Retour avec Chris Beya pour la deuxième partie de son interview.
Si vous suivez Chris, je peux vous dire qu'il va être impossible de passer à côté de Chris Beya dans les mois qui viennent.
Chris, toujours débordant d'énergie créative, multiplie les projets.
Il enregistre actuellement un nouvel album Chris Beya Atoll, intitulé "Tyrants" (sujet d'actualité), dans la même veine que "I hear the earth", les deux tiers étant déjà réalisés.
Il a en projet un concert avec l'Orchestre symphonique de Lorraine avec des musiciens invités.
Des concerts avec Chris Beya Atoll et aussi des concerts exceptionnels d'Atoll avec la présence d'André Balzer.
Un album instrumental Chris Beya autour de la guitare devrait également voir le jour .
Il vient de sortir l'album Pat Stotz & Chris Beya "It's time". Le disque est en vente chez Musea, c'est ICI.
Vous pouvez l'écouter également sur les plateformes de streaming.
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L'Interview Partie 2 :
Mister Pat : Chris C'est le moment de passer maintenant à des questions plus personnelles. En premier lieu, quel style de musique écoutais-tu dans ta chambre quand tu étais ado ? Tu écoutais la radio ?
Chris Beya : J'écoutais beaucoup de rock anglais pour l'énergie qui s'en dégageait, de la musique classique pour sa richesse harmonique, du jazz aussi avec des musiciens exceptionnels.
MP : Le premier disque que tu as acheté, c'était quoi ? Ne te défausse pas, donne-nous la vraie réponse ! (même si c'est vraiment honteux)
CB : Il faut vraiment que je cherche car (avec mon frère Roland) on nous amenait beaucoup de disques à la maison et il y avait beaucoup de nazeries à l'époque (1966) mais il y avait surtout ce 33 de BB King qu'on passait et repassait sur un tourne-disque laborieux. Et là, ce gars nous a vraiment donné l'envie de faire sonner et parler nos guitares.
Bon, plus tard (beaucoup), j'ai quand même acheté un disque de Jean-Luc Ponty (Enigmatique océan avec Alan Holdsworth et Daryl Stuermer).
MP : Tu t'isoles sur une ile déserte, grâce aux panneaux solaires, il y a de l'électricité. Quels sont les trois albums que tu emmènerais avec toi obligatoirement ?
CB : Choix difficile :
1 Jimi Hendrix Electric Ladyland 1968 c'est un ovni musical qui a déclenché tellement de choses.
2 John Dowland Complete Lute Works, vol. 5, pour moi magique et intemporel.
3 Deep Purple : Live in Japan 1972, toute l'énergie du rock est là.
MP : A contrario, quels sont les disques que tu détestes le plus ?
CB : Là il y en a un max, et des fois j'ai rencontré des gars vraiment sympas mais qui faisaient des trucs horribles et que je déteste, alors je préfère ne rien dire.
MP : Tu es plutôt Yes ou King Crimson ?
CB : C'est deux groupes anglais que j'apprécie particulièrement, l'un pour la forme, l'autre pour le fond.
Yes, riche en dentelle musicale avec un rock anglais précis et magnifiquement ciselé (influence classique, baroque).
King Crimson, avec des ambiances toutes en tensions subtiles ou brutales aux formes plus contemporaines (jazz, rock, influence Béla Bartók).
J'ai eu l'occasion de rencontrer Steve Howe (très cool) au studio Marcadet en 1980 à Paris et Robert Fripp après un concert de Discipline. Ils sont vraiment à l'image de leurs propres musiques.
MP : J'ai beaucoup aimé les premiers disques de Tai Phong, le groupe de J.J. Goldman. Qu'est-ce que tu en penses ?
CB : Tai Phong était un groupe intéressant où il y avait de très belles parties mélodiques avec notamment Jean-Jacques Goldman remarquable au chant.
On s'était rencontrés au studio Gang où nous enregistrions nos albums réciproques. C'était une personne d'un abord facile mais déterminée en production avec toujours la bonne analyse artistique.
MP : Qu'est-ce que tu écoutes actuellement ?
CB : Je suis toujours aussi curieux et j'aime bien suivre des guitaristes comme Guthrie Govan, Steve Vai, Greg Howe, Jo Satriani…
MP : Pour la guitare, ton instrument de prédilection, tu préfères utiliser quelle marque ?
CB : Alors là c'est compliqué, j'utilise aussi bien diverses Fender Stratocaster toutes customisées que des guitares Gibson Les Paul Custom ou 335 dot et Ibanez 540S. Mais il y a surtout ma Charvel en koa massif qui me suit depuis les années 1990 avec les micros Seymour Duncan SH6 manche et bridge, un vibrato Floyd Rose original. Elle a été bonifiée par un vernis maison dont la recette reste un secret.
En acoustique : une guitare Godin Multiac cordes nylon, une guitare Taylor 814 et une guitare classique Estève GR9.
Pour les amplis, des Mesa Boogie : Mark 5, Dual Rectifier, Triaxis… avec divers pédaliers.
