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Francerock70 — Le blog du rock français
interview

CLAUDE JACQUIN (les débuts 1960 à 1970)

francerock7016 septembre 2022

Claude Jacquin ! Un nom qui n'est sûrement pas complètement inconnu pour quelques-uns d'entre vous. Claude Jacquin a connu un beau succès vers la fin des années 70 grâce à son alb…

CLAUDE JACQUIN (les débuts 1960 à 1970)


Claude Jacquin !


Un nom qui n'est sûrement pas complètement inconnu pour quelques-uns d'entre vous.


Claude Jacquin a connu un beau succès vers la fin des années 70 grâce à son album " générations" sorti en 1978 chez Sonopresse, il obtiendra ensuite le prix de la chanson française au Midem en 1980 en compagnie de Michel Jonasz pour son album studio suivant " jeux de mains ".

A mon avis c'est déjà une belle référence !


Nous avons "flashés" moi et mon compère Makhno sur ces deux vinyles, enthousiasmé par le talent de l'auteur compositeur interprète je ne pouvais faire autrement que d'essayer de contacter Claude Jacquin pour une interview.


Tombant sur un répondeur, le temps passant, je pensais malheureusement avoir définitivement échoué.


Mais un jour et beaucoup plus tard mon téléphone a sonné : " Bonjour c'est Claude Jacquin à l'appareil."


Pour moi une très grosse surprise !


Etonnant non !

Dès lors Claude Jacquin m'a très gentiment envoyé par mail sa biographie.


Je dois vous l'avouer elle est énorme.


Car Claude ne s'est pas seulement cantonné à un rôle de chanteur.


C'est un artiste complet, il a de nombreuses cordes à son arc.

Il est bien sûr chanteur, auteur-compositeur mais aussi écrivain, dessinateur, illustrateur, réalisateur de vidéos, compositeur de génériques TV, réalisateur de films d'animation etc.....


Claude est une personne très attachante aux textes toujours engagés, c'est pour ça que j'ai décidé de lui consacrer toute une série d'articles.


Il y en aura beaucoup car il a une discographie impressionnante le bougre !


Des galettes aux styles complètement différents, mais toujours passionnantes.


Je vais revenir avec lui sur son aventure musicale, sur ses disques et sa vie artistique.


Nous allons découvrir ensemble chaque disque depuis ses tout débuts dans les années 60.


En fil rouge, il y aura une interview "fleuve" qui illustrera les articles.

Comme Claude Jacquin est un grand bavard, comme moi, j'ai décidé de nommer ces articles "Bavardages". Des entretiens très enrichissants ou nous reviendrons sur une carrière longue de plus de 50 ans.


Avec cette série d'articles nous renouvelons l'expérience que nous avions déjà développé avec Pierre Chérèze, un éclairage complet sur la carrière d'un artiste.


Et une fois de plus je vous invite à rester en notre compagnie, car il va y avoir pas mal de belles surprises.


Comme il faut bien commencer par le début, voici le tout premier article consacré à un artiste de grand talent Monsieur "Claude Jacquin"


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Biographie :


Les débuts (1960 à 1970) :

Claude Jacquin est né le 28 février 1946 à Dijon, dans la zone du Castel - là où à vécu lejeune Gustave Eiffel .

Il y passe toute son enfance. Petit fils de paysans jurassiens, père de deux enfants, il grandit dans une famille d’ouvriers et rien ne le destine à mener une carrière artistique.

Il quitte le collège à 15 ans, travaille un an chez un carrossier automobile, pour suivre ensuite une formation de coiffeur.

C’est pendant les années 60 qu'il commence à s'intéresser à la musique en intégrant ungroupe de folksong.

Il part au Sahara pour effectuer son service militaire dans le service de santé desarmées, 16 mois pendant lesquels il exerce diverses fonctions : infirmier post-opératoire,projectionniste, titulaire délégué à la morgue, coiffeur et accessoirement musicien.


C'est en 1967, qu'il rejoint le groupe de folksong des « Roadmen » comme banjoïste. « LesRoadmen » font des reprises des chansons de Bob Dylan, Hugues Aufray, Graeme Allwright...).


