de chez moi ( à 150 km quand même !) et approvisionnement chez les disquaires du crû (Connen, Fnac d’abord puis Spliff, une institution locale devenue un label et berceau du magazine Rock Sound). Le tout premier concert fut Judas Priest, tournée Defender, j’en ai les oreilles qui bourdonnent encore, mais on s’en fout un peu ...
La scène locale y a toujours également été particulièrement active au point que Le Monde a élu la capitale arverne Capitale Du Rock En France en 2009 je crois. Auparavant, en 1988, elle avait déjà donné lieu à la compilation qui nous intéresse et que je ne découvre qu’aujourd’hui suite à une recherche sur Les Barons du Délire. Mon ignorance est telle que je ne connaissais absolument aucun des 9 autres groupes. Il faut dire qu’en 1988 j’étais déjà exilé dans la Capitale donc plus trop au fait de ce qui se passait au pied du Puy De Dôme.
J’aurais au moins pu connaître Jeudi Noir qui ouvre l’album, car groupe de l’époque d’un musicien incontournable de la région depuis les années 60, Jérôme Pietri : Les Geminis, SOS, Too Bad, le fabuleux El Diablo … etc, etc ... et désormais artiste de blues en solo et spécialiste/créateur de guitares-bidon, dont je recommande hautement le dernier album en date, Gone Fishing (2015).
Toutefois point de blues sur cette compil qui navigue essentiellement en terrain new wave/rock indé alternatif typique des années 80 bénéficiant d’un son plutôt soigné, la plupart des titres ayant été enregistrés pour l’occasion dans 2 studios locaux, à l’initiative de l’association Exhaust Pipe et du Centre d’Information du Rock Auvergne.
A l’exception de Hausman dont le titre lorgne vraiment trop vers le hit radio sucré typique 80s à la Jeanne Mas à mon goût, tous ces groupes sont plutôt une bonne surprise, mais la plupart n’auront pas d’autres traces discographiques, du moins recensée.
Folamour aurait réalisé 2 45 tours chez Spliff, Jack Et Les Eventreurs a également un autre titre sur une compil consacrée au Printemps de Bourges puis des albums sous le nom de Jacks et Karoline Kolera a publié un EP 5 titres live dont est extrait le titre présent ici, EP acquis depuis et qui fera éventuellement l’objet d’un prochain post. Et c’est à peu près tout ce que je sais. Rien sur Jeudi Noir, Pace Maker, Café Mauve et Les Flags.
La grosse exception de cette compilation est Banana Spleen, pas Clermontois mais Bourbonnais et qui publie encore régulièrement des albums et dvd hors circuit depuis cette époque lointaine. De plus leur style dénote un peu ici puisque l’on est plus sur le collectif de scène de musique festive et spectacles rigolos que sur du rock 80s. Ecoutez bien les paroles de leur titre ...
Quant aux Barons Du Délire, dont Mister Pat vous avait offert le 2ème 45 tours il y a plusieurs mois ( http://francerock70.centerblog.net/628-les-belles-compiles-de-oncle-pat , le 1er étant dispo sur demande …), le titre présenté ici, Concert Pour Un Satire, n’est pas leur plus abouti. C’est sans doute pourquoi ils l’ont repris, ou plutôt largement remanié, 10 ans plus tard sur leur album Bienvenue En France. Album qui fut au passage une grosse grosse douche froide en ce qui me concerne, dans un style ska rock indus très très très énervé, loin de ce qu’ils avaient fait auparavant, vite lassant sur la longueur d’un cd. Une réécoute 20 ans plus tard n’y a rien changé.
C’était toutefois un fabuleux groupe de scène emmené par le guitariste à la grosse voix Géraud Costet, qu’il me semble avoir vu au Printemps de Bourges à l’époque de cette compil, mais ma mémoire me joue peut-être des tours.
Voilà, vous en savez autant que moi sur le sujet, sinon beaucoup plus si vous êtes du coin !
A noter un livre sur le même sujet paru en 2013 : « Une histoire du rock à Clermont-Ferrand - 50 ans de bruits défendus à Bib City». Acquis spécialement pour essayer d’en savoir plus sur cette compil et la scène de l’époque, j ‘avoue être resté sur ma fin. En fait d’histoire il s’agit d’un recueuil de témoignages/souvenirs parfois très brumeux et un peu foutraques de divers acteurs locaux, livrés tels quels, pas particulièrement bien écrits. L’auteur, Patrick Foulhoux, n’y fait aucun article de fond, le non initié s’y perdra donc assez vite devant cette avalanche de noms et de lieux qui ne sont une évidence que pour le microcosme musical clermontois. Cette compil n’est évoquée qu’en une phrase par Jack Daumail (Jack Et Les Eventreurs), et encore, de façon inexacte, l’assoce Exhaust Pipe totalement absente et seulement 4 des 10 groupes y témoignent.
La parution de cet ouvrage a également donné lieu à un reportage France 3 Auvergne : ICI (dont une interview de Géraud Bastar/Costet)
titre en écoute : Jeudi Noir – Echec Au Tango
sur youtube : Jack Et Les Eventreurs – She Interrupted Me
2ni The Cat