MP : En ce qui concerne la cuisine, quel est ton plat préféré, tu aimes la cuisine japonaise ? (rires)
CB : J'aime bien notre bonne cuisine française et même les bonnes choucroutes (Alsacien d'origine). Pour la cuisine japonaise, il n'y a pas de sushis… avec des fois des surprises culinaires déroutantes comme à Sapporo en 1989 avec les fameuses galettes à la morue séchée. Gilles le batteur de l'époque s'en souvient encore (rires).
MP : Quelle est ta boisson favorite ?
CB : L'eau bien sûr, ou bien un bon vin de Bordeaux (grand cru) mais sans exagérer.
MP : Maintenant parlons cinéma, tu aimes quel genre de films, quels sont les films que tu pourrais regarder en boucle ?
CB : J'apprécie les films d'aventures avec du dépaysement ou d'époque comme Danse avec les loups, Le dernier des Mohicans, Braveheart, Kingdom of Heaven et les films de fiction genre The Thing, Prédator…
MP : Question littérature, tu es plutôt BD ou livre de poche, qu'est-ce que tu lis ?
CB : J'ai lu récemment un magnifique roman, Âmes brisées d'Akira Mizubayashi, l'histoire d'un violon qui reprend vie.
J'ai lu d'abord beaucoup les auteurs classiques, Victor Hugo, Honoré de Balzac, André Malraux, Jean-Paul Sartre, Franz Kafka, Fiodor Dostoïevski puis des auteurs comme Stephen King ou Isaac Asimov.
Justement, j'avais appris de lors d'une visite au studio chez moi de Steve Forward, ingénieur du son (Paul McCartney, Prince…), qui avait bien connu Jimi Hendrix en Angleterre, que le guitariste lisait aussi beaucoup Isaac Asimov.
MP : En dehors de la musique, quels sont tes hobbies, tes activités préférées ?
CB : Eh bien je lis toujours autant, je fais du sport assez régulièrement et je fais de temps en temps de la lutherie en modifiant des guitares et, modestement, de la restauration de violons pour leur donner une seconde vie.
MP : Tu t'intéresses à l'actualité, qu'est-ce que tu penses du monde actuel ? L'avenir te fait peur ?
CB : Je suis de près l'actualité et j'observe avec effroi que l'homme sur l'échiquier de la planète se comporte souvent comme un prédateur sans éthique avide de pouvoir. Je constate que dans les années 70 on était beaucoup moins individualiste et plus idéaliste, un peu naïf sans doute, peut-être, dommage ?
MP : Si tu avais le pouvoir de tout recommencer, tu ferais la même chose ?
CB : Exactement la même chose car c'était trop bien.
MP : Une question un peu saugrenue mais il m'arrive d'y penser en ce qui me concerne. Quel morceau de musique aimerais-tu que l'on diffuse le jour de ton enterrement ? (rires)
CB : The Mirror of Your Eyes, part. 2 (c'est un morceau dédié à une personne en filigrane) dans l'album I Hear the Earth.
MP : Quelle est la question que tu aurais aimé que je te pose et que j'ai complètement zappée ?
CB : Quelle année le Bordeau grand cru ? (rires)
MP : Enfin, ma toute dernière question : que penses-tu de l'emploi de l'intelligence artificielle dans la musique ? Je te pose cette question parce que c'est un sujet sensible actuellement.
CB : Je suis partagé sur le sujet. Je pense que ça peut être une aide pour les musiciens quand l'IA est utilisée dans certains contextes. Mais il ne faut pas en abuser. Il ne faut pas que l'IA se substitue aux musiciens car cela serait la mort de la créativité et de l'art.
MP : Merci Chris pour avoir partagé ces précieux instants avec moi. C'était un vrai plaisir.
CB : Au fil des questions et du temps, pour moi aussi, merci. Pat
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Terminons cet article avec l'album Chris Beya - volume 2.
Cette fois-ci, Chris nous propose une compile de titres inédits composée en majorité de reprises.
Il est toujours délicat de s’attaquer à des monuments comme Purple Haze ou The Wind Cries Mary de Jimi Hendrix, ou encore à l’intemporel Still Got the Blues de Gary Moore. Mais Chris ne se contente pas de reprendre ces classiques : il les réinterprète avec respect et personnalité.
La guitare garde cette intensité brûlante propre aux originaux, tout en y insufflant une sensibilité personnelle. On retrouve dans ses phrasés la virtuosité technique, mais également une élégance qui fait la différence.
La compile prend une dimension supplémentaire grâce aux deux instrumentaux inédits (Pyramide et Box) qui s’inscrivent dans une veine rock progressif assumée.
Au final, cette seconde compile est une belle déclaration d’amour au rock, à la guitare et à la liberté musicale. Une œuvre qui séduira autant les amateurs de grands standards que les curieux en quête de nouvelles explorations sonores.
Chris vous propose cette vidéo d' Atoll de 2018 avec André Balzer au chant.
En écoute : Pyramide
Un très grand merci à Chris Beya pour les MP3, les photos et tout le reste.
Article et art : Mister Pat