Il compose sa toute première chanson « La route solitaire » avec laquelle le groupe participe en1968 à la finale du grand prix de la chanson française de Thoissey, organisé par l'O.R.T.F sous unchapiteau de 5000 places avec Johnny Halliday en vedette.

« Les Roadmen » terminent à ladeuxième place.

1._1968-Roadmen_article

En 1969, il interprète ses premières chansons dans différents lieux de la Région dijonnaiseet souvent en première partie de chanteurs comme Jean Vasca, Félix Leclerc, FranciscoMontaner, Marc Ogeret, Henry Dès…


C'est en 1970 qu'il enregistre, à compte d’auteur, son premier 45t (4 titres), accompagné par troismusiciens de la région.

C'est avec ce premier disque que nous allons commencer la découverte de son abondante discographie


En attendant voici la première interview d'un longue série de                       " bavardages " qui va se poursuivre au fil des mois.

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L'interview :

Mister pat : Bonjour Claude, en premier lieu je voulais te dire un grand merci d'avoir accepté cette longue série d'entretiens concernant ta très abondante carrière artistique.

Claude Jacquin : Bonjour Pat, Je pense qu' à un moment ou un autre, il faut revenir sur les années passées, il y a tellement à raconter et suite à ta proposition j'ai eu envie de le faire sur ton blog Francerock70.


MP : Il y a effectivement beaucoup à raconter te concernant, ta bio est énorme ! nous allons débuter cette collaboration, car pour moi c'est plus une série d'articles co-écrit par Claude Jacquin et Mister pat, par tes débuts, la 1ère période qui va des années 60 à l'année 1970.


CJ : Ok je suis prêt, on peut commencer car les vibrations avec toi sont vraiment bonnes!

MP : Oui moi aussi Claude j'aime beaucoup ce tête à tête complice !

voici donc la toute première question, Claude rien ne te destinait à être un artiste, tes parents étaient ouvriers !

CJ : oui exactement mon père travaillait à la "SNCF" et ma mère était coiffeuse en chambre (à la maison) alors tu vois !

J'ai vécu dans ce milieu ouvrier une vie vraiment heureuse et sans problème.

C"était l'après guerre, le baby boom

MP : Comment as tu attrapé le virus musical ?

CJ : J'ai commencé avec un de mes copains qui avait un groupe qui jouait du "shadows", j'allais les voir en répétition et ça commençait vraiment à m'intéresser.


Et un jour je suis parti en vacances avec des potes à Argeles-Gazost avec ma dauphine (pour l'anecdote qui est tombé en panne au milieu du chemin).

Et tous les soirs on allait voir un gars qui s'appelait "Paco" qui jouait de la guitare flamenco.

A partir de là on s'est dit la guitare c'est super chouette etc... donc on est parti en Espagne et chacun s'est ramené une petite guitare.

Du coup on a commencé à prendre des cours de guitare avec "Paco". C'était mes débuts avec la guitare. Ca m'a passionné mais je me suis dit le flamenco c'est vraiment très difficile. J'ai alors joué mes propres accords et c'est là que j'ai commencé à écrire des chansons.

J'ai commencé à écrire très jeune.


MP : Tu écrivais quoi au début des textes, des nouvelles ?

CJ : Non, non à 7 - 8 ans j'écrivais des premières poésies, même si j'étais zéro à l'école, j'étais passionné par l'écriture

MP : Donc ton premier instrument ce fut la guitare ?

CJ : Oui c'était le plus simple en réalité, comme beaucoup j'ai choisi la guitare car c'était l'instrument le plus simple à transporter, c'était pas le plus simple à jouer , ça fait mal aux doigts


MP : Tu as joué d'autres instruments ?

CJ : Avec les " Roadmen " j'ai joué du banjo c'était un peu pareil, beaucoup plus tard j'ai joué des claviers et j'ai pas mal composé avec les claviers.

MP : Pour en revenir aux années 60 c'était quoi tes chanteurs et tes groupes préférés ?

CJ : C'est très compliqué car il y en avait tellement, j'ai vécu l'époque ou tout est arrivé en réalité.

