Même s'il est né à Neuilly-sur-Seine (en juillet 1948), Philippe Laboudigue a passé son enfance dans les Landes (Mont-de-Marsan).
Dès son adolescence, deux passions ont rythmé sa vie : la guitare et le Moyen Âge. C'est ainsi qu'il devint troubadour dans une troupe d'animation médiévale. Il en tira son surnom de Castel.
Plus tard, il forma un duo avec un ancien chanteur du groupe Arthemis, lequel duo prit le nom de CASTELHEMIS.
Même lorsque le duo ne se résuma plus qu'à une seule personne, Philippe Laboudigue conserva le nom de scène de Castelhemis.
De 1974 à 1977, il conduisit une carrière plutôt régionale sur la côte atlantique et en Bretagne en écumant les MJC et centres culturels, et fut néanmoins présent à la journée nationale d'action HELP au square Montsouris à Paris (initiative de sensibilisation et de mobilisation contre la drogue et pour la prévention de la toxicomanie). Le mouvement HELP (Halte à l'entrée de la drogue dans la libre pensée) visait à alerter le public, en particulier les jeunes, sur les dangers liés à l'usage de stupéfiants.
Il sortit son premier album solo en 1978, qui rencontra le succès grâce au titre "Tchik y Tchik".
S'ensuivirent de nombreux concerts en province, un passage à l'Olympia.
En 1979 sortit son deuxième album. On le vit au Printemps de Bourges, dans plusieurs festivals. À cette époque, il faisait plus de 50 concerts par an.
Ses tournées rencontrent le succès. On dit de lui qu'il est "un chanteur actuel qui chante son époque, donc la nôtre". Ses goûts musicaux allaient de Bob Dylan à James Taylor en passant par Léonard Cohen et Neil Young, mais aussi du folklore français et de la musique sud-américaine. Côté chanson française, qu'il écoutait peu, il se sentait des affinités avec Lavilliers et Béranger.
En 1983, il dut subir une opération à cœur ouvert à la suite d'un très grave infarctus. Il fut musicalement à l'arrêt cette année-là, mais dès 1984, il sortit son nouvel album intitulé Coucou. Malgré le peu d'intérêt des médias, le succès populaire fut de nouveau au rendez-vous.
Article paru lors de la sortie de l’album Coucou dans la revue Rock and Folk – N° 212 – Octobre 1984
" Coucou… … me revoilà, serait-on tenté d’ajouter à propos de Castelhemis. Nous avions déjà eu l’occasion d’évoquer ce chanteur d’origine landaise à propos de son précédent disque (« N’importe quelle sorte d’amour » RCA – PL 37.707). Notre plaisir eût été parfait s’il n’y avait eu à l’époque une très grave inquiétude à propos de sa santé. Au moment où, sans aucune promotion tapageuse, ses concerts (notamment en Bretagne où il jouit d’une véritable côte d’amour) connaissaient un succès croissant, « Castel » dut subir une opération à cœur ouvert et l'on craignit sérieusement pour ses jours. Après un arrêt complet de plusieurs mois, courageusement, il a enfin pu reprendre les tournées (quoique désormais astreint à un rythme plus mesuré) et enregistrer un nouvel album de ses chansons. Passionné, entre autres, de musique brésilienne et de blues, Castel n’en est pas moins un chanteur « bien de chez nous ». La voix est claire, parfois haut perchée, l’écriture simple et efficace, les arrangements (Jean Louis Bucchi) fins et sensibles. Si le style rappelle à l’occasion tel modèle connu (ex : « La Guerre des regards » pourrait être un clin d’œil – inconscient ? – à Yves Simon), pour l’essentiel nous sommes en présence d’un vrai baladin de notre époque, à la personnalité forte et à l’abattage impressionnant. « J’te veux » et « Les Neutrons » balancent bien et s’installent dans la tête – cette dernière chanson étant en outre bien envoyée, politiquement parlant, avec son refrain bien angoissant: « Et on est là assis, sur des bombes à neutrons, pendant qu’y en a qui rient, et d’autres qui tournent en rond. » (Castelhemis est, de longue date, un pacifiste convaincu et avait déjà abordé le sujet dans certaines de ses premières chansons.) Tout cela fait un album sympathique et attachant, bien dans son époque, et qui pourtant sait éviter les clichés du son « mode »: miracle, on entend les paroles ! Et elles sont intéressantes ! (Coucou – Argile/RCA PL 70.409)".
En 1988, il enregistra ce qui fut son dernier album, gagné par une certaine lassitude et un décalage de plus en plus grand avec une société qu'il ne reconnaissait et ne comprenait plus trop. Il fit de surcroît un nouveau malaise cardiaque sur scène et décida d'arrêter définitivement la chanson, se sentant "trop vieux".
Il se reconvertit dans différents domaines tels que la restauration, la maison d'édition, l'immobilier…
Il décéda le 8 avril 2013 à 64 ans des suites d'un AVC.
Morceau en écoute : Les neutrons
par Philou





