Avant de monter leur groupe, les mecs d'Axton Pryte avaient tout bien préparé aux petits oignons : moule-burnes en peau de bébé skaï, tee-shirts déchirés sur poitrails glabres, choucroutes à la Dolly Parton, mitaines de caillera, moues mi-rebelles mi-blasées… un vrai look de glamouze comme on n'en fait plus depuis l'enterrement de Ziggy ! Ils avaient aussi chiadé leur logo, façon Iron Maiden. Et puis la pochette du disque avait de quoi foutre les miquettes à toutes les nanas du pays bigouden.
Super job, les gars ! Côté compositions, rien à redire non plus : du bon gros heavy rock des années 80, simple, efficace, avec des passages épiques bien calibrés et des lignes techniques parfaitement contrôlées. On sent des musiciens rigoureux, qui maîtrisent leurs instruments avec aisance et sans complexes. Méga big up, les 'tits gars !
— C'est donc le 20 sur 20 ?
Gast, non, mon cochon ! Car il y a un détail qui nuit à ce bel assemblage : c'est le chant. Si le braillard dispose d'un organe puissant et clair, qu'il maîtrise aussi bien les montées dans les aigus que les passages plus agressifs, il n'en est pas de même avec la langue de Jonny Wilkinson. C'est évident qu'il a choisi anglais deuxième langue à partir de la 4ème. Sans doute que si la voix avait été mixée un peu en retrait, cette anomalie aurait été moins flagrante.
Mais on va pas chipoter pour si peu ! Si tu aimes le bon gros metal des années 80, ce vinyle 5 titres sorti en 1986 est pour toi. Il est l'unique œuvre officielle d'une bande de jeunes Quimpérois : Claude Ziegler à la guitare, Ian Proërer à la batterie, Ludovic Klein à la basse et Éric Annothe au micro. Le label grec No Remorse Records a eu la bonne idée d'en sortir une version CD en 2016, enrichie de six titres bonus.
Chouchen pour tout le monde et kouign-amann pour les autres...
Titre en écoute : inquisition
KEITH MICHARDS