Les années 50 avec Chuck Berry , Elvis, Eddie Cochran, Bill Haley, Gene Vincent et dans un autre style Harry Belafonte

Ensuite il y a eu les Shadows, mais j'ai adoré Django Reinhardt, vraiment très intéressant. Et celui qui m'a marqué beaucoup à l'époque dans les années soixante c'était Arthur Smith avec " guitar boogie".


MP : Tu écoutais la radio à l'époque ?

CJ : Je n'avais que la radio et la chance que j'avais c'est que quand j'allais tous les ans en vacances pendant deux mois chez mes grands parents dans le jura, il y avait un parisien qui amenait plein de disques.

C'est aussi pour ça que ça m'a fait l'oreille, c'est pour ça que j'ai découvert plein de chanteurs, c'était grâce à lui

MP : En ce qui concerne les chanteurs français ?

CJ : Je ne les écoutais qu'à la radio, ma mère adorait Léo Ferré, donc j'ai pas mal écouté Léo Ferré, j'écoutais Bécaud, Aznavour, mais j'étais pas dingue des chansons françaises.

J"écoutais plutôt tout ce qui était rock, rockn'roll, plus tard tous les grands Beatles, Rolling Stones;

MP : Alors justement question ! Beatles ou Rolling Stones ?

CJ : Moi j'aime les deux !


MP : Ca c'est une réponse de Normand ! (rires)

CJ : C'est un normand jurassien bourguignon qui te répond, (rires) , moi les Beatles j'adore leurs mélodies, j'adore leur façon de chanter et les Stones leur dynamisme, leur puissance, pour moi les Stones c'est vital, c'est tripal. d'ailleurs je te donnerai une anecdote par rapport aux Rolling Stones que je te raconterai plus tard. (rires)


MP : un jour tu as acheté un tourne disques ?

CJ : Non Non Non moi je n'ai jamais eu de tourne disques au départ, je n'achetais pas de disques car c'étaient les potes qui avait tout.


MP Donc plus tard quel a été le premier vinyle que tu as acheté ?

CJ : Dans ma tête je pense que c'était le disque d'Arthur Smith " guitar boogie "et après les Shadows


MP : Tu as commencé à composer à quel âge ?

CJ : J'ai commencé à composer vraiment c'était avec les " Roadmen", ma première chanson c'était " la route solitaire ".

2._1968-Roadmen3

 

MP : De fil en aiguille, les Roadmen c'était ton premier groupe ?

CJ : Oui effectivement c'était mon tout premier groupe


MP : Une question un peu à part tu as fait ton service en Algérie, quels souvenirs gardes tu de cette période ?

CJ : Que des bons souvenirs, j'étais pas trop armée, mais à l'époque on n' avait pas le choix, j'étais fils d'ouvrier et je n'avais pas comme maintenant le recul avec les choses, d'ailleurs je vais te raconter une anecdote.

Je me suis retrouvé à Metz pour les classes, ils ont réuni tout le monde on était 500 dans une pièce, le capitaine dit alors " ceux qui veulent partir outre mer levez la main", moi je réfléchis 3 secondes, je lève la main, je me retourne on était sept sur 500 à avoir levé la main (rires) et là je me suis dit tu as fait une grosse connerie. (rires)

MP : il n'y avait pas beaucoup de volontaires (éclats de rires ) !

CJ  : Oui ,mais après je ne l'ai jamais regretté, je suis parti au sahara à colombechard, j'étais à l'hôpital militaire où j'avais plusieurs fonctions c'était vraiment bien, tu vois c'était le sahara après la guerre, puis je préférais ça que d'aller en Allemagne me retrouver dans un camp.

Et puis je n'avais jamais pris l'avion de ma vie, tu vois pour moi tout ça c'était de la découverte et c'était très riche, car je me suis retrouvé avec des médecins des infirmiers, ça m'a ouvert l'esprit.

Je n'avais jamais vraiment lu avant, je ne lisais que des Bob Morane ce qui me permettait de voyager.

MP : Tu reviens de l'armée en 1967 !


CJ : C'est ça et c'est là que je rentre dans les " Roadmen "


MP : Comment vous vous êtes rencontrés ?

CJ : Ils étaient déjà formés et je connaissais un des membres du groupe, et comme il savait que je commençais à écrire, il m'a dit oui ce serait peut être pas mal de t'avoir. On a essayé et ça a marché.

MP : Là vous participez à la finale de la chanson française vous arrivez deuxième avec ta toute première chanson " la route solitaire", quelles sensations avez vous eu ?


CJ : A l'époque on était tellement naïf, on avait peur de rien. On jouait déjà tous les samedis soirs dans une boite à Dijon, qui était une boîte de streap tease. tu vois le délire. (éclats de rires).

Le patron était super sympa, le " scotch club" à dijon c'était hyper connu. Mais on s'est éclaté, nos premières armes on les as faites sur la scène du " scotch club ".

MP : Vous aviez la vue sur le streap tease également, ce qui joignait je pense l'utile à l'agréable (rires) !

CJ : Oui on était ensemble sur scène ce qui était loin d'être désagréable, on a vraiment pris du plaisir ! (rires)


Pour le concours quand on est rentré sur la scène, c'était un chapiteau, il y avait 5000 ou 6000 personnes, quand on est rentré on s'est rendu compte de rien. On a balancé notre musique, on a pas stressé du tout.

 

3.1968-roadmen_sur_scene1er_groupe_Dijon

MP : C'était johnny hallyday la guest star, est ce qu'il vous a parlé ?


CJ : Non non ça se passait pas comme ça, car toi quand tu avais fini ton truc tu descendais dans la salle, tu te démerdais pour trouver une petite place et pour le spectacle johnny est arrivé au dernier moment et quand il a fini, il est reparti aussi sec.


MP : C'est un peu dommage

CJ : C'était l'époque de sa tournée chapiteau et il mettait tout en place donc il y avait une énorme pression


MP : Et son set , il était bon ?


CJ : Oui bien, je n'étais pas un fan absolu mais sur scène il dégageait une énergie incroyable, donc ça te met une bonne petite claque surtout quand tu débutes.


MP : Pourquoi les " Roadmen " se sont séparés ?

CJ : tout le monde s'est éparpillé, ils avaient leurs études sauf moi parce que je travaillais déjà.

Après j'ai eu envie de chanter seul mes propres compositions, j'ai joué dans les " MJC " et c'est la que j'ai fait beaucoup de premières parties de gens connus (Jean Vasca, Félix Leclerc etc...)


MP : Vous n'avez pas enregistré de disque ?

CJ : Non j'ai juste l'enregistrement de " la route solitaire ", mais le son est vraiment trop pourri,

MP : Dommage j'aurai bien voulu avoir une idée de la musique du groupe ?

CJ : Ben tu sais on jouait du folk, du Bob Dylan, du Hugues Aufray , les reprises de Graeme Allwright, tous ces chanteurs de l'époque.

MP : Oui c'est vrai, c'était ça que l'on écoutait en boucle à la " MJC " de mon village les jeudis après midi. Comme on glandait on avait pas grand chose à faire, donc on écoutait les disques.

En 69 tu as fait les premières parties de Jean Vasca, Félix Leclerc, Marc Ogeret, Henri Des etc...

5_CJACQUIN_Ogeret_Dijon

 

C'est lequel qui t'a le plus marqué ?

CJ : Jean Vasca c'était très original, je trouvais ça très innovant, bien entendu celui qui avait le plus de charisme c'était Félix Leclerc

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MP : C'était le plus connu !

CJ : Oui c'était celui qui avait le plus de carrière. il avait un " background énorme", ce que je me souviens c'est que ces artistes étaient vraiment gentils.

4.CJ_4Avec_Felix_Leclmerc


ils étaient près de moi, me disant vas y tranquille, te prends pas la tête, je chantais 4 - 5 chansons ça s'est toujours bien passé.

MP : Tu ne t'es jamais fait siffler ? (rires)


CJ : Non jamais pas de tomates non plus (rires) tu sais c'était toujours dans le même esprit, l'univers des " MJC ", donc le public était très sympa, toujours !

MP : Tu enregistres un premier 45 tours ( 4 titres) en auto production et pourtant je suis vraiment étonné par la qualité du son !

CJ : Oui ce qui est vraiment étonnant c'est que le disque a été enregistré dans une église et que c'était un curé ( l'abbé garnier) qui a fait la prise de son.

On avait un super son une " réverb " un peu naturelle. il enregistrait en stéréo sur " nagra" c'était même pas un revox. il enregistrait à l'ancienne. il faut dire aussi que l'on enregistrait dans le noir. Les quatre titres ont été enregistrés en une journée.

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MP : Ca c'est vraiment pas commun !

CJ : Oui , c'est vraiment incroyable, je cherchais quelqu'un, un studio, mais c'est un ami qui m'a fait connaître ce curé.

Il m'a dit " y a un mec très connu dans le milieu de l'enregistrement " il avait d'ailleurs eu le grand prix de l'académie Charles Cros.

le résultat est là Le son est super bon et c'est vraiment professionnel. c'est très bien enregistré.

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MP : Une question tes musiciens d'où venaient-ils ?

CJ : c'était des gars du coin, il y avait le guitariste qui était un musicien de bals, un copain des " Roadmen " jouait de l'auto harpe et le bassiste avec qui j'ai tourné également plus tard, par contre le batteur j'ai peu de souvenirs.

MP : pour ce premier disque on sent une nette influence des chanteurs à texte de l'époque.


CJ : Oui mais pour moi ce n'est pas une influence, ça vient naturellement. A force d'écouter un peu tout le monde, tu n' y penses même pas, tu te dis pas tiens je vais faire une chanson à la Leclerc ou à la Ferré, tu ne penses pas à tout ça, tu vas avec ton vécu et avec tes sentiments.

Mais forcément ça ressemble à des gens qui chantaient à l'époque.

MP : En fin de compte dans les années 60 il y avait deux tendances, la chanson française plutôt à texte,,, et une chanson plus rock qui faisait des reprises des artistes anglais et américains.

CJ : Oui c'est exactement ça avec les débuts de Johnny, Eddy Mitchell, Dick Rivers.

Dick Rivers un mec que j'ai connu aussi qui était vraiment un mec super,
c'est eux qui ont fait le rockn'roll en France.

MP : Toi tu as débuté par la chanson à texte !

CJ : Oui je suis tombé dedans tout petit et après j'y suis resté

MP : Quel est le chanteur dont tu te sentais le plus proche à tes débuts.


CJ : Difficile à dire, je pense à Charlebois au tout début qui commençait à être connu, mais en France je ne connaissais personne, j'ai souvent découvert les artistes en faisant leur première partie entre autre Jean Vasca qui m'avait vraiment impressionné, j'avais trouvé que ce qu'il faisait était vraiment original. Il y avait aussi Béranger que j'aimais beaucoup.

Tous ces chanteurs ont comme moi commencé par la chanson à texte et après ont évolué comme moi vers un style beaucoup plus rock, il y eu l'apport de musiciens et la musique s'est électrifiée.

MP : Pour ton premier disque les textes sont déjà engagés , c'est une constante que tu as gardé tout au long de ta carrière ! pour toi les mots sont importants !

CJ : Ah oui très importants, pour moi les textes ont autant d'importance que la musique, c'est 50 / 50.

Après il faut voir comment la musique peut véhiculer ces mots là, c'est là que cela devient compliqué. Moi j'avais des textes, c'était très large, très étoffé.

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MP : Tu parles souvent des travers de la société, personnellement je trouve tes textes très intéressants.

CJ : Oui j'ai toujours été engagé, j'ai fait entre autre des soirées pour la forêt amazonienne car l'écologie a toujours été pour moi un sujet de préoccupation. Mais j'ai aussi beaucoup parlé d'amour dans mes chansons.

MP : Claude on en arrive à ma toute dernière question,concernant cette période il y a un titre de ton disque qui parle d'un certain " César ", j'aimerai savoir qui était " César "?

CJ : C'était un personnage totalement imaginaire mais qui est inspiré de ce que je vivais à la campagne, j'ai écrit un premier roman qui était " les caramels à 1 franc " c'était la partie ville, mais j'ai écrit un second livre " les grattes culs " que je n'ai pas encore publié qui est sur mon ordi et c'est la partie campagne.

MP : j'ai lu le livre " les caramels à 1 franc " que tu m'as gentiment envoyé et je t'en remercie.

En ce qui me concerne je trouve que c'est un très bel ouvrage, mais je reviendrai avec toi sur ce livre car nous allons suivre l'ordre chronologique.

Je te l'avoue J'ai vraiment envie de lire la suite ! Pour le moment si tu le veux bien nous allons arrêter ce premier entretien.

Mais ne t'inquiète pas nous allons continuer nos " bavardages" car il me reste énormément de questions à te poser.

CJ : Merci Pat pour cette première interview très sympa, je suis à ta disposition pour la suite sans aucun problème, j'ai encore pas mal d'anecdotes à te raconter et aussi pas mal de titres et disques inédits à te faire découvrir..

MP : Cool ! voici une collaboration qui s'annonce très longue car au vu de ta bio on en a pour des mois, voir des années (Rires)


fin de la première partie

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Chronique du disque :

Voici le 1er 45 tours de Claude Jacquin et pour tout vous dire on est très loin de l'univers du rock.

C'est un très bon " EP" de chansons françaises à texte.

C'était dans l'air du temps à l'époque. (voir l'interview), mais Claude a ensuite fait évoluer son style tout au long de sa carrière, le rock viendra en temps voulu.


Alors décortiquons ensemble ce disque collector.


Commençons par la musique Claude m'a confié qu'il aimait beaucoup à ses débuts Arthur Smith et Django Reinhardt.

Cela se ressent bien évidemment à l'écoute du disque.


Quatre excellentes chansons qui " swinguent " quand le rythme s'emballe.

C'est le cas bien sûr avec le vieux danseur un tempo rapide et efficace qui se finit en sifflotant.

J'aime beaucoup aussi " nos vingt ans" et les guitares style jazz manouche qui font mouche.


La voix de Claude très claire et assurée remplit parfaitement son office (il m'a avoué hors interview qu'il avait pris quelques cours de chant).

En parlant d'office ça tombe bien, le son est superbe presque mystique. Rien d'étonnant puisque comme il me l'a confié dans l'interview le disque a été enregistré religieusement dans une église par l'abbé garnier grand magicien du son devant l'éternel.

Avec Claude Jacquin tout est étonnant et vous n'êtes pas au bout de vos surprises.

Les musicos sont à la hauteur sans doute fascinés par l'atmosphère du lieu, ils donnent le meilleur d'eux mêmes. Pourtant se sont des locaux; des musiciens du coin.

Il y a François Baudry à l'auto-harpe, Michel Leclerc à la basse, Bernard Mollet à la batterie et Hervé Troude à la guitare.

Bravo messieurs beau travail !

Coté textes, il assure sacrément le lascar !


" Le revers de la médaille " nous apprend que la vie n'est jamais un long fleuve tranquille, avec des paroles subtiles et pleines d'émotions.

Il nous surprend avec " le vieux danseur " et son rythme rapide. les mots défilent comme une supplique sans réponse. Claude nous rappelle que le temps passe trop vite.

"César" c'est le genre de gars que l'on a tous un jour rencontré au bistrot dans un bourg de campagne. Un personnage imaginaire mais qui nous paraît si réel.

Dernier titre" nos 20 ans ", les amours enthousiastes juvéniles, un texte aux effluves sensuelles qui raconte l'amour que l'on dévore tout simplement à 20 ans.

Il a ensuite abordé bien d'autres sujets pendant sa carrière, mais a seulement 23 ans en 1969 il fait preuve malgré sa jeunesse d'une grande maturité.


Finalement ce premier disque annonce déjà la couleur, de la poésie et du rythme. Comme il me l'a confié dans l'interview 50 % la musique, 50 % les textes.


Un bel équilibre, un bon 45 tours.


Certains trouveront sans doute la galette, dépassée voire surannée mais écoutez la plusieurs fois au calme, elle vous enchantera.

Rendez vous avec Claude le mois prochain pour la seconde partie des "bavardages" avec un disque totalement inédit, mais je ne vous en dis pas plus !


Titre en écoute " nos 20 ans "


Biographie, photos, articles de presse, disque : Claude Jacquin

Art, interview, chronique : Mister PAT

Francerock70
Septembre 2022

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